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Jean-Noël Guérini : premier jugement pour l'ex-homme fort du PS

Jean-Noël Guérini connaîtra son sort ce lundi matin devant le tribunal.

Le président PS des Bouches-du-Rhône Jean-Noël Guérini, ici le 24 janvier 2014 à Marseille.
Le président PS des Bouches-du-Rhône Jean-Noël Guérini, ici le 24 janvier 2014 à Marseille. Crédit : AFP / ANNE-CHRISTINE POUJOULAT
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L'ex-patron du PS dans les Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guérini, désormais à la tête d'un parti concurrent, connaîtra son sort ce lundi matin dans un dossier de détournement de fonds publics, dans lequel un an d'inéligibilité et six mois de prison ont été requis devant le tribunal correctionnel de Marseille.

Dans ce dossier, le seul pour lequel il a été renvoyé en correctionnelle jusqu'à présent mais qui reste mineur au regard d'autres affaires dans lesquelles il est mis en examen, le président du conseil général, réélu sénateur fin septembre, a comparu en octobre au côté de son ancien collaborateur, Jean-David Ciot, devenu député après avoir succédé à Guérini à la tête du PS départemental.

Licenciement de complaisance

La justice soupçonne Ciot, poursuivi pour recel, d'avoir bénéficié le 26 mai 2011 d'un licenciement de complaisance décidé par Guérini, après neuf années de présence, moyennant 65.000 euros d'indemnités, pour lui permettre de se présenter aux législatives de 2012.

Le parquet a requis à leur encontre six mois de prison avec sursis et un an d'inéligibilité, ainsi qu'une amende de 15.000 euros chacun. Il a évoqué un "licenciement aberrant", s'interrogeant notamment sur l'absence de préavis de licenciement, qui prouve selon lui "l'intentionnalité" des deux prévenus. Si Ciot avait posé un préavis, il n'aurait pas pu se présenter aux législatives, une loi d'avril 2011 imposant aux collaborateurs des collectivités territoriales de démissionner au moins un an avant l'échéance électorale.

"Le système Guérini"

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A l'audience, Ciot a répété que le licenciement lui avait été imposé et qu'il n'avait pas l'intention, au départ, de se présenter aux législatives. S'il a en effet reconnu à l'audience avoir décidé de licencier son collaborateur, Guérini a quant à lui expliqué n'avoir "à aucun moment (...) pensé violer la loi" et ne pas s'être occupé des détails.

Le contexte politique était exécrable

Jean-Noël Guérini
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Cette affaire aurait dû concerner "le tribunal administratif ou les prud'hommes. Mais comme je ne suis pas M. Dupont, je me retrouve devant vous", a lancé Guérini aux juges. "Le contexte politique était exécrable, il fallait faire disparaître Jean-Noël Guérini", a-t-il soutenu, stigmatisant les accusations faites à l'époque par le socialiste Arnaud Montebourg contre "le système Guérini".

Une épine de plus dans le pied du PS local

Guérini est en effet mis en examen, notamment pour trafic d'influence et association de malfaiteurs, dans plusieurs dossiers de marchés publics présumés frauduleux, tout comme son frère Alexandre, soupçonné d'accointances avec le milieu.

Quelle que soit la décision du tribunal, ce lundi, elle sera une épine de plus dans le pied du PS local, déjà laminé depuis sa défaite aux municipales de mars et la récente décision de la commission électorale d'invalider les comptes de campagne de plusieurs de ses candidats à Marseille.

"Du grand n'importe quoi"

En délicatesse avec le PS depuis ses ennuis judiciaires, Guérini, après avoir prêté main forte à l'UMP Jean-Claude Gaudin pour sa réélection à la mairie de Marseille, avait devancé en avril 2014 son exclusion du PS en démissionnant pour fonder son mouvement politique, "La Force du 13", transformé en novembre en parti. Que le tribunal relaxe Ciot et Guérini, et ce dernier sera dans une position plus forte que jamais avant les élections départementales de mars 2015.

D'ores et déjà, 22 conseillers généraux socialistes ou divers gauche (FdG et PRG) ont appelé à "une large alliance des élus de la majorité sortante" avec Jean-Noël Guérini, malgré la position socialiste officielle de rupture avec lui. Que les juges les jugent coupables, et le PS souffrira de la condamnation de son premier fédéral, sans pour autant empêcher Guérini, qui fera appel, de se présenter aux départementales. La situation au PS, à quatre mois des départementales ? "Du grand n'importe quoi", résume Michel Pezet, l'un des six conseillers généraux sortants ayant refusé l'alliance avec Guérini.

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