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Brevet 2026 : découvrez les sujets de l'épreuve écrite de français

Plus de 850.000 collégiens ont passé ce vendredi 26 juin l'épreuve écrite de français du brevet, nouvelle formule. Les candidats ont planché sur des exercices de grammaire, une dictée et une rédaction dans des conditions assouplies en raison des fortes chaleurs.

Des collégiens passent l'épreuve du brevet au collège Chaptal à Paris, le 26 juin 2025. (Illustration)

Crédit : Thibaud MORITZ / POOL / AFP

Athénaïs Cornette de Saint Cyr

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La première épreuve brevet s'est déroulée malgré la canicule. Plus de 850.000 candidats ont planché ce vendredi 26 juin sur l'écrit de français. L'examen a été maintenu, mais dans des conditions assouplies en raison des fortes chaleurs qui touchent la France. 


Des aménagements ont été mis en place. Des pauses ont été autorisées par les responsables de centres d'examen et les conditions d'accès aux toilettes ont été assouplies.

Si le brevet n'est pas obligatoire pour passer au lycée, il connaît de multiples changements cette année. Pour la session 2026, l'examen passe de 50 à 60% de la note finale et le contrôle continu prend désormais en compte les notes de 3e, et non plus la maîtrise d'un "socle commun" de connaissances et compétences sur l'ensemble du cycle 4 (5e, 4e, 3e).

L'épreuve du brevet de français compte pour 100 points et se déroule en trois parties : 
Partie 1 (1h10) : analyse d'un texte littéraire avec des questions de compréhension, de grammaire et éventuellement l'étude d’une image.
Partie 2 (20 min) : dictée.
Partie 3 (1h30) : rédaction.

Partie 1 : Grammaire et compétences linguistiques – Compréhension et compétences d’interprétation

Pour la partie 1 de l’épreuve du brevet de français, les candidats ont dû tester leurs facultés de compréhension et d'interprétation en répondant à 10 questions à partir de plusieurs ressources : 

"Tout à coup je saisis mon fusil, prêt à tirer. J’avais l’impression qu’un homme avait bougé, là, en face de moi.
Étais-je victime d’une illusion des sens ? Je ne voyais rien, mais j’étais sûr qu’un homme était là.
Je bandais toutes mes facultés (1). J’aurais crié de frayeur. Je ne voyais rien, je n’entendais rien, je ne percevais rien.
J’attendis longtemps.
Le sang me montait à la tête. Je sentais mon cour battre. La vue, l’ouïe, le flair, tout commençait à me faire mal tellement ma tension était aiguë.
J’étais sûr qu’il était là.
Des gouttes de sueur me coulaient entre les omoplates.
Il était si proche qu’il devait m’entendre respirer puisque je m’entendais respirer, moi. Comme moi, il devait être saisi.
Je m’attendais à recevoir un coup de feu d’une seconde à l’autre.
Rien.
Toujours rien.
Rien. 
Au bout d’un long moment, j’osai bouger. Je collai mon oreille au sol. Rien. Attention. Rien. Mais si... J’entends comme un bruit d’herbe froissée... On s’approche en rampant... Ils doivent être deux ou trois... Alors, je pousse un soupir de soulagement. S’ils viennent, si je les entends, le danger est moins proche que je ne le croyais, je ne suis plus en tête à tête dans le noir avec cet ennemi invisible dont j’ai cru deviner la présence, là, en face de moi, si près, si près que je craignais qu’il ne perçoive mon souffle. Les autres peuvent venir, je les attends, prêt à tirer.. et c’est alors que concentrant toute mon attention sur mon index placé sur la gâchette, c’est alors que je me rends compte que ma main tremble nerveusement et que ce bruit d’herbe foulée, que je prenais pour l’approche de deux ou trois Allemands rampant imperceptiblement vers moi, était causé par la pointe de ma baïonnette (2) à qui le tremblement nerveux de la main, transmis par la longueur de mon fusil, faisait décrire un va-et-vient d’une certaine amplitude parmi les herbes folles où cette pointe était engagée.
- Pauvre Blaise, me dis-je, en me détendant, tu as eu une sacrée frousse (3) !
Et à l’instant même me partit en plein visage un coup de feu qui, si j’avais porté barbe ou moustache, m’eût roussi le poil. Et ce fut une galopade (4) de bottes. Je tirai deux coups de fusil en direction de cette galopade et lançai quelques grenades, dont une grosse à manche, dans le petit bois.
...Et la belle nuit sereine reprit son cours..."

L'Homme foudroyé (1945) de Blaise Cendrars 

Photogramme du film Les Sentiers de la gloire, Stanley Kubrick, 1957.

Crédit : Stanley Kubrick

Photographie du film Les Sentiers de la gloire de Stanley Kubrick (1957).

Partie 2 : Dictée

Les futurs lycéens ont ensuite du faire leur preuve sur leurs compétences grammaticales et orthographiques avec une dictée, toujours à partir d'un texte de Blaise Cendrars. 


"La peur de mourir. Jamais je n’ai vu quelqu’un avoir aussi peur de ça que Faval. Il en devenait extravagant et tout le monde se moquait de lui et le faisait marcher. Mais lui, comprenant très bien que les camarades lui jouaient des mauvais tours ou lui montaient des bateaux pour lui faire peur, ne se mettait jamais en colère et continuait à avoir peur, une peur bleue. C’était un être très simple, voire fruste. Il avait les jambes courtes et trapues, un torse démesuré et puissant, des bras formidables, une petite tête, pas de front, une tignasse de violoniste et des yeux souriant avec une candeur enfantine. C’était un être d’une force musculaire prodigieuse, sans aucune méchanceté et qui croyait tout ce qu’on lui disait."

D’après Blaise Cendrars, L’Homme foudroyé, "Dans le silence de la nuit" (1945).

Partie 3 : Rédaction

L'épreuve de français s'est terminée avec un sujet d'imagination ou de réflexion : 

Sujet d’imagination
"Quand je rentrai au campement, avant le lever du jour, les hommes me dirent : - Dis donc, caporal, tu nous as fait une belle peur, cette nuit. Qu’est-ce qui t’est arrivé ?" 
Le narrateur leur fait alors le récit de sa nuit en masquant sa peur et en se présentant sous un jour héroïque. Vous raconterez cette scène.
Votre récit pourra comporter des dialogues. Votre rédaction comportera 35 lignes au moins.

Sujet de réflexion
Qu’apporte au lecteur ou au spectateur la découverte d’œuvres qui se déroulent à une autre époque ? 
Vous présenterez votre réflexion dans un développement argumenté et organisé. Vous illustrerez votre propos à l'aide d'exemples issus de vos lectures et de votre culture artistique personnelle (cinéma, peinture, bande dessinée, …). Vous pouvez vous appuyer également sur le texte de Blaise Cendrars. 
Votre texte comportera 30 lignes au moins.

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