2 min de lecture Salah Abdeslam

Pourquoi Salah Abdeslam a-t-il le droit de bénéficier d'une salle de sport ?

ÉCLAIRAGE - Le prisonnier lié aux attentats du 13 novembre peut utiliser rien que pour lui une cellule disposant d'équipements sportifs. Une situation décriée mais absolument normale.

Thomas Sotto RTL Soir Thomas Sotto iTunes RSS
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Pourquoi Salah Abdeslam a-t-il le droit de bénéficier d'une salle de sport ? Crédit Image : DOMINIQUE FAGET / AFP | Crédit Média : Elisabeth Fleury / RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
Julien Absalon
Julien Absalon
Journaliste RTL

Il y a-t-il vraiment matière à polémiquer ? Une vague d'indignation s'est déclenchée depuis que le JDD a révélé, dimanche 3 juillet, que Salah Abdeslam bénéficiait d'une salle de sport personnelle dans son quartier d'isolement de la prison de Fleury-Mérogis, où il est incarcéré dans le cadre de l'enquête sur les attentats du 13 novembre. "Il n'y a aucune raison de lui faire la moindre faveur, de lui donner le moindre confort", a ainsi déclaré François Fillon, scandalisé. "Ce pouvoir se fout vraiment de notre gueule et de nos impôts !", s'est insurgé Gilbert Collard sur Twitter. Pourtant, le traitement accordé à Salah Abdeslam répond aux droits dont bénéficie n'importe quel prisonnier.

"C'est totalement normal", assure Philippe Kuhn, délégué régional du syndicat SPS Pénitentiaire en Île-de-France, contacté par RTL.fr. En effet, même si Salah Abdeslam se trouve dans un quartier d'isolement en raison de son implication dans une action terroriste, il a le droit "comme un détenu lambda" et "au même titre que les autres" de pratiquer des activités sportives, poursuit le syndicaliste et comme le confirme le guide des "droits et devoir de la personne détenue" édité par la Direction de l'administration pénitentiaire.

Limiter les déplacements à risques

Il s'avère donc d'autant plus "normal" que Salah Abdeslam puisse faire du sport dans cette salle équipée d'un rameur et d'un vélo, car cela répond tout simplement au respect des droits de l'HommeDans un document, une commission nationale des droits de l'homme estimait "indispensable" que les personnes placées à l'isolement puissent bénéficier de telles activités. "À ce titre, elles doivent être mises en mesure d'exercer des activités professionnelles, culturelles et sportives", indique la CNCDH.

Mais alors que les autres prisonniers peuvent par exemple le faire lors de leur promenade au contact de leurs co-détenus, Salah Abdeslam, lui, "ne doit rencontrer personne par souci de sécurité" et il faut "éviter de le faire bouger" pour limiter les risques et "s'assurer de son intégrité physique", ajoute Philippe Kuhn. Car depuis que le logisticien présumé du 13 novembre a été arrêté, les autorités mettent tout en oeuvre pour qu'il ne puisse pas se suicider dans sa cellule.

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Cet aménagement spécial n'est donc pas une première pour ce type de détenus placés sous très haute surveillance. Par exemple, Antonio Ferrara, figure du grand banditisme, bénéficiait lui aussi d'une salle de sport à lui tout seul. Ce dispositif, qui permet donc de limiter les déplacements étant donné que cette salle se situe dans une cellule jouxtant celle occupée en permanence par Salah Abdeslam, offre ainsi plus de souplesse au personnel pénitentiaire. Pour le représentant du syndicat des surveillants de prison, cela permet tout simplement d'aller "du pratique au pratique".

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