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Des tomates (illustration)
Crédit : Paul Teysen/Unsplash
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Les fortes chaleurs ont laissé des traces très concrètes sur les étals du marché Ordener, dans le 18e arrondissement de Paris. Le prix des tomates a nettement augmenté. Certaines variétés ont même vu leur tarif plus que doubler, conséquence directe d’une production fragilisée par l'épisode de canicule qui a touché toute la France fin juin.
Pour les clients, la hausse se voit immédiatement au moment de payer. Marie, 64 ans, raconte avoir acheté seulement trois tomates. "Le kilo était 6,40. Pour moi qui suis à la retraite, c'est un peu cher", explique-t-elle. Sur ce marché parisien, la tomate cœur de bœuf atteint en effet 6,40 euros le kilo, soit deux fois plus que d’habitude.
Cette augmentation des prix est une conséquence des pertes subies pendant la dernière vague de chaleur. Benoît, maraîcher depuis plus de vingt ans, explique : "Oui, ils ont cramé. C'est sous serre, donc tout ce qui était en dessous de la serre, c'était 60 degrés. C'est parti à la poubelle. Les 20% en plus, ça a augmenté un petit peu."
Cette inflation modifie déjà les habitudes d’achat. Fabrice, un autre client du marché, suit les tarifs de près, d’une semaine à l’autre. "C'est énorme." Habitué à consommer beaucoup de tomates, il dit constater les hausses répétées : "je vois quand même les prix des tomates monter, monter. Et je préfère parfois aller ailleurs."
Mais les effets de la canicule ne s’arrêtent pas aux tomates déjà récoltées. Le prochain risque concerne la production du mois d’août. En France, la grande majorité des tomates pousse sous serre, à l’abri. Dans cet environnement fermé, la pollinisation repose en grande partie sur des bourdons relâchés dans les cultures.
Or, pendant l’épisode de chaleur de la semaine dernière, ces insectes ont eux aussi été affectés. Fatigués par les températures extrêmes, ils n’ont pas butiné normalement. Dans le même temps, les fleurs ont souffert de la chaleur, avec une quantité de pollen diminuée. Les producteurs redoutent donc qu’une part importante des fleurs n’ait pas été fécondée.
Le calendrier de production rend cette inquiétude très concrète. Il faut environ 60 jours entre le passage du bourdon et l’obtention d’une tomate. Autrement dit, les conséquences de cette mauvaise pollinisation pourraient se voir lors de la deuxième quinzaine d’août, avec moins de fruits disponibles. Il est encore trop tôt pour mesurer précisément l’ampleur des pertes, mais une chose se dessine déjà : si la récolte est touchée, les prix des tomates pourraient encore grimper cet été.
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