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"La pire copro de France" : le projet de transformation de la Tour Montparnasse à 800 millions d'euros rejeté après 10 ans de querelles

Sur la table depuis 2015, le projet de la vaste rénovation de la tour a été rejeté à plus de 76% par les copropriétaires. La Ville de Paris demande "qu'une solution alternative puisse être proposée.

Cette photographie montre la tour Montparnasse, à Paris, le 19 septembre 2025.

Crédit : Ludovic MARIN / POOL / AFP

La Tour Montparnasse "infernale" est devenue un sarcophage bourré d'amiantes

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William Galibert & AFP - édité par Fanny Rocher

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C'est l'histoire d'un vaisseau fantôme, de couloirs déserts et de 59 étages vides. Les copropriétaires de la tour Montparnasse ont rejeté ce mercredi 23 septembre, après d'âpres querelles, le lancement de la première phase de travaux du plus haut gratte-ciel de Paris, faisant tomber comme un château de cartes toute la suite de l'ambitieux projet de rénovation.


La résolution prévoyant "d'initier les travaux de rénovation par la signature d'un marché de désamiantage, curage, dépose partielle de façade" a été rejetée à plus de 76% par les copropriétaires de la tour Montparnasse. Or, cette assemblée générale était la dernière chance pour pouvoir lancer les travaux avant que le permis de construire accordé pour la rénovation de la tour de bureaux n'expire fin novembre.

Sur la table depuis 2015, la vaste rénovation prévoyait une métamorphose en tour vitrée avec terrasses arborées, accueillant hôtel, commerces et services, ainsi qu'une serre agricole sur son toit, pour un coût global de 800 millions d'euros.

Conflits internes

Le principal copropriétaire du gratte-ciel inauguré en 1973, LFPI (La Financière patrimoniale d'investissement) avait fait part en juillet de son opposition au projet, qu'il soutenait jusqu'alors, à cause de l'explosion du coût estimé et de tensions internes autour d'échanges de surfaces. L'été n'a pas suffi pour résoudre ce conflit interne et LFPI a été rejoint par d'autres poids lourds de la copropriété, dont MGEN et Axa, dans son opposition au projet de rénovation.

À écouter aussi

"Les conditions n'étaient pas réunies pour mettre en œuvre le permis tel que prévu" car "le projet ne pouvait pas aboutir" à cause de conflits internes, explique à l'AFP un porte-parole de la MGEN.

Un nouveau conseil syndical a aussi été formé, avec pour ambition de retravailler sur un projet de rénovation et de déposer un nouveau permis de construire, indique à l'AFP un copropriétaire qui vient d'entrer au conseil syndical. Il est aussi prévu de faire voter lors d'une prochaine assemblée générale le lancement des travaux de curage et désamiantage "pour ne pas laisser cette tour vide", indique ce copropriétaire. La rénovation se dirigerait donc vers des travaux bien moins ambitieux, de changement de façade, de mise en conformité, de désamiantage, et écarterait en revanche l'ajout d'une serre agricole sur le toit et d'un hôtel.

Je ne peux pas accepter qu'on jette à la rivière un projet travaillé pendant dix ans

Philippe Goujon, le maire LR du XVe arrondissement

En l'état actuel, le projet est "aux oubliettes", avec un impact aussi sur la rénovation du centre commercial au pied de la tour, déplore Frédéric Lemos, ex-président du conseil syndical du bâtiment et copropriétaire, qui est partie prenante dans le conflit interne. Il assure, dans un communiqué cosigné avec l'entrepreneur Xavier Niel et deux autres copropriétaires, ne pas "se résigner à enterrer la tour Montparnasse". "Nous souhaitons que l'ensemble des copropriétaires, les partenaires financiers et les pouvoirs publics puissent rapidement se retrouver pour examiner toutes les solutions permettant de transformer la Tour Montparnasse", ajoutent les quatre copropriétaires.

"Il faut que chacun revienne à la raison, je ne peux pas accepter qu'on jette à la rivière un projet travaillé pendant dix ans et qu'on laisse à l'abandon ce cœur de ville mondialement connu", a réagi auprès de l'AFP Philippe Goujon, le maire LR du XVᵉ arrondissement. Dans un communiqué, la Ville de Paris demande "qu'une solution alternative puisse être proposée afin d'éviter que le site ne reste durablement à l'arrêt".

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