2 min de lecture Salon de l'agriculture

Loups: nouvelle campagne des éleveurs

Au salon de l'agriculture, les éleveurs réclament la révision du statut du loup et dénoncent la multiplication des attaques.

Plus de 8.000 brebis ont été tuées par des loups en 2014.
Plus de 8.000 brebis ont été tuées par des loups en 2014.
Nicolas Marischaël avec sa famille dans son atelier-boutique
La rédaction numérique de RTL
et AFP

"Subventionne un loup, élève une brebis!" Les éleveurs de la Confédération Paysanne ont choisi l'humour pour dénoncer la multiplication des attaques qui ont tué plus de 8.200 brebis en 2014.

Le Syndicat (minoritaire) a lancé ce samedi 28 février une campagne avec plus de 500 tracts à distribuer aux visiteurs du Salon de l'Agriculture, pour réclamer la révision du statut du loup qui reste une espèce protégée en Europe.

20% de loups en plus par an

Une campagne, précise le tract, adressée "aux amoureux des loups convaincus que ces magnifiques animaux ne s'intéressent pas aux moutons et que la cohabitation est possible. Ainsi ils pourront les aider plus efficacement et suivre la vie, parfois courte, d'une brebis".

Selon Olivier Bel, éleveur chargé du dossier à la Confédération, la population de loups croît de 20% par an et atteignait 350 individus en 2014. "Dans deux ans on en aura 500, que fera-t-on?". Les éleveurs font valoir que son aire de répartition a désormais largement dépassé les Alpes maritimes, où ils sont apparus initialement en 1992, pour atteindre les Cévennes - l'Hérault et l'Aude - et la Lozère.

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Des attaques ont été aussi signalées en Franche-Comté, en Champagne, en Lorraine. "En PACA, on a 20 ans de recul on sait gérer mais quand il arrive dans les Cévennes, dans l'Hérault ou dans l'Aude, les éleveurs n'ont aucune expérience", reprend M. Bel.

Les montagnes abandonnées

Pour la CP, ces attaques contribuent à l'abandon et à la désertification des zones de montagnes: "J'avais 120 chèvres dans la Drôme, les loups en ont dévoré 70", témoigne Thomas Vernay. "J'ai tout arrêté".

Son histoire, le jeune homme a pu la conter en direct à la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal, samedi: en visite au Salon de l'Agriculture, Mme Royal s'est arrêtée sur le stand du syndicat pour écouter les éleveurs. Cet échange direct était le premier depuis l'entrée en fonction de la ministre, qui a convenu que "les éleveurs avaient le droit de se défendre".

Elle leur a rappelé qu'elle avait autorisé depuis août dernier les chasseurs à effectuer les "prélèvements" au cours de leurs battues et demandé à ses conseillers de "faire le bilan de (son) arrêté".

10% de prélèvements

Au titre de la gestion de l'espèce protégée, 10% de prélèvements sur les meutes sont autorisés chaque année, soit 36 loups en 2014, mais seulement 15 ont été effectués, selon Olivier Bel. Quant au statut du loup, Ségolène Royal a estimé qu'il fallait "saisir la Commission européenne sur le dossier", mais suggéré qu'une étude soit conduite, pour "mesurer les plus et les moins".

Officiellement, 8.225 brebis mortes ont pu être déclarées l'an passé, mais avec les "disparues", les éleveurs sont convaincus que le cap des 10.000 a été franchi.

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