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Plus apaisé, Charlie Hebdo de retour dans les kiosques

Sept semaines après l'attaque, Charlie Hebdo est de retour dans les kiosques. Diffusé à 2,5 millions d'exemplaires et auréolé d'un symbole lourd à porter.

"C'est reparti !", la nouvelle une de "Charlie Hebdo" avec une meute à ses trousses
"C'est reparti !", la nouvelle une de "Charlie Hebdo" avec une meute à ses trousses
Crédit : Liberation
La rédaction numérique de RTL & AFP

Sept semaines après l'attaque meurtrière, Charlie Hebdo est de retour dans les kiosques. Diffusé à 2,5 millions d'exemplaires et auréolé d'un symbole lourd à porter, l'hebdomadaire va tenter de retrouver le cours normal de sa vie avec une Une moins provocatrice.
"Après la violence qu'on avait subie, on voulait une Une un peu apaisée", explique Riss, le nouveau patron du journal, toujours en rééducation après avoir été blessé à l'épaule dans l'attentat.

"Les combats de Charlie sont nombreux. La laïcité, ça a toujours été un combat évident mais, avec le temps, ça a pris une dimension énorme qui nous dépasse une peu", analyse-t-il.

On aimerait être vus autrement que comme un symbole

Riss, le nouveau patron du journal

"Notre ligne éditoriale est la même depuis 1992. On n'est pas plus provocateurs, on n'en fait pas plus. C'est l'environnement qui a changé", poursuit Laurent Sourisseau, alias Riss.
Pourtant, depuis ce jour funeste de janvier, le poids du symbole est bien là, parfois un peu lourd à porter.
"On voudrait conserver notre liberté éditoriale, faire ce qu'on veut quand on a envie. On n'est pas là pour répondre à telle ou telle attente. On aimerait être vus autrement que comme un symbole. Sinon, on est figés, le journal ne peut pas évoluer", juge-t-il.

Avant, on ne savait pas trop, mais là, il faut être réaliste, il faut se protéger

Riss

La menace, floue et mal identifiée jusqu'alors, leur est tombée dessus "comme la foudre" le 7 janvier 2015.
"Avant, on ne savait pas trop, mais là, il faut être réaliste, il faut se protéger. Ça serait irresponsable de faire ça avec légéreté", raconte celui qui est surveillé en permanence par un groupe de policiers lourdement armés.
Un mois avant l'attaque, il disait à Charb, qui était le dernier à bénéficier d'une protection, "ça ne sert plus à rien ce truc là".
Si les peurs ont été ravivées par les attaques de Copenhague ou les appels aux meurtres sur Twitter contre Zineb El Rhazoui, collaboratrice franco-marocaine de Charlie Hebdo et son mari, ce nouveau numéro du journal veut aussi montrer qu'il n'y a pas que "ça".

Sable breton, Proglio, Grèce et DSK au menu

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Le sable breton menacé, la paye élevée d'Henri Proglio chez Thales, l'épidémie de grippe, la Grèce ou DSK : les sujets sont variés et les bonnes volontés sont là. Pétillon, habitué du Canard enchaîné, l'Algérien Dilem, ou l'écrivain Marie Darrieussecq ont contribué à cette nouvelle édition.
Le numéro des "survivants", diffusé à 8 millions d'exemplaires, un record historique pour la presse française, avec la caricature de Mahomet en couverture qui tenait une pancarte "Je suis Charlie" et le surtitre "Tout est pardonné", avait suscité des manifestations parfois violentes dans plusieurs pays musulmans.
Le tirage de celui de mercredi ne sera "que" de 2,5 millions.

On a autant de responsabilité quand on dessine pour 20.000 que pour 8 millions de personnes

Riss

Un chiffre toujours colossal pour une publication qui, avant l'attaque, vendait quelques dizaines de milliers d'exemplaires.
"Je n'y pense pas. On a autant de responsabilité quand on dessine pour 20.000 que pour 8 millions de personnes. On n'a pas moins de conscience professionnelle. Les lecteurs ne sont pas de moins bonne qualité. Pour moi ça change rien", tranche Riss qui veut être optimiste.
Selon lui, l'esprit du 11 janvier, jour de la marche républicaine, n'a "pas disparu chez tout le monde".
"C'est pas tellement le soutien à Charlie Hebdo qui est important, ce qui compte c'est les questions que le 11 janvier a posées. La radicalisation des jeunes, le discours intolérant...les pouvoirs publics ou la société n'étaient peut-être pas assez conscients de tout ça".

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