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Fiasco de l'Autolib' : comment en est-on arrivé là ?

ÉCLAIRAGE - Jeudi 21 juin, les élus des communes partenaires du service d'autopartage ont décidé de mettre fin au contrat passé avec le groupe Bolloré.

Un homme prend une Autolib' à Paris, le 2 octobre 2011 (illustration)
Un homme prend une Autolib' à Paris, le 2 octobre 2011 (illustration) Crédit : THOMAS SAMSON / AFP
Camille Schmitt
Camille Schmitt
Journaliste

Autolib' pourrait être en train de vivre ses dernières heures. Jeudi 21 juin, les élus des 103 communes partenaires du service d'autopartage ont décidé de mettre fin au contrat passé avec le groupe Bolloré. Un fiasco programmé sur fonds de batailles financières. 

Alors que le contrat devait courir jusqu’en 2023, la guerre est déclarée entre Anne Hidalgo et Vincent Bolloré. Par médias interposés, ils se sont renvoyés la responsabilité de la fin anticipée du contrat entre l’entreprise gestionnaire et le syndicat mixte Autolib' Vélib' Métropole (SAVM), chargé du suivi de la délégation du service Autolib'.

Vendredi 25 mai, les services financiers du groupe Bolloré ont fait parvenir à la mairie de Paris une lettre qui a fini de rompre la confiance entre les deux principaux acteurs du dossier. L'industriel breton a demandé aux communes desservies par les stations Autolib' de lui verser 40 millions d’euros par an, et ce jusqu’à la fin du contrat en 2023, pour combler le déficit du service Autolib'. La maire de Paris a rétorqué en mettant en cause le modèle même du groupe. “Le modèle Autolib' est sérieusement questionné […]. Il faut se projeter dans un nouveau modèle”, a-t-elle déclaré dans une interview aux Échos le 2 juin. 

Un déficit de 300 millions d’euros

Cette résiliation anticipée aurait un coût de près de 300 millions d’euros, d’après Vincent Bolloré. Le dernier plan d’affaires établi par son groupe en 2017 montre que le déficit cumulé pourrait atteindre 293,6 millions d’euros en 2023. 

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Si l'industriel n’est pas rentré dans ses chiffres, c’est qu’il n’avait pas prévu la concurrence des nouveaux moyens de transports. L’arrivée des vélos et des scooters en libre-service, l’essor des VTC et des services de covoiturages a réduit la part de clientèle captée par Autolib. D’autant plus que les prévisions de bénéfices de Bolloré reposaient sur un audit qui s’est révélé erroné. Alors que l’étude tablait sur des courses d’une moyenne de 50 minutes et 104 locations annuelles par abonné, les chiffres réels ont été plus faibles (37 minutes environ pour une course, et seulement 50 locations annuelles). 

Bolloré veut donc que les communes partenaires mettent la main à la poche pour combler le trou. Et il en a le droit. Le contrat établi entre le groupe et le syndicat en 2011 est clair sur ce point : le groupe Bolloré doit éponger ses dettes à hauteur de 60 millions d’euros, pas un sou de plus. Le reste doit être pris en charge par les collectivités. 

À qui la faute ?

Mais le SAVM ne compte pas payer : pour le syndicat, Bolloré n’a pas informé assez tôt les communes de sa situation financière, et a laissé entendre qu’il était capable de revenir dans le vert. Du côté du groupe, on estime que c’est l’inaction du syndicat mixte qui a mené à ce gouffre financier, en refusant de prendre des mesures pour réduire les dépenses. 

Maintenant que la résiliation est actée, cette bataille se réglera certainement “au tribunal administratif qui tranchera et décidera combien cela va coûter”, avait expliqué Marie Bolloré au Parisien le 18 juin.

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