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"Se moquer d'une religion est intolérable" : Lamine Yamal scandalisé par les chants islamophobes des supporters espagnols face à l'Égypte

Le match amical entre l’Espagne et l’Égypte, disputé mardi 31 mars près de Barcelone, a été marqué par des chants islamophobes avec pour paroles "Qui ne saute pas est musulman" entonnés par une partie du public. Une enquête a été ouverte, tandis que joueurs, sélectionneur et autorités politiques dénoncent des faits "intolérables".

Match amical Espagne-Egypte le mardi 31 mars 2026.

Crédit : Lluis GENE / AFP

Yasmine Boutaba

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La rencontre, disputée au RCDE Stadium de Cornellà près de Barcelone, devait être une fête. Pour la première fois depuis 18 ans, la sélection espagnole retrouvait la Catalogne devant plus de 37.000 spectateurs pour un match amical entre l'Espagne et l'Egypte dans la soirée du mardi 31 mars. Si l’ambiance a d’abord été marquée par des drapeaux et l’hymne national, des sifflets ont rapidement accompagné l’hymne égyptien.

Dès la 10e minute, une partie des tribunes a entonné un chant islamophobe : "Qui ne saute pas est musulman", repris à plusieurs reprises au cours de la première période. D’autres comportements ont suivi, notamment des sifflets lorsque le joueur égyptien Issa s’est agenouillé pour embrasser la pelouse. 

Aucun arrêt du match n’a été décidé, mais un message a été diffusé à la mi-temps sur les écrans du stade pour rappeler : "La législation relative à la prévention de la violence dans le sport interdit et punit toute participation active à des actes violents, xénophobes, homophobes ou racistes", pouvait-on lire. Le speaker du stade a également rappelé ces règles oralement, s’attirant les sifflets de nombreux supporters.

Une enquête ouverte et une indignation collective

Après la rencontre, conclue sur un score nul (0-0), plusieurs acteurs du match ont pris la parole. Le milieu de terrain Pedri a appelé à une mobilisation collective : "Nous ne cautionnons aucun chant raciste (…) nous devons tous œuvrer ensemble pour les éradiquer des terrains de football".

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Le sélectionneur Luis de la Fuente a lui aussi exprimé son "dégoût total et absolu". Avant de poursuivre "C'est intolérable. Il faut écarter ces personnes violentes de la société, ceux qui utilisent le football." D’autres joueurs, comme Joan Garcia, ont également affirmé leur opposition ferme à ces actes. Le président de la Fédération espagnole Rafael Louzan a évoqué "un fait isolé qui ne peut se reproduire et que nous devons contenir".

Ce mercredi 1er avril, Lamine Yamal, la star du FC Barcelone et de la sélection espagnole exprimé qu'en tant que musulman, que "se moquer d'une religion" était "intolérable". Avant d'ajouter : "Je sais que c'était en direction de l'équipe adverse, et pas personnel contre moi, mais en tant que personne musulmane, cela reste un manque de respect et quelque chose d'intolérable", a-t-il écrit sur Instagram.

"L'Espagne a un problème avec le racisme"

Dans les médias espagnols, les réactions ont été tout aussi vives. Plusieurs chroniqueurs ont dénoncé un problème structurel de racisme. Sur la radio Ser un journaliste sur place raconte que "Lamine Yamal a quitté le stade avec un visage jusqu’au sol et accompagné d’un membre de la sécurité. Lui aussi est musulman et nous avons insulté celui qui est actuellement notre étendard footballistique". 

Un autre chroniqueur de la même chaîne a exprimé sans détours : "L'Espagne a un problème avec le racisme". Aussi, Josep Pedrerol, chroniqueur de la célèbre émission El Chiringuito TV a exprimé au plateau : "Ils ne représentent pas l’Espagne. Non au racisme, non à la xénophobie". 

Dès le lendemain, ce mercredi 1er avril, la police catalane a annoncé sur X l’ouverture d’une enquête sur "les chants islamophobes et xénophobes" entendus lors de la rencontre. Le ministre de la Justice, Félix Bolaños, a dénoncé des faits qui "font honte en tant que société" sur X. "Ceux qui se taisent sont complices (...) Nous continuons de travailler pour devenir un pays tolérant et respectueux de tous". 

Des sanctions possibles pour la Fédération espagnole

Ces incidents pourraient avoir des conséquences disciplinaires. La Fédération espagnole de football s’expose à des sanctions de la FIFA, qui s’appuiera sur le rapport de l’arbitre. Parmi les mesures envisagées figurent des amendes, voire la fermeture partielle ou totale de tribunes.

Des précédents récents montrent la fermeté des instances internationales face à ces dérives. En 2025, le Salvador avait ainsi été sanctionné financièrement pour des gestes racistes de ses supporters.

Ces événements interviennent dans un contexte sensible, alors que l’Espagne s’apprête à coorganiser la Coupe du monde 2030 avec le Portugal et le Maroc.

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