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Faut-il verbaliser les voyageurs qui font trop de bruit dans les transports ? Il écope de 200 euros d'amende pour avoir regardé une vidéo sans ses écouteurs dans le RER

Un homme âgé de 27 ans a écopé d'une amende de 200 euros parce que le son de son téléphone était trop élevé dans le RER. Une verbalisation qui n'a rien d'"abusif", estime le président de la Fédération nationale des associations d'usagers des transports.

Des voyageurs sur le quai du RER à la station Gare du Nord à Paris, le 5 mai 2025.

Crédit : Eric Broncard / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

200 euros d'amende pour avoir regardé une vidéo sans écouteurs dans le RER : "Ce n'est pas abusif", estime François Delétraz

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Hortense Crépin & Antoine Decarne - édité par Alexian Giron

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Lakhdar raconte qu'il aime regarder des vidéos sur Instagram le matin, en se rendant au travail. Une habitude qui lui a récemment coûté, puisque les équipes de la SNCF ont récemment verbalisé le commercial de 27 ans durant son trajet en RER, en région parisienne : 200 euros d'amende pour de la musique trop forte. Au micro de RTL, le principal concerné assure qu'il n'avait plus de batterie dans ses écouteurs et qu'il regardait les vidéos sur son téléphone avec un son "peu élevé".

"Une équipe de la police ferroviaire est arrivée à mon niveau et m'a dit qu'on allait sortir à la prochaine station", raconte-t-il. "Ils sont arrivés vraiment brutalement, si je puis dire, sans prévenir, sans aucun avertissement préalable. Après ils m'ont mis une amende pour usage sonore excessif."

"200 euros c'est quand même presque deux fois une journée de travail en France, donc je suis encore un peu surpris par le montant", dénonce l'usager des transports en commun, qui compte "contester (l'amende) auprès du médiateur des transports". "Je vais m'en acquitter si bien sûr elle n'est pas contestable", précise-t-il. 

"Il faut contrer toutes les incivilités dès le début"

Contactée par RTL, la SNCF rappelle que ces agents peuvent verbaliser un passager pour assurer la tranquillité des autres voyageurs et lutter contre les incivilités. L'amende peut atteindre 200 euros si, comme ici, elle n'est pas payée immédiatement. Une situation qui est "assez régulière", estime François Delétraz, président de la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (Fnaut), invité de RTL. 

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Et une amende qui, pour lui, n'a rien d'"abusif". "Vous savez, le nombre d'incivilités qu'on peut avoir dans les transports en commun est quand même phénoménal", déplore François Delétraz. "Entre les gens qui mettent les pieds sur les sièges et les gens qui font des conversations téléphoniques avec haut-parleurs et que tout le wagon entend... À un moment, ce n'est plus possible. Les gens ont le droit de voyager tranquillement et ils n'ont pas à écouter ou la musique ou les conversations des autres."

"Il y a énormément de verbalisation pour incivilité", conclut-il. "Et nous, on encourage la SNCF, la RATP et les autorités dans les villes à verbaliser le plus possible pour que la moindre incivilité en entraîne une autre. Donc, il faut contrer toutes les incivilités dès le début. C'est le seul moyen pour que les gens n'aient pas un ressenti d'insécurité dans le train ou dans les métros." 

"Dans les espaces et véhicules affectés au transport public de voyageurs ou de marchandises, il est interdit à toute personne de faire usage, sans autorisation, d'appareils ou instruments sonores, ou de troubler la tranquillité d'autrui par des bruits ou des tapages", stipule le Code des transports. L'amende peut aller jusqu'à 750 euros.

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