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Chute du prix du baril : les rois du pétrole réduisent leurs investissements

REPLAY / ÉDITO - La baisse du prix du baril a contraint les groupes pétroliers à réduire leurs dépenses. BP, Shell, Total... ils sont nombreux à avoir fait machine arrière.

François Lenglet
François Lenglet
Crédit : Damien Rigondeaud
Chute du prix du baril : les rois du pétrole réduisent leurs investissements
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François Lenglet

La chute des prix du baril de pétrole commence à avoir des conséquences sur les compagnies pétrolières, qui sabrent dans leurs coûts. Toutes les compagnies du monde ont déclenché en rafale de violents programmes d'économies. BP vient, par exemple, d'annoncer un gel mondial des salaires, des suppressions de milliers d'emplois et une réduction de 20% de ses investissements dans l'exploration.

Shell annule quarante projets dans le monde, ce qui représente des économies de 15 milliards de dollars sur trois ans. L'Américain Conoco sabre de 35% dans ses dépenses d'exploration, tout comme le chinois CNOOC.
C'est pareil dans l'ingénierie pétrolière. Baker Hughes va supprimer 7000 emplois ; Schlumberger, 9000. Il y a encore des diminutions de salaires sur les plate-formes pétrolières de la Mer du Nord par exemple, où certains opérateurs ont réduit les rémunérations de 15%. Un technicien sur ces plate-formes gagnait jusqu'ici 75.000 euros par ans en moyenne.
Total projette aussi de réduire ses coûts. L'entreprise française a annoncé une chute de 10% de ses dépenses d'exploration, en Afrique et au Canada notamment. Elle va diminuer sensiblement ses capacités de raffinage en Europe, et notamment en France. Des capacités excédentaires qui, selon l'entreprise, perdraient 100 millions par an. Un plan de restructuration sera présenté au printemps.

Course à l'échalote

C'est vrai au moins autant pour les pétroles et les gaz de schiste. Bon nombre de sites d'exploration qui étaient rentables à 70 ou 80 dollars le baril ne le sont plus du tout à 45 ou 50 dollars, comme aujourd'hui. Il y a donc des coupes massives.

Les producteurs canadiens qui exploitent des sables bitumineux dans la province de l'Alberta, ont amputé leurs dépenses d'un tiers. C'est pareil aux États-Unis, où 15% des puits ont été fermés depuis octobre dernier. Cela va avoir des conséquences sur l'emploi. Le secteur pétrolier était le plus dynamique en la matière depuis cinq ans. Il a puissamment contribué à la reprise du marché du travail là-bas.

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Toutes ces entreprises avaient quand même une marge énorme en matière de profits. Mais c'est toujours la même histoire.

Ces gigantesques compagnies, très profitables et cotées sur les marchés financiers, veulent préserver la distribution de dividendes aux actionnaires comparables aux années précédentes, et surtout comparables à ce que font les autres du même secteur, pour ne pas être pénalisé en bourse. Du coup, c'est la course à l'échalote pour les plans d'économies.

Tout est dans l'alternance

Les capacités de production vont diminuer, ce qui va faire remonter les prix. Du coup, les champs pétrolifères abandonnés retrouveront leur rentabilité. On redémarrera l'exploration. Cela semble un peu stupide, mais toute l'histoire de l'industrie pétrolière est dans cette alternance.
Toutes ces nouvelles n'empêcheront pas que le consommateur, lui, va profiter d'un surcroît de pouvoir d'achat important grâce à la chute des prix de l'essence. Ça, c'est bon pour la croissance.
En fait, la baisse du prix du baril ne crée pas de richesses supplémentaires. C'est un transfert d'une main à une autre : de la main des producteurs - les pays producteurs et les entreprises du secteur pétrolier - dans la main du consommateur.

Les États-Unis sont à la fois producteurs et consommateurs : les deux effets vont donc s'équilibrer. Mais la France, elle, n'est que consommateur. Elle en tirera donc avantage.

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