3 min de lecture Manifestations

Pro-migrants et anti-migrants battent le pavé en Europe

Des dizaines de milliers d'Européens ont manifesté, ce samedi 12 septembre, de Londres à Copenhague pour réclamer plus de générosité à l'égard des réfugiés. Mais des milliers d'autres ont exigé le contraire à Varsovie ou à Prague.

Une manifestation en soutien aux réfugiés à Paris, samedi 12 septembre.
Une manifestation en soutien aux réfugiés à Paris, samedi 12 septembre. Crédit : JOEL SAGET / AFP
Arièle Bonte
Arièle Bonte
et AFP

De Londres à Copenhague et de Varsovie à Prague : les divisions de l'Europe sur la question des migrants se sont exprimées, ce samedi 12 septembre dans la rue. Le flot de migrants ne tarit pas : 9.000 réfugiés étaient arrivés samedi en début de soirée à Munich, selon les autorités locales. Elles s'attendaient à en accueillir "jusqu'à 13.000" au total avant la fin de la journée.
Le point d'entrée dans "l'Eldorado allemand" était ainsi en voie d'égaler le record établi dimanche 6 septembre dernier, suscitant l'inquiétude des autorités. Elles ont alerté sur le manque de capacités d'accueil. 

30.000 personnes à Copenhague

Derrière des banderoles "Ouvrez les frontières" ou "La vie des réfugiés compte", des dizaines de milliers de personnes ont réclamé au gouvernement de David Cameron à Londres, une politique d'accueil plus généreuse pour les réfugiés.

Le "premier geste" du tout nouveau leader du parti travailliste Jeremy Corbyn, a été de se joindre à la manifestation. Il avait déjà appelé le gouvernement à plus de "compassion". Sous la pression, David Cameron vient d'ailleurs d'annoncer l'accueil de 20.000 réfugiés syriens sur cinq ans.

Au Danemark, dont les autorités cherchent à bloquer le flux de migrants, 30.000 personnes ont défilé à Copenhague, et des centaines d'autres dans plusieurs villes du pays. Ils étaient plusieurs milliers à Madrid, un millier à Stockholm, autant à Helsinki ou à Lisbonne.

Une faible mobilisation en France

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En France, le président François Hollande s'est rendu dans un centre d'accueil de demandeurs d'asile syriens près de Paris. Le gouvernement s'est engagé à accueillir 24.000 réfugiés d'ici l'an prochain, et le ministre de l'Intérieur a réuni 700 maires disposés à les recevoir.

Mais les appels à manifester n'ont suscité qu'une faible mobilisation. Le principal rassemblement a réuni quelque 700 personnes à Nice, davantage qu'à Paris et Lyon.  

Une mobilisation en baisse en Allemagne

Autre ton de l'autre côté de l'ex-rideau de fer : à Varsovie, plusieurs milliers de personnes (10.000 personnes selon les organisateurs) arboraient des  banderoles: "L'islam, c'est la mort de l'Europe". 

"Nous sommes là pour que (...) la décision d'accueillir les musulmans soit abandonnée", a lancé l'un des organisateurs à la foule. Ce dernier a alors fait une prière à la Vierge Marie. Varsovie a en effet accepté d'accueillir 2.000 réfugiés mais refuse la logique des quotas.
D'autres manifestations du même type, réunissant des centaines de participants, ont eu lieu à Bratislava et Prague, où les orateurs ont appelé le gouvernement à quitter l'Union Européenne. En Allemagnechampionne de l'accueil des réfugiés avec 450.000 nouveaux entrants enregistrés depuis le début de l'année, la mobilisation populaire était clairement en baisse. À Berlin, quelque centaines de personnes seulement ont manifesté pour un meilleur accueil des réfugiés en Europe.

Un conseil extraordinaire européen

Un conseil extraordinaire des ministres de l'Intérieur de l'UE a été convoqué lundi 14 septembre, à Bruxelles. L'objectif : tenter d'aplanir les divisions béantes entre les pays membres. Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, chef de file de la ligne dure sur ce dossier, a réclamé un plan d'aide européen de 3 milliards d'euros aux pays voisins de la Syrie. La Turquie, le Liban et Jordanie hébergent en effet, à eux seuls, quatre millions de réfugiés.

Plus de 430.000 migrants et réfugiés ont traversé la Méditerranée depuis janvier, et près de 2.748 y ont péri ou disparu, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). La moitié de ceux qui sont arrivés sont des Syriens fuyant les bombardements du régime et les exactions des jihadistes, dans un pays où plus de la moitié de la population a quitté son foyer depuis le début du conflit en 2011. 

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