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À Calais, des barbelés avec des lames de rasoir pour sécuriser le site d'Eurotunnel

Pour faire face aux tentatives d'intrusion de migrants, la sécurité du site Eurotunnel a été renforcée. Suscitant un certain malaise parmi les salariés.

Des migrants tentent de traverser des barbelés pour atteindre le site d'Eurotunnel à Coquelles, près de Calais (illustration)
Des migrants tentent de traverser des barbelés pour atteindre le site d'Eurotunnel à Coquelles, près de Calais (illustration)
Crédit : AFP PHOTO / PHILIPPE HUGUEN
Charlie Vandekerkhove & AFP

Il est utilisé en terrain de guerre, pour protéger les bases militaires, et dans les prisons. Le fil barbelé concertina, muni de lames de rasoirs, est de plus en plus utilisé sur le site d'Eurotunnel. Pour limiter les tentatives d'intrusions de migrants, qui espèrent rejoindre l'Angleterre, la sécurité du site a été renforcée. 

"On a augmenté de manière drastique le barbelé dit concertina, employé par les forces de l'Otan, avec des lames de rasoir", raconte Philippe Vanderbec, représentant syndical CGT et conducteur de train sur le site, interrogé par l'AFP.

"L'entreprise a mis des grandes barrières pour protéger les plateformes", explique-t-il. "On est en train de sécuriser un maximum les voies de départ par des grilles qui viennent d'Angleterre, de 5 mètres de hauteur, du grillage très épais, pour éviter qu'il soit découpé. C'est impressionnant", souffle le conducteur.

Un dixième décès sur le site

Comme en témoigne Philippe Vanderbec, le malaise grandit, parmi les salariés du site, à mesure que la sécurité augmente. "Aujourd'hui, le moral est complètement en berne. Psychologiquement c'est compliqué. Voir des graves accidents, jusqu'à la mort, on n'est pas formé pour", dénonce le conducteur. Pendant la journée, les CRS veillent sur la sécurité du site, remplacés le soir par la gendarmerie mobile.

Sur le site, un dixième décès de migrant est à déplorer. Des chiffres qui font froid dans le dos, comparés aux autres années. Philippe Vanderbec se souvient qu'en 2002, lors d'une autre grosse vague migratoire, en provenance notamment du Kosovo, il y avait eu une dizaine de blessés en un an.

Aujourd'hui on est dans un camp de guerre.

Philippe Vanderbec, conducteur de train sur le site d'Eurotunnel
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"Ce sont des gens qui fuient des conflits, la guerre, et ils se retrouvent au bout de leur périple à Calais, sur le site Eurotunnel. Nous, pour nous protéger, pour pouvoir assurer correctement un service, nous sommes en train de nous décliner en camp retranché. Aujourd'hui on est dans un camp de guerre", renchérit le salarié, qui se dit dépassé par la misère à laquelle il est confronté chaque jour.

"C'est dramatique", lâche le représentant syndical. "On est face à des gens qui sont déterminés pour obtenir le Saint-Graal, une liberté, ils cherchent quelque chose de l'autre côté qui est important à leurs yeux et ils se mettent en danger." 

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