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Lundi 24 février 2014 : Marius Jacob

Alexandre Marius Jacob, anarchiste du début du XXè siècle, fut l'un des modèles dont s'inspira Maurice Leblanc pour son célèbre Arsène Lupin. Ce cambrioleur ingénieux à l'humour ravageur choisira de vivre dans " l'illégalisme pacifiste " avec sa bande : " Les Travailleurs de la Nuit ". Il créera sa propre étique du vol : on ne tue pas, sauf pour protéger sa propre vie, et on ne vole que les parasites (patrons, juges, clergé…) Il s'empoisonna en 1954, à l'âge de 74 ans, laissant derrière lui de nombreux admirateurs.

Jacques Pradel
Jacques Pradel Crédit : Elodie Grégoire

Vous trouverez ici l'édito de Jacques Pradel.


Marius Jacob, " anarchiste illégaliste " a fondé son groupe appelé " Les Travailleurs de La Nuit " à sa sortie de l'asile en 1900. Asile qu'il avait intégré un an auparavant après s'être fait passer pour fou et éviter la prison.
Les principes du groupe sont simples : on ne tue pas, sauf pour protéger sa vie et sa liberté, et uniquement des policiers ; on ne vole que les parasites, c'est-à-dire les patrons, les juges, les militaires, le clergé et jamais les professions utiles comme les architectes, les médecins ou les artistes.
 

Marius Jacob est le roi de l'astuce

Pour voir si les personnes qu'il projette de cambrioler sont chez elles, il coince des morceaux de papier dans leurs portes et passe le lendemain vérifier s'ils sont toujours en place. Il est aussi un as du déguisement. Autre astuce : il achète une quincaillerie et se fait livrer des mécanismes de coffres forts pour s'entraîner à les crocheter.
Mais sa plus belle invention reste " le coup du parapluie " : un trou dans le plancher de l'appartement du dessus, un parapluie fermé glissé dans le trou, ouvert ensuite par un système de ficelles, pour récupérer les gravats et éviter le bruit de leur chute !
 

Marius Jacob fait preuve de beaucoup d'humour et agit parfois de façon étonnante...

Il laisse parfois des messages, comme en février 1901 dans l'église Saint-Sever de Rouen :" Dieu des voleurs, recherche les voleurs de ceux qui en ont volé d'autres ". Un autre jour, alors qu'il cambriole la demeure d'un capitaine de frégate, il s'aperçoit soudain qu'il s'agit de celui de Pierre Loti et décide alors de tout remettre en place, en prenant soin de laisser un petit mot : " Ayant pénétré chez vous par erreur, je ne saurais rien prendre à qui vit de sa plume. Tout travail mérite salaire. Attila. P.S. : Ci-joint dix francs pour la vitre brisée et le volet endommagé ".
 

Marius Jacob commet entre 150 et 500 cambriolages sur la période de 1900 à 1903, à Paris, en province et à l'étranger.

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Le 21 avril 1903, une opération à Abbeville tourne mal. Marius Jacob et ses complices se font arrêter et sont jugés deux ans plus tard à Amiens. Marius Jacob n'est pas accusé de meurtre et échappe donc à la guillotine, mais est condamné à perpétuité au bagne de Cayenne.
 
Il revient en métropole, suite à la campagne d'Albert Londres contre le bagne. Marius Jacob purge don sa peine jusqu'en 1927. A sa libération, il s'installe dans l'Indre avec sa compagne Paulette et sa mère. Il évolue alors dans le milieu forain, où il trouve une générosité proche de celle des milieux anarchistes. En 1939, il achète une maison à Reuilly et se marie.

Impasse Marius Jacob, à Reuilly (Indre)
Impasse Marius Jacob, à Reuilly (Indre)


Marius Jacob va vivre entouré de camarades de discussions comme Pierre-Valentin Berthier, écrivain anarchiste ou encore R. Treno, le directeur du Canard Enchainé, jusqu'à son suicide le 28 août 1954.
Après s'être injecté de la morphine, il laisse derrière lui un ultime petit mot : " Linge lessivé, rincé, séché, mais pas repassé. J'ai la cosse. Excusez. Vous trouverez deux litres de rosé à côté de la paneterie. À votre santé "

Maurice Leblanc s'est inspiré de Marius Jacob pour créer son personnage d'Arsène Lupin en 1905

Arsène Lupin
Arsène Lupin


Invités : Charles Diaz, historien et contrôleur général de la Police Nationale ; Jean-Marc Berlière, historien et spécialiste de l’histoire de la police


Retrouvez les références des ouvrages cités dans cette édition de L'Heure du Crime :

"La nouvelle épopée des Brigades du Tigre" de Charles Diaz (Ed. Jacob-Duvernet)
"La nouvelle épopée des Brigades du Tigre" de Charles Diaz (Ed. Jacob-Duvernet)
"Naissance de la police moderne" de Jean-Marc Berlière (Ed. Tempus)
"Naissance de la police moderne" de Jean-Marc Berlière (Ed. Tempus)
"Liaisons dangereuses" de Jean-Marc Berlière et François Le Goarant de Tromelin (Ed. Perrin)
"Liaisons dangereuses" de Jean-Marc Berlière et François Le Goarant de Tromelin (Ed. Perrin)
"Alexandre Marius Jacob, Le forçat intraitable" de Jacques Colombat (Ed. Riveneuve)
"Alexandre Marius Jacob, Le forçat intraitable" de Jacques Colombat (Ed. Riveneuve)
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