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Attentats de Paris : "Dans une cellule terroriste, ceux qui montent au front ont besoin de petites mains", explique Alain Bauer

REPLAY / ANALYSE - Alain Bauer est professeur en criminologie au Conservatoire national des Arts et Métiers. Malgré l'efficacité de l'enquête menée par les autorités, il appelle à ne pas se réjouir trop vite.

Des membres de l'État islamique (photo d'illustration).
Des membres de l'État islamique (photo d'illustration).
Crédit : TAUSEEF MUSTAFA / AFP
Attentats de Paris : "Dans une cellule terroriste, ceux qui montent au front ont besoin de petites mains", explique Alain Bauer
03:32
Charlie Vandekerkhove
Journaliste

Depuis les attentats de vendredi soir à Paris, qui ont fait au moins 129 morts, les interpellations se sont multipliées, jusqu'à celles de ce mercredi 18 au matin, effectuées à la suite de l'assaut du RAID dans un appartement de Saint-Denis. Depuis, on a l'impression que l'enquête est allée très vite. Pour Alain Bauer, professeur en criminologie au Conservatoire national des Arts et Métiers, les investigations ont surtout été très bien menées. "Comme toujours dans ces cas-là", explique l'analyste. "La France est connue pour la qualité de son renseignement initial, sa réaction après un événement, et là le renseignement a été fait par la police judiciaire, qui a remonté une enquête avec des méthodes éprouvées, et elle a donné des résultats."

Comme l'explique le criminologue, les résultats de ce travail se comptent à la fois en termes de perquisitions, depuis l’instauration de l’état d’urgence, et en termes d’efficacité, avec le suivi de la piste de la troisième équipe, celle qui avait en fait été annoncée par le communiqué de l’État islamique. Ce communiqué, comme le rappelle Alain Bauer, dit "nous avons attaqué le Stade de France", c’est effectivement le cas, "le 10ème arrondissement", c’était le cas, "le 11ème arrondissement"  et "le 18ème". Or, "dans le 18ème il ne s’est rien passé, une voiture a été retrouvée", rappelle le criminologue. "L’État islamique a dit que 8 opérateurs avaient agi, 7 avaient été retrouvés, il y en avait donc un qui manquait à l’appel et à partir de là une vraie enquête a permis de donner de vrais résultats", estime-t-il.

Tous ceux qui montent au front ont besoin de chauffeurs, d’armuriers, de faussaires, de petites mains qui gèrent ce type d’opération et qui aident la première équipe, puis une deuxième, puis une troisième

Alain Bauer, criminologue

Les enquêteurs sont donc remontés jusqu'à cet appartement de Saint-Denis, assailli dès 4h30 ce mercredi. On sait désormais que les terroristes impliqués étaient bien plus nombreux que les 8 cités dans le communiqué. Sans doute au moins le double, comme l'explique Alain Bauer : "Une cellule terroriste, c’est des opérateurs et du support, de la logistique, du soutien. Donc tous ceux qui montent au front ont besoin de chauffeurs, d’armuriers, de faussaires, de petites mains qui gèrent ce type d’opération et qui aident la première équipe, puis une deuxième, puis une troisième. On ne peut pas faire disparaître sa base logistique en même temps qu’on fait disparaître des opérateurs, surtout pour une organisation qui n’a pas vocation à commettre un attentat mais plusieurs."

Abdelhamid Abaaoud se met en scène, c'est un agent mobile

Alain Bauer, criminologue

À la suite de l'assaut, sept nouvelles interpellations ont eu lieu ce mercredi. Mais cela ne doit pas donner l'impression que l'affaire est réglée. D'autant que la cible de cette opération, Abdelhamid Abaaoud, ne semble pas faire partie des personnes interpellées. Soupçonné d'être le cerveau des attentats de Paris, il est recherché depuis longtemps et semble avoir échappé plusieurs fois aux autorités. "Le 8 octobre, les renseignements militaires et les renseignements extérieurs avaient tenté d’éliminer Monsieur Adaaoud directement à Raqqa (en Syrie, ndlr)", rappelle Alain Bauer. Selon le criminologue, cela montre sa grande mobilité. "Il avait été repéré en Grèce par son téléphone, puis à Verviers (en Belgique, ndlr) juste après les attentats. Il se met en scène, c’est un agent mobile, un envoyé spécial du jihad, il faut le prendre en considération." Le criminologue appelle donc à ne pas "se précipiter" et se réjouir trop vite. 

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