2 min de lecture Attentats en France

À Marseille, la faible mobilisation pour l'hommage aux victimes des attentats interroge

Entre 45.000 et 60.000 personnes ont défilé à Marseille, une mobilisation moins importante que dans d'autres villes. Plusieurs raisons sont avancées par les habitants pour expliquer cette modeste affluence.

Le vieux-port était tout de même noir de monde dimanche 11 janvier 2015.
Le vieux-port était tout de même noir de monde dimanche 11 janvier 2015. Crédit : ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
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La moindre mobilisation à Marseille lors de la marche républicaine interroge le préfet de police des Bouches-du-Rhône, qui dit espérer que ce chiffre "ne dise pas tout". Deux manifestations ont eu lieu samedi et dimanche à Marseille, qui ont rassemblé respectivement selon la police 45.000 et 60.000 personnes, soit, en tenant compte des personnes qui ont défilé deux fois, une mobilisation de 80.000 à 90.000 personnes, a estimé Jean-Claude Bonnetain lors d'un point de presse.

"C'est moins que dans d'autres villes de moindre importance démographique. Je le relève, je ne l'analyse pas", a-t-il ajouté. "J'espère que ce chiffre à lui seul ne dit pas tout de la mobilisation des Marseillais autour des valeurs de notre République", a-t-il encore estimé. À titre de comparaison, la marche républicaine de dimanche a rassemblé 110.000 à Grenoble, 140.000 à Bordeaux ou 300.000 à Lyon, autant de villes moins peuplées que Marseille, la deuxième ville de France.

Plusieurs explications avancées par les habitants

Dans la cité phocéenne, les responsables de la communauté musulmane se sont étonnés de la faible mobilisation. Dans la cité Félix Pyat, l'une des plus défavorisées de la ville, plusieurs arguments tendent à expliquer cette modeste affluence. Absence de culture de la manifestation, refus de se justifier d'actes qu'ils condamnent, crainte de la stigmatisation et parfois même la thèse d'un complot ourdi contre les musulmans figurent ainsi parmi les raisons avancées par certains habitants du quartier, rapporte le correspondant de RTL à Marseille.

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Dans la cité Félix Pyat, l'une des plus défavorisées de la ville, plusieurs arguments tendent à expliquer cette modeste affluence Crédit Média : Etienne Baudu | Durée : | Date :

Le terrorisme, "bombe à fragmentation sociale"

"Le terrorisme est deux fois dévastateur", a encore estimé Jean-Claude Bonnetain : "Par les faits eux-mêmes, et par l'effet produit sur nos sociétés". "C'est une arme de destruction massive, une bombe à fragmentation sociale", a jugé le préfet de police.

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Il s'exprimait au côté du lieutenant-colonel Denis Cochet, délégué militaire départemental adjoint, pour présenter les mesures qui vont être mises en place dans le Bouches-du-Rhône après les attentats commis la semaine dernière.

Outre la soixantaine de militaires déjà déployés dans la ville dans le cadre du plan Vigipirate, ce sont au total 210 militaires supplémentaires qui vont surveiller des lieux publics dès mardi à Marseille, a précisé le colonel Cochet, évoquant "une présence massive des forces militaires dans la ville, avec un matériel qu'on n'est pas habitués à voir".

Des blindés à Marseille

En particulier, certains de ces militaires se déplaceront --d'un point à un autre, pas pour des patrouilles-- dans de petits véhicules blindés de transport, a-t-il ajouté.

L'enjeu n'est pas de figer le pays, c'est de lui permettre de vivre

Jean-Claude Bonnetain
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Ces hommes, en coordination avec la police et les gendarmes, auront notamment pour mission de surveiller 24 heures sur 24 les 59 lieux de culte et la vingtaine d'écoles juifs du département -situés dans leur très grande majorité à Marseille.

"Si la menace se déplaçait vers d'autres lieux, on adapterait le dispositif", a assuré M. Bonnetain, évoquant notamment le cas des mosquées dont certaines ont été dégradées depuis les attentats. "L'enjeu n'est pas de figer le pays, c'est de lui permettre de vivre", a-t-il conclu.

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