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"Le management n'a fait qu'appliquer les ordres" : mais qui a donné la consigne de cacher le personnel féminin de la tour Eiffel lors d'une visite du mouvement hindou ?

Le monument emblématique de Paris est resté fermé toute la journée lundi 7 septembre en raison de la grève de ses salariés, choqués par l'éviction du personnel féminin lors de la visite d'une délégation hindoue durant le week-end passé. Les différents acteurs, eux, se renvoient la balle sur leur responsabilité dans ce cas de sexisme.

Vue de la Tour Eiffel au Trocadéro (image d'illustration).

Crédit : LUDOVIC MARIN / AFP

"Le management n'a fait qu'appliquer les ordres" : pourquoi le personnel féminin du monument a été écarté de la tour Eiffel lors d'une visite du mouvement hindou

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Jérôme Florin & AFP & La rédaction numérique de RTL

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"Une discrimination sexuelle extrêmement grave", des salariés "extrêmement choqués" et "des femmes qui se sentent naturellement humiliées". Au lendemain d'une journée de grève des salariés indignés par l'éviction du personnel féminin lors d'une visite dispensée à un groupe religieux hindou, la tour Eiffel doit rouvrir mardi 8 septembre à 9h30, comme l'a confirmé sur RTL, Diane Davoine, secrétaire CGT au CSE de la société d'exploitation (SETE) du monument parisien.

Une délégation du Bochasanwasi Akshar Purushottam Swaminarayan Sanstha (BAPS), réputé particulièrement conservateur aux yeux d'une partie de la diaspora indienne, a visité samedi la "Dame de Fer", au niveau du deuxième étage. Lundi, le personnel de la tour Eiffel s'est donc mis en grève, dénonçant des "consignes" reçues ayant conduit à évincer les salariées lors de cette visite. Gouvernement et candidats à l'élection présidentielle se sont également offusqués. Le maire socialiste de Paris Emmanuel Grégoire a lui promis une enquête "dans les plus brefs délais".

Si les visites de ce genre sont assez courantes selon Diane Davoine, la difficulté est venue du fait qu'"au moins une partie de la délégation, avec des convictions religieuses qui lui appartiennent, ne pouvait pas entrer en contact avec les femmes". "Il a été demandé aux femmes de s'éloigner, parfois de se confiner dans des endroits pour ne pas être à la vue de cette délégation", raconte-t-elle.

"On a des salles annexes un peu partout dans le monument, en sous-sol, et effectivement, il a fallu que certaines femmes se confinent dans ces espaces pour que la délégation puisse avancer dans son parcours de visite", ajoute-t-elle, parlant d'une "bonne vingtaine" de concernées.

Des acteurs qui se renvoient la balle

Mais alors qui a donné l'ordre qui a abouti à une pareille situation ? Diane Davoine affirme vouloir "faire toute la lumière" sur cette pratique sexiste "en interne". "Ce qui est certain, c'est que pour une délégation d'une telle ampleur, il y a forcément un lien avec l'État d'une façon ou d'une autre, et la demande de visite redescend au niveau de la direction de l'entreprise, c'est normal. Elle donne nécessairement ses instructions, et cela retombe au niveau du management de terrain", confie-t-elle.

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Et d'ajouter : "Dans toute entreprise, l'organisation est pyramidale, les ordres redescendent et le management au plus près du terrain n'a fait qu'appliquer les ordres et est aussi victime de la situation", poursuit Diane Davoine, alors que la délégation indienne est "déjà venue à plusieurs reprises sur le monument" sans occasionner de telles instructions, selon elle.

Mais les autres acteurs se renvoient la balle. Le président de la Société d'exploitation de la tour Eiffel (SETE), Ariel Weil, expliquait lundi à notre micro "essayait de comprendre ce qui a pu se passer ce week-end". "Je n'ai jamais entendu une telle chose, je comprends que la direction non plus et je ne souhaite jamais plus l'entendre, ce n'est évidemment pas acceptable", assurait celui qui est aussi maire PS de Paris Centre. "Je réaffirme l'attachement de la tour Eiffel aux valeurs républicaines, à l'égalité femmes-hommes", a-t-il également fait savoir à l'AFP.

Le BAPS, lui, a formulé des excuses, mais nuancé les critiques : "À notre connaissance, à aucun moment l'accès à la tour Eiffel n'a été refusé à qui que ce soit", a écrit sur X le BAPS de Paris lundi soir. "Nous tenons néanmoins à présenter nos sincères excuses à toute personne qui aurait pu être blessée ou gênée par cette situation", a-t-il ajouté.

"Aucune religion n'est supérieure aux lois de la République"

"En France, on ne demande pas aux femmes de s'effacer. Aucun dogme, aucune religion n'est supérieure aux lois de la République", s'est indignée sur X la ministre en charge de l'Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé.

"En France, nous n'accepterons jamais que la présence des femmes soit 'limitée'. Toute la lumière doit être faite", a abondé sur le même réseau social la candidate du RN à la présidentielle, Marine Le Pen. Autre candidat, l'ancien Premier ministre Gabriel Attal a estimé sur le réseau social qu'"en France, aucune culture, aucune croyance, aucun culte, rien ni personne ne peut venir dicter aux femmes leur place".

Le BAPS, proche du Premier ministre indien Narendra Modi, conservateur et nationaliste, a inauguré dimanche à Bussy-Saint-Georges (Seine-et-Marne) le premier temple majeur bâti en France sous son égide. Il le promeut comme "un emblème de la culture indienne et de l'hindouisme". Parmi la diaspora, l'association Indian Alliance Paris a vu dans cette inauguration une nouvelle offensive du "suprémacisme hindou", avec "une vision du monde conservatrice et hindou-nationaliste".

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