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Brexit : le fog tombe vraiment sur la Grande-Bretagne

ÉDITO - Les Anglais votent ce jeudi 8 juin pour renouveler le Parlement, dans un climat économique qui s'assombrit.

Le Royaume-Uni déclenchera la procédure du Brexit le 29 mars 2019.
Le Royaume-Uni déclenchera la procédure du Brexit le 29 mars 2019.
Crédit : JUSTIN TALLIS / AFP
Brexit : le fog tombe vraiment sur la Grande-Bretagne
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Brexit : le fog tombe vraiment sur la Grande-Bretagne
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François Lenglet & Loïc Farge

La star de l'économie européenne depuis plusieurs années, avec une croissance solide et un chômage zéro, perd de son éclat. Au premier trimestre, le Royaume-Uni a eu une croissance deux fois plus faible que la nôtre. Ça n'était pas arrivé depuis très longtemps. L'investissement des entreprises faiblit, L'inflation remonte, sauf dans l'immobilier, qui est le thermomètre habituel de l'économie britannique, où les prix ont commencé à se retourner, après il est vrai une extraordinaire ascension.

Tout cela pourrait compliquer le mandat du vainqueur du scrutin de ce 8 juin, ou plutôt de la vainqueure, puisque la patronne des conservateurs, Theresa May, est en tête dans les sondages. Ce n'est pas le Brexit qui explique cette retombée. Le Brexit n'a encore joué qu'à la marge, peut-être en retardant certains projets d'investissements, de la part d'entreprises qui s'interrogent sur les possibilités d’exporter, à l’avenir, en Europe. Mais il n'a eu jusqu'ici qu'un impact très marginal.

La raison principale de ce ralentissement, c'est la pause dans le cycle anglo-saxon qui, comme toujours, est en avance sur celui de l'Europe continentale. D'ailleurs, on voit l'Amérique ralentir elle-aussi, comme toujours de façon synchrone avec l'Angleterre. Il faut quand même dire que la croissance des dernières années  n'a pas été pas si mauvaise. Depuis la crise, il y a presque dix ans, le Royaume-Uni a vu son PIB progresser de 14%, alors que ce n'est que de 8% en France sur la même période.

Vers un "no-deal Brexit" ?

D'où vient l'inflation ? C'est le Brexit qui a provoqué une baisse de la livre sterling de 12 à 15%. Comme les Anglais achètent énormément à l'extérieur de leurs frontières, ils importent avec une monnaie dévaluée. Ils payent donc leurs produits plus cher en livres. Du coup, bon nombre d'entreprises ont eu recours à une méthode originale pour compenser cela. Au lieu d'augmenter leurs prix, ils ont diminué les quantités. Le chocolat suisse Toblerone, par exemple, vend désormais des barres de 150 grammes, au lieu de 170, sans changement de prix apparent. D'autres industriels de la consommation ont fait le même choix, pour les chips ou les produits apéritifs. Mais l'indice des prix traduit évidemment ces augmentations déguisées. L'inflation est à +3% chez les Anglais, contre 1% chez nous.

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Où en le Brexit ? C'est le bazar total. Avant même que les négociations ne commencent vraiment, les positions se radicalisent de part et d'autre de la Manche. Les Européens veulent maintenant que Londres paie 60 à 100 milliards d'euros pour solde de tout compte, ce qui hérisse évidemment les Britanniques. L'ampleur de la tâche commence à apparaître. Il va falloir que la Grande-Bretagne renégocie près de 700 traités commerciaux avec plus de cent pays. 

Une œuvre titanesque. Au point que certains Britanniques éminents, anciens responsables de la politique économique, évoquent aujourd'hui la possibilité d'un "No-deal Brexit", c'est-à-dire d'une sortie de l'Europe sans accord avec l'Europe, qui sécuriserait le cadre des échanges. L'Angleterre serait alors plongée dans un brouillard épais qui obscurcirait les perspectives économiques du pays.

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