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VIDÉOS - Tirs dans un Thalys : "On l'a tapé sur la tête jusqu'à ce qu'il s'écroule", explique l'un des militaires américians

Les deux jeunes Américains qui ont évité un carnage dans un train vendredi racontent comment ils ont neutralisé le suspect. Plusieurs passagers témoignent également.

La police dans la gare de Arras au lendemain des tirs dans le Thalys, le 22 août
La police dans la gare de Arras au lendemain des tirs dans le Thalys, le 22 août Crédit : PHILIPPE HUGUEN / AFP
Julie Coste
et AFP

En quelques heures, ils sont devenus des héros, dont les images tournent en boucle sur les chaînes françaises. Deux jeunes Américains et un touriste britannique ont réussi à désarmer un homme armé d'une kalachnikov, vendredi, dans un Thalys reliant Amsterdam à Paris

Alex Skarlatos, militaire de 22 ans, son ami Anthony Sadler, étudiant, et Chris Norman, un Anglais de 62 ans, voyageaient tous les trois dans le train, quand le suspect a fait irruption dans leur wagon. Ils ont raconté comment ils l'ont intercepté, vendredi soir, après avoir été décorés par la mairie d'Arras (Pas-de-Calais), où le Thalys a été arrêté après l'attaque. 

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Tirs dans le Thalys: "On ne lui a laissé aucune chance"

Un soldat américain blessé au cutter

"Tout est arrivé très vite", indique Anthony Sadler, qui voyageait avec ses deux amis militaires, Alex Skarlatos et Spencer Stone, qu'il avait rejoints pour des vacances en Europe. "On a entendu un coup de feu et du verre brisé," raconte Alex Skarlatos, membre de la garde nationale de l'État de l'Oregon, rentré il y a peu d'une mission en Afghanistan. "J'ai vu un homme entrer dans le wagon avec une kalachnikov." 

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Chris Norman, un consultant britannique qui voyageait dans le même wagon, indique qu'ils ont "vu un gars avec une AK47 (kalachnikov). Alex a dit à Spencer : 'Va le choper !'. Le gars a sorti un cutter et il a tailladé Spencer à l'arrière du cou, il lui a pratiquement coupé le pouce aussi, Spencer l'a tenu et on l'a finalement maîtrisé, il était inconscient, on a fini par l'attacher". "Spencer a bien couru 10 mètres jusqu'au type. On s'est mis à le taper à la tête jusqu'à ce qu'il s'écroule", précise Alex Skarlatos.

Des images impressionnantes

Sur des images filmées avec un téléphone portable, on peut voir le suspect, un jeune homme mince, portant un pantalon blanc et torse nu, plaqué au sol sur le ventre, les mains attachées dans le dos. Une kalachnikov est posée contre un siège et du sang est visible sur une vitre du wagon. Le suspect n'a rien dit et "avait l'air dans un état second", selon Anthony Sadler. 

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Vidéo amateur filmée dans le Thalys

Le jeune étudiant a pu parler au téléphone à Spencer Stone, qui a été hospitalisé, et "va bien". "Il n'arrive pas à croire que tout ça s'est passé", poursuit Anthony Sadler, qui se dit "très fier de (son) ami". "Je suis juste un étudiant, je suis venu voir mes amis pour mon premier voyage en Europe et on a arrêté un terroriste, c'est plutôt dingue"

Un passager raconte avoir cru à une dispute

Plusieurs passagers du Thalys témoignent aussi de leur effroi. "Quand il est arrivé, j'ai entendu clic-clic-clic et j'ai cru que c'était un jouet", raconte Damien, 35 ans. "J'étais en train de lire un magazine et lorsque j'ai entendu du bruit dans l'autre wagon, je me suis levé", explique cet homme originaire de Paris, dans un gymnase d'Arras où ont été accueillis les passagers du train. "Je me suis dit qu'il y avait une embrouille entre deux personnes. J'ai vu alors une personne avec un tee-shirt noir aller au fond de mon wagon (la voiture 13), comme s'il s'échappait", explique-t-il. 

Ça a fait 'clic-clic-clic', sans faire de coup de feu comme dans les films.

Damien, passager du Thalys
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Une autre personne, le malfaiteur présumé, qui était torse nu, "s'est arrêté entre les deux wagons, il a tiré, ça a fait 'clic-clic-clic', sans faire de coup de feu comme dans les films", précise Damien, qui n'a pas entendu le bruit des balles. "Le mec torse nu est ensuite retourné dans le wagon 12 et une personne avec un tee-shirt vert, rasé (le militaire américain, ndlr) l'a vu, s'est jeté sur lui et l'a plaqué au sol". S'ensuit alors "des chamaillements" avec le malfaiteur présumé plaqué au sol.

"Du sang partout"

Quand on lui demande à quoi ressemble le malfaiteur, Damien répond : "J'ai vu qu'il était torse nu, assez fin et sec, mais quand il est arrivé, j'ai bloqué sur le flingue", dit-il, encore sous le choc d'une scène "qui n'a pas duré plus de quinze secondes".

Christina Cathleen Coons, originaire de New York et en vacances en Europe, se trouvait, elle, en voiture 12. "Nous avons entendu une fusillade. J'ai entendu des coups de feu, sans doute deux, et un type s'est écroulé", relate-t-elle. "Une femme au fond, peut-être une quarantaine d'années, à côté de son époux, a vu la vitre au-dessus d'elle se briser à cause du coup de feu, la balle aurait pu l'atteindre", glisse cette Américaine de 28 ans. "Un type est tombé sur le sol et avait du sang partout, apparemment il était touché au cou", poursuit-elle. Elle est restée plaquée au sol, d'où elle a pris des photos avec son smartphone : "je pensais qu'il y allait avoir une fusillade dans le train", ajoute-t-elle. "Des gens sont venus pour le soigner", raconte-elle, au milieu du gymnase où le personnel de la Croix-rouge distribue des bouteilles d'eau aux passagers. 

"Je remercie ces deux hommes"

D'un pas lent, transportant de nombreux bagages, Amy, encore choquée, quitte le gymnase où elle a répondu aux questions de la police judiciaire, comme de nombreux autres passagers du Thalys. Son mari Joe la réconforte. Elle était tranquillement assise dans le train, quand la vitre derrière elle a soudainement été brisée par un impact de balle. "Nous exprimons notre grande gratitude envers ces messieurs, ces deux hommes qui ont arrêté le tireur. Je n'ai pas vu la fusillade ", glisse cette Américaine, habituée à voyager en Europe avec son époux. 

Joe, lui, a encore dû mal à reprendre ses esprits : son épouse a frôlé la mort. "J'ai vu la vitre tomber au-dessus des épaules de ma femme", explique-t-il. "Je remercie ces deux hommes qui avaient un tee shirt des Lakers et un maillot de football. Je suis fier qu'ils aient réagi rapidement, empêchant un désastre", ajoute-t-il, précisant qu'il n'y avait "pas plus de six ou de sept personnes dans ce wagon, une première classe" du Thalys.

Panique à bord

Laurent, lui, était monté à Anvers, et était dans le wagon suivant. "Le personnel du Thalys s'est rué dans notre voiture en courant, on se demandait ce qui se passait", explique ce Parisien d'une quarantaine d'années. "Une dame est arrivée dans notre train criant 'Il a reçu une balle, il perd du sang ! Est ce qu'il y a un médecin ?'. J'ai hésité à y aller car comme il y avait une blessure par balle, il y avait peut-être un tireur, d'autres personnes sont revenues disant que la personne a été neutralisée, j'y suis allé", explique-t-il, dans la nuit noire de la préfecture du Pas-de-Calais. 

"La dame était paniquée, demandant pourquoi le train continuait à rouler et pourquoi les secours n'étaient pas là".

Laurent, passager du train
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"J'ai vu une personne au sol, une autre personne lui faisait un garrot au niveau du cou, je le voyais bouger", poursuit cet homme. "La dame était paniquée, demandant pourquoi le train continuait à rouler et pourquoi les secours n'étaient pas là, on l'a rassurée", ajoute-t-il. "Il y avait aussi une personne ligotée au sol, saucissonnée", explique-t-il, faisant allusion au tireur. "Il y a eu énormément de panique", conclut le Parisien, avant de rejoindre la gare d'Arras pour regagner enfin la capitale. 

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2015-08-22 10:38:00
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