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"Je sens qu'elles sont pas loin" : Philippe Caverivière raconte sur RTL comment les morts de sa sœur et sa mère ont façonné son humour et son engagement

Philippe Caverivière raconte sur RTL comment la disparition de sa sœur puis de sa mère, toutes deux emportées par un cancer, a profondément marqué son regard, nourri son humour et renforcé son engagement auprès des malades.

Philippe Caverivière invité sur RTL le 28 septembre 2026.

Crédit : RTL

Marc-Olivier Fogiel

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Derrière les traits d'humour et les chroniques matinales, Philippe Caverivière a livré un récit bien plus intime face à Fogiel, sur RTL, lundi 28 septembre 2026. L'humoriste dont le one-man show Tu Crois Que c'est Une Bonne Idée ? cartonne dans toute la France, a expliqué pourquoi la cause du cancer pédiatrique lui tient "particulièrement à cœur". 

Il revient sur ce drame fondateur : la mort de sa soeur, alors qu'il n'avait que quatre ans. "Je suis sensible à cette cause parce que c'est l'histoire de ma vie, c'est l'histoire de ma sœur et de ma maman. Je perds ma sœur en 75 d'un sympathoblastome. Elle a 7 ans", raconte-t-il. Plus tard, sa mère meurt elle aussi, "en 2007, d'une récidive de cancer". Deux disparitions qui éclairent, selon lui, son rapport au rire.

Très tôt, explique-t-il, l'humour s'est imposé comme une forme de protection. "Je pense que c'est une mécanique de défense", confie Philippe Caverivière. "J'ai senti une chape de plomb à la maison, une tristesse et que j'ai fait le clown parce que je sentais ma maman triste."

Philippe Caverivière souligne le rôle clé des associations face au cancer

L'humoriste décrit une enfance "dans un milieu modeste, ouvrier", en HLM, dans l'Est de la France. Il insiste sur la fragilité concrète des familles confrontées à la maladie d'un enfant. "Quand il y a un enfant qui est malade, il y a un des deux parents qui arrête de travailler", rappelle-t-il. "Souvent, il y a des difficultés financières qui s'ajoutent au malheur et au plus grand stress du monde qui est la maladie d'un enfant."

C'est aussi pour cela qu'il met en avant le rôle des associations, en citant notamment Princesse Margot ou l'association Léo. À l'écouter, ces structures apportent aujourd'hui un soutien qui n'existait pas, ou très peu, dans les années 1970 et 1980. "Nous, les années 70-80, rien, pas d'accompagnement, pas d'asso, on était perdus", résume-t-il.

Cette expérience nourrit chez lui une forme d'obligation morale à vivre pleinement. "Je dois faire quelque chose de ce cadeau absurde qu'est la santé et la vie", dit-il, en évoquant les enfants malades qu'il a vus partir trop tôt. Et il ajoute : "Si je suis là, si par hasard ils nous voient, ils nous écoutent, j'ai intérêt d'être heureux, je ne vais pas être malheureux du cadeau qu'on me fait de cette journée."

Un humour pour parler du malheur

Interrogé sur certaines blagues plus risquées, Philippe Caverivière assume une ligne claire : l'humour est pour lui une manière de dire le réel. "L'humour, c'est une langue", rappelle-t-il en citant Guy Bedos. À propos d'une vanne sur une enfant handicapée montrée dans les bras du pape, il explique avoir voulu parler de l'émotion suscitée par cette image et de la question du miracle, mais "dans ma langue, la blague".

À 55 ans, Philippe Caverivière assure aujourd'hui aller bien. "Je dirais que je suis incroyablement heureux", affirme-t-il. Et lorsqu'il monte sur scène, notamment pour un gala au profit de l'association Princesse Margot, il dit retrouver celles qui continuent de l'accompagner : "Je retrouve ma mère et ma sœur, parce que j'en parle dans le spectacle (...) et je suis bien, parce que j'ai l'impression qu'elles ne sont pas loin."

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