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La courbe du chômage s'est inversée dans la Tarentaise

REPLAY / ÉDITO - François Lenglet a déniché l'une des six régions de France où l'emploi est reparti à la hausse.

François Lenglet
François Lenglet
Crédit : Damien Rigondeaud
La courbe du chômage s'est inversée dans la Tarentaise
04:05
François Lenglet & Loïc Farge

La vallée de la Tarentaise va de Bourg-Saint-Maurice à Moutiers, en Savoie. Elle fait partie des six régions où la courbe du chômage s'est inversée depuis trois ans. C'est même celle où la baisse a été la plus forte (-36% pour le chômage). L'or blanc (le tourisme de la montagne) joue bien sûr un rôle clé dans l'activité économique de la vallée. Voilà quinze jours déjà que les remonte-pentes et les télécabines ronronnent ici. La haute saison débute à la fin de la semaine, avec les Parisiens qui arriveront à Méribel ou Val-Thorens à partir du 20 février. Déjà les pentes sont dévalées par d'innombrables taches de couleur, les skieurs lancés à pleine vitesse. Les loueurs de ski sont pris d'assaut, les restaurants sont pleins. Le soir, il y a une puissante odeur de raclette dans les rues. Il faut évidemment des saisonniers pour faire tourner la station. Cela crée des emplois.

C'est très bien pour la saison touristique. Mais le reste du temps ? La Tarentaise a inventé un modèle social original, et elle l'a étendu récemment à plusieurs milliers de personnes. L'hiver, les saisonniers sont dans les stations ; et l'été, ils travaillent dans les usines de la vallée. Deux métiers, deux contrats, deux employeurs différents dans l'année. Christophe, qui est responsable de la télécabine de mi-altitude à la station des Menuires, travaille l'été chez un fabricant de remontées mécaniques, où il effectue la fabrication des appareils et leur maintenance, parfois sur des sites à l'étranger. Voilà trente ans qu'il se partage entre ses deux vies. Idem avec Marcel, qui était mon moniteur de ski. À 54 ans, il a lui aussi deux métiers : il enseigne la glisse l'hiver ; il est salarié du bâtiment l'été, toujours dans la même entreprise.

Une pluri-activité appréciée des salariés

Cela signifie que la production des entreprises doit s'adapter aussi à ce rythme. Elles concentrent leur activité l'été, justement lorsqu'on peut faire la maintenance des équipements de montagne puisqu'ils sont moins utilisés. La Comag par exemple, qui emploie Christophe, n'a que 28 salariés l'hiver (les permanents) et 120 l'été, lorsque tous les conducteurs de télésièges, pisteurs, secouristes et moniteurs sont redescendus de la montagne pour mettre les mains dans le cambouis. Ces salariés sont embauchés en contrat à durée indéterminée à terme imprécis (une sorte de CDD renouvelable) ou de CDI intermittent (chez leurs deux employeurs).

Les salariés ne souffrent pas de la précarité, au contraire. Au point que ceux qui se sont vus proposer un emploi unique, à temps plein, l'ont refusé. Ils préfèrent la pluri-activité. "C'est plus varié", disent-ils. Sans compter que bon nombre de ces salariés sont originaires de Savoie, qu'ils aiment la montagne, et qu'ils ont pu rester au pays grâce à cette organisation.

Côté entreprise, la flexibilité est précieuse
. Elle permet à ces PME, comme la Comag, de ne pas avoir de coûts fixes trop importants. Mêmes les banques ont fait des efforts. Comme elles connaissent les pratiques dans la vallée, elles accordent des crédits à ces salariés, alors qu'ailleurs en France, pas question de consentir un prêt sans que le demandeur ait prononcé les trois lettres magiques : CDI.

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