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Prostitution : le client ne doit pas être la priorité de la loi

Une association qui aide les prostituées se dit très réservée sur la pénalisation du client, prévue par la proposition de loi sur la prostitution.

Dijon : un aumônier musulman mis en examen pour proxénétisme aggravé
Dijon : un aumônier musulman mis en examen pour proxénétisme aggravé Crédit : AFP
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La rédaction numérique de RTL
et AFP

Le client ne doit pas être la priorité de la proposition de loi sur la prostitution, a estimé mercredi 20 mai à Paris une association parisienne qui accompagne les prostituées, et réclame que le texte aille plus loin sur la prévention et la lutte contre les réseaux.

"Nous sommes très réservés sur la pénalisation du client", prévue par le texte adopté en décembre 2013 par l'Assemblée nationale, a expliqué Thierry des Lauriers, directeur général de l'association "Aux captifs la Libération". Créée en 1981 par le Père Patrick Giros, l'association aide et accompagne les sans-abri et les prostituées, et a été auditionnée par la commission spéciale du Sénat chargée d'examiner le texte avant son passage, encore non programmé, en séance.

"La pénalisation du client, ce n'est pas le sujet"

Maryse Lépée, présidente de l'association
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Pour l'association, la pénalisation du client risque d'avoir pour conséquence d'amener les personnes qui se prostituent "à se cacher encore plus" et de les exposer à plus de violence. "Nous craignons que cela soit le paravent qui cache le manque de volonté politique de lutter contre les réseaux de traite", qui doit être "la priorité", a insisté des Lauriers.

"La pénalisation du client, ce n'est pas le sujet", a renchéri Maryse Lépée, présidente de l'association. Elle préconise plutôt de mettre en place "un espace d'accueil ou d'écoute qui permette d'aller vers les clients", et demande que le stage de sensibilisation prévu par la proposition de loi comme sanction possible s'accompagne d'un "volet d'ordre psychologique".

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"La prostitution, c'est la rencontre de deux misères", celle de la prostituée et celle du client, a-t-elle expliqué. Globalement, l'association est cependant "plutôt favorable à la proposition de loi", notamment concernant la suppression du délit de racolage ou la création d'un fonds dédié à l'accompagnement social et professionnel des personnes prostituées.

La prostitution, c'est la rencontre de deux misères

"Mais ça ne va pas assez loin", insiste Lépée, qui souhaite que des actions de prévention soient mises en place à destination des publics fragiles (jeunes de l'Aide sociale à l'enfance, étudiants, jeunes migrants en foyers) et qu'une formation sur la prostitution soit proposée aux travailleurs sociaux. "Il va aussi falloir être très vigilant sur les 20 millions d'euros" promis par le gouvernement pour le fonds dédié.

L'association réfute également dans le texte le terme de "victimes" pour désigner les prostitué(e)s, estimant que même si elles peuvent être victimes de violence et de contraintes, elles ne se résument pas à cela, et sont aussi "des personnes en situation de dignité et de liberté", qui peuvent sortir de la prostitution.

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