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La France censure pour la première fois des sites web pour apologie du terrorisme

Le ministère de l'Intérieur a procédé au blocage administratif de plusieurs sites internet pour apologie du terrorisme. Il s'agit des premières applications de l'une des mesures les plus débattues de la nouvelle loi antiterroriste votée au mois de novembre par les députés.

Capture d'écran du site du ministère de l'Intérieur
Capture d'écran du site du ministère de l'Intérieur
Crédit : Interieur.gouv.fr
Benjamin Hue
Benjamin Hue

C'est la première application d'un des dispositifs les plus controversés de la loi antiterroriste. La France a procédé en fin de semaine dernière au blocage administratif de plusieurs sites web pour apologie du terrorisme. Parmi ces sites internet figure celui d'al Hayat Media Center, une branche du groupe État islamique chargée de sa communication, ou Jihadmin.com, qui propose des publications de Daesh en téléchargement. Tous sont catalogués par la place Beauvau comme "se livrant à l'apologie du terrorisme" et diffusant des images de décapitation et relayant la propagande et les discours d'EI. 

David Thompson, spécialiste de la mouvance islamiste et journaliste à RFIavait recensé un premier cas ce week-end. Celui du site Islamic-news.info, également inaccessible aujourd'hui. Lorsqu'un internaute situé en France tentait d'y accéder dimanche, il était redirigé vers le site du ministère de l'Intérieur. "Vous avez été redirigé vers ce site officiel car votre ordinateur allait se connecter à une page dont le contenu provoque à des actes de terrorisme ou fait publiquement l'apologie d'actes de terrorisme", pouvait-on alors lire sous un pictogramme représentant une main rouge.

Un blocage sans juge controversé

Le blocage administratif est l'une des mesures les plus débattues de la nouvelle loi antiterroriste votée au mois de novembre par les députés. Inscrite dans la loi depuis 2011, elle est encadrée par un décret depuis le mois de février. Ce dernier autorise une autorité administrative, en l'occurrence l'Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information et de la communication, de demander à des éditeurs et à des hébergeurs de sites sensibles le retrait de certains contenus illicites, sans bénéficier de l'autorisation d'un juge. Au-delà de 24 heures, cette autorité administrative peut exiger que les fournisseurs d'accès à internet bloquent l'accès au site concerné. Ce dispositif est jugé liberticide par les défenseurs des libertés en ligne, car une décision judiciaire n'est plus nécessaire pour censurer un site en ligne. 

Un site "pro jihad assez peu influent"

Pour l'heure, on ignore ce qui est précisément reproché au site Islamic-news.info. Sa consultation est rendue impossible par la place Beauvau qui ne motive pas sa décision. Le site se décrit comme un média d'information musulman qui se concentre en particulier sur les territoires dits "islamiques". Il "vise à fournir des analyses ciblées de thèmes récurrents afin de déceler le vrai du faux et ainsi contrer tout appareil de propagande". Il affirme jouir "d'une indépendance totale", n'obéir "à aucune logique politique" et rejette "tout lien avec des formations politiques, économiques, idéologiques, militaires ou philosophiques". Selon David Thompson, il s'agit d'un site "pro jihad assez peu influent".

Le premier blocage d'une longue série ?

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Fondateur et directeur technique d'OVH, l'hébergeur du site, Octave Kabla d'ores et déjà expliqué que son entreprise n'avait pas été prévenue du blocage par le ministère de l'Intérieur. La loi impose pourtant à l'autorité administrative de contacter l'hébergeur afin de lui laisser un délai de 24 heures pour qu'il retire lui-même les contenus illicites avant de procéder au blocage. L'éditeur et gestionnaire du site a quant à lui affirmé à NextImpact.com qu'il ne "se laisserait pas intimider" par ce blocage. Ce premier blocage pourrait être le premier d'une longue série. Lors de son audition au Sénat, l'Office central de lutte contre la cybercriminalité avait indiqué qu'une cinquantaine de sites web jihadistes était dans son viseur.

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