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Bébés échangés : "J'avais un doute, on ne m'a pas écoutée" dit une mère

REPLAY INTÉGRAL - Deux filles ont été confondues dans une maternité de Cannes en 1994. Mardi 10 février, un jugement devrait clore cette histoire rocambolesque. Sophie Serrano, la mère, s'est confiée sur "RTL" lundi.

Un nouveau-né dans une maternité (illustration)
Un nouveau-né dans une maternité (illustration)
Crédit : PHILIPPE HUGUEN / AFP
Bébés échangés : "J'avais un doute, on ne m'a pas écouté" dit une mère
06:07
Yves Calvi & James Abbott

Ce mardi 10 février 2014 se clôt, au tribunal de Grasse (Alpes-Maritimes), le dernier chapitre d'une histoire hors du commun. Il y a 20 ans, dans une clinique de Cannes, la fille de Sophie Serrano a été échangée avec la fille d'une autre mère. Ce n'est qu'une dizaine d'années plus tard qu'elle découvre n'avoir aucun liens biologiques avec sa fille Manon. Ceci ne l'a pas empêchée de ressentir des liens forts avec elle.

"Notre relation est plus que fusionnelle, confie Sophie. On a tellement eu peur de se perdre l'une et l'autre qu'on a eu conscience de l'amour qu'on se porte. Je ne crois pas que les liens du cœur soient plus forts que les liens du sang, je pense qu'ils se valent. Il n'y a aucune différence ni dans mon cœur, ni dans la fratrie. Il n'y a pas besoin du même sang pour se sentir de la même famille."

J'avais un doute, elle avait plus de cheveux, mais personne ne m'a écouté

Sophie Serrano, mère d'un bébé échangé

Quant à sa fille biologique qui est dans une autre famille, elle y pense encore mais n'est plus vraiment en contacts avec elle. "Je l'aime aussi instinctivement, c'est ma fille , mais ce n'est pas évident."

Sur le moment, à la maternité de Cannes en 1994, Sophie Serrano avait ressenti un "doute", mais cela n'avait entraîné aucune vérification plus approfondie que cela selon elle. "À ce moment, j'ai un doute, dit-elle. Je m'aperçois qu'elle a plus de cheveux, révèle-t-elle. Ça m'interpelle et je le fais savoir, mais malheureusement on ne m'écoute pas. L'infirmière qui me ramène mon bébé, elle ne m'entend pas, elle ne s'alarme pas."

Une négligence qui ne devrait pas exister dans un métier avec autant de responsabilités

Sophie Serrano, mère d'un bébé échangé
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Au même moment dans la même maternité, deux mamans avaient émis des doutes, mais il n'y a eu aucune suite. "On ne peut pas mettre de mots, se lamente-t-elle. C'est de la négligence qui ne devrait pas exister dans un métier avec autant de responsabilités, on n'a pas le droit de faire de telles erreurs."

La défense de la clinique a également choqué les familles, qui a déclaré que les deux mères auraient dû insister. "C'est un coup bas, juge-t-elle. C'est très petit de leur part, je culpabilise de ne pas avoir insisté, c'est mettre un couteau dans la plaie c'est moche. C'est inestimable ce qu'on nous a fait. Il a bien fallu que les avocats mettent un chiffre, je n'aurai pas pu le mettre. On ne demande pas des milliards pour avoir des milliards."

La clinique se défend en remettant en cause notre instinct maternel

Sophie Serrano, mère d'un bébé échangé

Aujourd'hui, Sophie Serrano et sa fille Manon ont toutes deux "hâte" que tout cela "finisse". "On est fatiguées de toutes ces procédures. On se sent mis en cause, la clinique se défend en remettant en cause notre instinct maternel, je suis systématiquement dans l'obligation de me justifier."

"Donc j'aimerai bien que le jugement permette de dire que c'est nous les victimes, et que ce n'est pas à nous de rendre des comptes."

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