2 min de lecture Islamophobie

Les actes islamophobes ont quadruplé depuis les attentats de janvier

Le nombre de violences et de menaces à l'encontre des musulmans a explosé au premier semestre 2015. L'Observatoire contre l'islamophobie en appelle aux politiques.

La salle de prières musulmane d'Aix-les-Bains, incendiée le 10 janvier 2015.
La salle de prières musulmane d'Aix-les-Bains, incendiée le 10 janvier 2015. Crédit : JEAN-PIERRE CLATOT / AFP
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L'Observatoire contre l'islamophobie n'avait "jamais" constaté des chiffres aussi élevés. Les actes et menaces islamophobes ont presque quadruplé au premier semestre 2015, par rapport à la même période l'an dernier, selon le bilan de l'instance publié ce vendredi 17 juillet. Une aggravation qui serait directement liée aux attentats de janvier à Paris. 

L'Observatoire contre l'islamophobie, qui fait partie du Conseil français du culte musulman (CFCM), établit ses chiffres sur la base des plaintes et mains courantes recensés par le ministère de l'Intérieur. Au total, la hausse est de 281% au premier semestre 2015, avec 274 actes antimusulmans - dont 78 actions (dégradations de lieux de culte, violences...) et 196 menaces (tracts, propos injurieux...). On observe toutefois une nette décélération au deuxième trimestre, où ont été recensés 52 actes et menaces - contre 222 au premier trimestre, dans la foulée des attentats de janvier à Paris. 

Amalgames avec le terrorisme

"Depuis la mise en place de l'Observatoire en 2011, nous n'avons jamais vu un phénomène aussi élevé. Cette explosion ne peut s'expliquer que par les actes terroristes commis depuis janvier, lesquels ne peuvent justifier la haine à l'égard de musulmans qui ne sont ni responsables ni coupables de tels crimes", a déclaré le président de l'Observatoire Abdallah Zekri à l'AFP. Selui lui, ces chiffres sous-estiment la réalité des actes antimusulmans, "15% environ" d'entre eux ne faisant l'objet d'aucune démarche auprès des services de police ou de gendarmerie.

"Tous ces événements se déroulent sans réaction de la classe politique qui, au lieu de dénoncer de tels faits, leur trouve des justifications et parfois même alimente le climat d'islamophobie, avec des déclarations sur les 'cinquièmes colonnes' ou l''islamofascisme'", dénonce Abdallah Zekri. Il estime toutefois que "le gouvernement s'emploie à combattre ce phénomène". 

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Le 15 juin, lors de la première réunion de l'instance de dialogue avec l'islam, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a estimé que "la réalité" des actes antimusulmans était "sous-estimée, parce que trop de victimes hésitent à porter plainte". "Je veux que nous luttions ensemble contre ce sentiment de résignation", a poursuivi le ministre, désireux d'"encourager les dépôts de plainte". 

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