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Laurent Fabius : "Les énergies vertes vont créer des emplois"

REPLAY - Le ministre des Affaires étrangères était l'invité d'"On refait la planète" pour évoquer la conférence des Nations unies sur le climat, qu'il présidera en décembre à Paris.

Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius à Vienne le 14 juillet 2015.
Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius à Vienne le 14 juillet 2015.
Crédit : JOE KLAMAR / AFP
Laurent Fabius : "Les énergies vertes vont créer des emplois"
40:26
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La rédaction numérique de RTL

Invité exceptionnel du premier numéro d'On refait la planète ce lundi 27 juillet, Laurent Fabius est venu parler de la COP 21, la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques, qu'il présidera à Paris du 30 novembre au 11 décembre prochain. L'occasion, pour le chef de la diplomatie française, d'expliquer les enjeux de ce sommet, à l'échelle de la planète et dans l'Hexagone.

"Je reste prudent, parce que la difficulté principale est double : d'une part, c'est un sujet extrêmement complexe. Jamais, jusqu'à présent, on n'est arrivé à mettre d'accord l'ensemble des pays (...) Et là il va falloir qu'à la fin de la conférence, le 11 décembre, je fasse voter un texte et que les 196 parties (...) lèvent toutes le doigt !", explique le ministre des Affaires étrangères.  

Beaucoup de responsables politiques ont compris l'ampleur de ce sujet.

Laurent Fabius

"Mais on avance dans le bon sens", rassure le ministre. "D'abord parce que le travail scientifique a été extraordinaire (...) Aujourd'hui, tout le monde sait que ça existe (les changements climatiques, ndlr). En plus, il y a eu, malheureusement, une aggravation du phénomène et les gens en ont de plus en plus conscience, estime Laurent Fabius. Et puis il y a quelques grands leaders, grands pays, qui se sont engagés - je pense en particulier au président Obama et aux Chinois, qui sont complètement engagés maintenant, ce qui n'était pas le cas", salue le chef de la diplomatie française. Selon lui, "beaucoup de responsables politiques ont compris l'ampleur de ce sujet". Pour autant, les discussions s'annoncent difficiles. Car "il faut traiter à la fois avec chaque pays et avec des groupes de pays", explique le ministre. 

Trois grands objectifs

Quels sont les objectifs de la COP 21 ? Éviter absolument "l'échec" de la conférence sur le climat de Copenhague, en 2009. Il faut donc "préparer le maximum de choses en amont", ce qui représente "un travail considérable". L'objectif numéro un du sommet de Paris sera "d'arriver à un accord qui lie tout le monde, pour que la température n'augmente pas de plus de 2 degrés". Deuxième point : "faire le bilan de l'ensemble des contributions" publiées par les pays. "Troisièmement, il faudra préciser les matières financières et technologiques". Dernier point : "Ce ne sont pas seulement les gouvernements qui vont s'engager, mais aussi les collectivités locales, les entreprises, la société civile", indique Laurent Fabius. 

Les participants vont-ils s'entendre sur un accord contraignant ou a minima ? "Les États veulent que ce soit contraignant", assure Laurent Fabius. Leurs engagements seront donc soumis au "jugement de leurs pairs" et à un "mécanisme de vérification par des ONG" - mais celui-ci ne sera "pas punitif", précise le ministre. Concrètement, chaque pays participant à la COP 21 doit publier, d'ici la fin de l'année, ses engagements en termes de construction, d'industrie, etc. à l'horizon 2025 et 2030. 48 États ont déjà présenté leur feuille de route. Ces engagements seront vérifiés tous les cinq ans, en tenant compte des évolutions technologiques et de l'évolution de la prise de conscience. 

"Une source extraordinaire de croissance nouvelle"

En ce qui concerne la France, l'Hexagone suivra les engagements européens. Laurent Fabius prédit "un très bon bilan" tricolore. Paris s'engage notamment à "diminuer les gaz à effet de serre dans la construction, et à encourager les énergies renouvelables et les primes aux énergies vertes". Quid du nucléaire ? Le ministre des Affaire étrangères reconnaît que c'est une énergie "paradoxale", puisque le nucléaire "ne dégage pas de gaz à effet de serre". La France s'engage à passer de 75% d'électricité aujourd'hui issue du nucléaire à moins de 50%. Une difficulté qui demande "un effort massif". Il faudra développer le solaire, la biomasse ou encore l'énergie marine, liste le ministre. La France va "passer progressivement des énergies carbonées aux énergies décarbonées", explique-t-il. Pour cela, "il faut prendre des dispositions financières pour que ce qui est carboné soit pénalisé et que ce qui est décarboné soit avantagé". "La lutte contre le dérèglement climatique est une contrainte, mais aussi une source extraordinaire de croissance nouvelle, assure-t-il. Les énergies vertes vont créer des emplois". 

La question des réfugiés climatiques doit être posée

Laurent Fabius

Laurent Fabius a aussi évoqué le sort des pays pauvres, qui sont "les plus menacés" par le réchauffement climatique - citant les cas du Sénégal ou du Bangladesh. "C'est une question d'environnement, mais aussi de santé, de paix et de guerre, de nourriture", insiste-t-il. Interrogé sur l'opportunité de créer un statut de réfugié climatique, il répond que c'est un sujet "très compliqué" : "Où vont-ils aller ? Qui va les prendre en charge ? Combien cela va-t-il coûter ?", interroge le ministre, qui juge toutefois que "la question doit être posée". 

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