La majorité de droite au Sénat s'apprête à détricoter le projet de loi Santé, examiné ce lundi 14 septembre. Les sénateurs ont jusqu'au 2 octobre pour étudier le projet de loi santé et près de 1.200 amendements déposés, avant un vote solennel le 6 octobre. Parmi les mesures étudiées, Marisol Touraine souhaite généraliser le tiers payant.
Le tiers payant permet à la personne qui consulte un professionnel de santé de ne pas le régler immédiatement, l'Assurance maladie se chargeant de le rémunérer. Il en existe deux types. Le tiers payant partiel oblige le patient à régler la part de la dépense non prise en compte par l'Assurance maladie ; le tiers payant total l'exonère de toute sortie d'argent.
Le tiers payant existe déjà dans les pharmacies, rémunérées par l'Assurance maladie et la complémentaire santé du client. Les médecins le pratiquent dans certains cas, notamment lorsque le patient est couvert par la CMU ou lorsque l'État lance de grandes campagnes de sensibilisation telles que les vaccinations.
Selon les chiffres communiqués par l'Inspection générale des affaires sociales, 34,9% des actes effectués par les médecins libéraux font aujourd'hui l'objet de tiers payant (chiffres du deuxième semestre 2012).
Le projet de loi portera le taux de tiers payant à 100%, permettant aux Français de ne plus débourser d'argent pour consulter leur médecin. Marisol Touraine souhaite mettre en place une étape intermédiaire durant laquelle le tiers payant concernera les personnes qui bénéficient de l'Aide pour une complémentaire santé. Celle-ci devrait être effective avant la fin de l'année 2014.
Les médecins sont, pour le moment, défavorables à cette mesure. Selon Jean-Paul Ortiz, président d'un syndicat cité par Le Parisien, "transformer la carte Vitale en carte de paiement, c'est déresponsabiliser le patient et banaliser l'acte médical".
Même son de cloche chez Michel Chassang, président de la Confédération des syndicats médicaux français : "Il y a 400 systèmes complémentaires dans ce pays. Comment voulez-vous que le médecin, seul dans son cabinet, puisse gérer cela ?"