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Dieudonné : une longue liste d'affaires judiciaires

ÉCLAIRAGE - Après avoir dit qu'il se sentait "Charlie Coulibaly", l'humoriste Dieudonné comparaîtra devant le tribunal correctionnel pour "apologie du terrorisme". Habitué des tribunaux, il a souvent été condamné, et quelques fois relaxé.

Dieudonné, le 11 janvier 2014.
Dieudonné, le 11 janvier 2014.
Crédit : AFP
James Abbott
James Abbott

Placé mercredi 14 janvier en garde à vue dans le cadre d'une enquête pour apologie du terrorisme après avoir dit qu'il se sentait "Charlie Coulibaly"puis renvoyé devant le tribunal correctionnel, le polémiste Dieudonné n'en est pas à son premier fait d'armes. Avec ses propos controversés, il a souvent été rappelé à l'ordre par la justice. Mais il a parfois été relaxé, notamment lorsqu'il avait déjà été poursuivi pour "apologie du terrorisme" en 2004.

Ses affaires en cours

En plus de cette nouvelle "affaire", Dieudonné est toujours sous le coup d'une enquête pour sa vidéo intitulée "le feu Foley", jeu de mots douteux faisant référence au journaliste James Foley décapité par des jihadistes.

Par ailleurs, il devrait comparaître le 28 janvier 2015 à Paris pour ses propos à l'encontre du journaliste Patrick Cohen qui lui ont valu une mise en examen pour "provocation à la haine raciale". Un huissier a également porté plainte contre lui en février 2014. Il accuse l'humoriste de lui avoir tiré dessus au flash-ball à l'entrée de son domicile en Eure-et-Loir. 

Ses condamnations

S'il a souvent été condamné par la justice, l'humoriste l'a été pour diverses raisons. En 2013, jugé pour des propos "antisémites", il écope de 28.000 euros d'amende pour des vidéos qu'il avait publiées. Il avait notamment transformé la chanson Chaud cacao d'Annie Cordy en Shoah Nanas.

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En 2005, évoquant "l'exploitation du souvenir de la Shoah" et ses commémorations, le polémiste dénonce une "pornographie mémorielle" dans une interview. Des propos que le tribunal estime "diffamatoires envers la communauté juive" et qui lui vaudront 7.000 euros d'amende en septembre 2007. Un jugement confirmé en appel le 26 juin 2008. De plus, la cour d'appel de Paris confirme en novembre 2007 une condamnation de l'humoriste à 5.000 euros d'amende pour avoir comparé les "juifs" à des "négriers".

Il a également été condamné le 13 juin 2006 par le tribunal correctionnel de Paris à 3.000 euros d'amende pour avoir déclaré que l'animateur Arthur finançait l'armée israélienne "qui n'hésite pas à tuer des enfants palestiniens". Toutefois, la cour d'appel de Riom (Puy-de-Dôme) a aussi condamné Arthur pour "injures publiques" à l'encontre de Dieudonné traité alors de "dernière des pourritures" par l'animateur.

Candidat dans la deuxième circonscription d'Eure-et-Loir à Dreux aux élections législatives de 2012, il a également été déclaré inéligible pour trois ans par le Conseil constitutionnel en 2013 pour ne pas avoir déposé de compte de campagne dans le délai légal.

Ses relaxes et procès gagnés

En garde à vue mercredi 14 janvier, ce n'est pas la première fois que Dieudonné lance des propos polémiques autour du terrorisme. Il avait été poursuivi pour "apologie du terrorisme" en 2004 pour avoir déclaré "Ben Laden restera dans l'histoire, sa notoriété est internationale et indiscutable. Pour moi c'est le personnage le plus important de l'histoire contemporaine. Il est seul face à la plus grande puissance du monde". Pour ces propos, il a été relaxé par la cour d'appel de Paris.

Il a également été entendu par la justice pour avoir imité un colon juif criant "Isra-Heil" à la télévision. Il a également relaxé en première instance, en appel et en cassation de 2004 à 2007

Dieudonné a aussi remporté des procès qu'il avait intentés. Il a notamment fait condamner les municipalités de Genève (Suisse) en 2010 pour lui avoir refusé la location d'une salle, et de La Rochelle en 2012 pour l'annulation en 2009 d'un de ses spectacles. 

Ses interdictions de spectacles

En janvier 2014, tous les projecteurs sont braqués sur l'humoriste, alors qu'il lance sa tournée nationale intitulée Le Mur. Le 9 janvier devait être la première date de cette tournée, mais un arrêté préfectoral interdit la tenue du spectacle au Zénith de Nantes.

Le matin même de la représentation, il est finalement autorisé à se produire par le tribunal administratif de Nantes, avant que le Conseil d'État saisi en urgence par Manuel Valls dans les heures qui ont suivi la décision n'interdise la tenue du spectacle. "Une victoire pour la République" s'était réjoui le ministre de l'Intérieur de l'époque. 

Après une autre interdiction à Tours, quelques jours plus tard par une décision similaire de la haute juridiction administrative, l'humoriste a abandonné son spectacle et annulé sa tournée.

Ses ennuis avec le fisc pourraient le conduire en prison

Dès octobre 2012, Dieudonné est dans la ligne de mire du fisc. La justice décide de mettre en vente une partie du patrimoine de l'humoriste controversé afin de permettre au fisc de recouvrir 887.000 euros d'impôts impayés. Le 10 juillet 2014, il a été mis en examen pour fraude fiscale, blanchiment et abus de biens sociaux à Paris.

De plus, une peine de 150 jours-amende à 150 euros a été requise à l'encontre de Dieudonné en novembre 2014. Une peine de jours-amende implique que le condamné voie sa peine transformée en emprisonnement s'il ne s'acquitte pas de la totalité de l'amende, soit 22.500 euros. L'humoriste est poursuivi pour avoir lancé un appel aux dons sur internet pour payer ses amendes. La décision a été mise en délibéré au 16 janvier. La loi punit le fait d'ouvrir ou d'annoncer publiquement des souscriptions ayant pour objet d'indemniser des amendes prononcées par des condamnations judiciaires.

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