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Lundi 19 mai 2014 : Nadir Sedrati, le dépeceur du canal

En 1999, des restes humains appartenant à deux personnes sont retrouvés dans le canal de Nancy. Après identification des victimes, deux anciens détenus sortis de prison quelques mois auparavant, les enquêteurs remontent jusqu'à une connaissance commune : Nadir Sedrati, escroc notoire et usurpateur hors pair, qui avait partagé la cellule des deux hommes retrouvés morts. Un troisième codétenu de Nadir Sedrati, disparu à sa sortie de prison, n'a jamais été retrouvé.

Jacques Pradel

Crédit : Elodie Grégoire

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L'édito de Jacques Pradel 2013 2014

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Bonjour à tous !

A la Une de L'Heure du Crime, une affaire de serial killer qui comporte encore aujourd’hui une part de mystère...
 
Cette affaire, c’est d’abord l’histoire d’un puzzle macabre. A Nancy, au printemps 1999, en l’espace de quelques jours, des pêcheurs à la ligne et des éclusiers du canal de la Marne au Rhin découvrent toute une série de débris humains : un pied droit… une tête… des morceaux de chair… un sexe d’homme… un pied gauche…
 
On pense d’abord que le cadavre a été déchiqueté par des hélices de bateau et qu’il s’agit du corps d’un suicidé ou de quelqu’un qui est tombé à l’eau par accident.
Mais l’expertise de l’institut médico-légal de Nancy révèle qu’il s’agit d’une affaire criminelle. Les membres ont été découpés avec un couteau et les os ont été sciés. La section criminelle du SRPJ de Nancy est chargée de l’enquête.
 
Le Commissaire Claude Godfrin, qui a dirigé cette enquête à l’époque, nous racontera comment, avec le concours déterminant des experts de police scientifique, il a pu interpeller un tueur en série soupçonné d’avoir tué au moins cinq personnes en quelques années…

Jacques Pradel


En avril 2002, Nadir Sedrati est jugé devant la Cour d'Assises de Meurthe et Moselle pour les assassinats, en 1999, de trois anciens codétenus rencontrés au centre de détention de Saint-Mihiel, dans la Meuse. Des crimes qu'il a toujours niés.
Il est également poursuivi pour falsification de documents administratifs. L'accusé aurait en effet endossé les identités de ses victimes pour toucher de l'argent grâce aux cartes bancaires volées.

De mai à novembre 1999, des restes humains avaient été remontés du canal de la Marne au Rhin, dans la région de Nancy. Deux victimes avaient pu être identifiées. Deux victimes pour lesquelles Nadir Sedrati se retrouve devant les Assises. Mais il est aussi jugé pour l'assassinat d'un troisième homme, également disparu à sa sortie de prison et dont le corps n'a jamais été retrouvé.
Le point commun entre ces trois affaires : Nadir Sedrati a usurpé, ou tenté d'usurper, l'identité des victimes.

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L'accusé clame pourtant son innocence. Selon lui, les crimes auraient été commis par plusieurs hommes dirigés par Hans Muller, un ancien codétenu allemand, à la tête d'un trafic de drogue. Et face à des preuves qui pourraient paraitre accablantes (la présence d'une broyeuse à végétaux et de cyanure de potassium à son domicile), Nadir Sedrati a toujours une explication.
Il affirme avoir rendu service à ses anciens codétenus en mettant à leur disposition son appartement de Laxou, dans la banlieue nancéienne et en achetant du cyanure de potassium et une broyeuse à végétaux, utilisée – selon lui – "pour les feuilles de haschisch ". Mais pour l'accusation, la broyeuse et le cyanure auraient été utilisés à des fins plus macabres.

Nadir Sedrati, "le dépeceur du canal"

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Par deux fois, Nadir Sedrati a échappé à des condamnations pour meurtre ou assassinat. En 1985, il est acquitté par la Cour d'Assises de Charente-Maritime du meurtre d'André Gachy, un enseignant à la retraite dont il avait usurpé l'identité. En 1994, il bénéficie, à Créteil, d'un non-lieu dans le cadre de l'enquête sur la disparition de Léon Krauss, un sexagénaire dont il avait aussi usurpé l'identité. Les corps de ces deux hommes n'ont jamais été retrouvés.

Mais concernant les dépecé du canal, la condamnation semble inévitable. Le 3 mai, il est condamné à la prison à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de 20 ans. Un verdict accueilli par Nadir Sedrati avec ces mots : " Je vous demande de bien réfléchir avant de commettre une erreur, je ne suis pas un assassin ".
 
 
Invités : Claude Godfrin, chef d’enquête au SRPJ de Nancy ; Jean-Christophe Erbstein, ancien journaliste à l'Est Républicain ; Gérard Welzer, avocat de Nadir Sedrati ; François Robinet, avocat de la famille de Gérard Steil, l'une des victimes de Nadir Sedrati

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