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Attentats à Paris : Samy Amimour, de l'enfance banale à la radicalisation

REPLAY - Le 13 novembre, le jeune homme de 28 ans a semé la mort au Bataclan, ceinture d'explosifs autour du corps, une Kalachnikov à la main. Itinéraire d'un enfant perdu de la République.

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Attentats à Paris : Samy Amimour, de l'enfance banale à la radicalisation Crédit Image : JACQUES DEMARTHON / AFP | Crédit Média : Cindy Hubert | Durée : | Date : La page de l'émission
Cindy Hubert et Loïc Farge

Samy Amimour a grandi à Drancy, en Seine-Saint-Denis. Sa famille habite toujours là, à moins de 50 mètres de la mairie, dans un joli petit immeuble en briques. Le 13 novembre, quand les images d'horreur ont envahi les écrans, une mère n'arrive pas à dormir au troisième étage. "Et si c'était mon fils ?" L'angoisse se confirme. Lundi matin, la police défonce la porte de l'appartement. "Le petit Samy" s'est fait exploser au Bataclan. Tout le monde dans le quartier a son visage en tête : un regard noir, des traits fins.

Ce qui frappe, c'est que ses anciens copains et ses profs se souviennent d'abord d'un gamin poli, gentil. "Trop timide même pour être embauché à la cantine". Le bac en poche, le jeune homme devient chauffeur de bus à la RATP.

Son père était allé le chercher en Syrie

La famille n'est pas religieuse. Le premier a avoir prié à la maison, c'est Samy. Et encore, "il priait en cachette", racontent ses amis. Son père a travaillé dans le cinéma, stagiaire de Claude Chabrol. Sa mère, elle, est ultra-laïque, féministe. Elle travaille comme auxiliaire de vie à l'école. Bref, résume le maire de Drancy, "la famille Amimour, ce n'est pas la famille Merah".

C'est un peu impuissant que ses parents l'ont vu sombrer dans l'islam radical, raconte Marika, la meilleure amie de sa mère. "Il n'y a eu aucun soupçon. Cela leur est tombé comme ça sur la tête . On a du chagrin et du regret. On se dit : pourquoi ne les a-t-on pas aidés ? La question se pose à vie", dit-elle.

En 2013, le fils adoré annonce qu'il part quelques jours dans le sud de la France. Ce sera en fait la Syrie

Cindy Hubert
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Samy Amimour est de plus en plus fasciné par les vidéos de prédicateurs sur Internet. Il donne l'accolade aux salafistes. Le jeune homme veut que sa mère porte le voile. Il jette les poissons et l'aquarium du salon à la poubelle. Pas conforme au Coran. Un jour de septembre 2013, le fils adoré annonce qu'il part quelques jours dans le sud de la France. Ce sera en fait la Syrie. Direction la région Alep.

Ce qui est incroyable dans cette histoire, c'est que c'est son père, 67 ans, qui va décider d'aller le chercher là-bas par ses propres moyens. Azzedine ne fait plus confiance aux services de renseignements. Car avant cela, Samy Amimour a déjà tenté d'aller faire le jihad. C'était en 2012, un an avant, au Yémen cette fois. Les autorités l'avaient interpellé à temps. Depuis, le jeune homme était surveillé. Mais cela ne l'a pas empêché de repartir à nouveau.

Son père se dit alors qu'il n'y a plus que lui pour tenter de le sauver dans le maquis syrien. Mais une fois sur place, l'homme qu'il a en face de lui n'est plus son fils. Froid, endoctriné. Le père revient seul à Drancy.

Beaucoup de ratés

Il y a décidément beaucoup de ratés dans cette histoire. D'abord comment ce jeune, connu pour être un islamiste radical, a-t-il pu partir en Syrie alors qu'il était fiché et qu'on lui avait confisqué son passeport ? Ses parents disent avoir découvert que Samy Amimour s'était tout simplement fait refaire une carte d'identité, en faisant une déclaration de perte. Comment est-ce possible ? Ensuite, comment a-t-il pu revenir en France alors qu'il faisait cette fois l'objet d'un mandat d'arrêt international ?

Son père voudrait comprendre. Il a l'impression d'avoir été bien seul à tenter d'empêcher ce drame. C'est ce qu'il a expliqué à Aziz Amouri, journaliste au Point, qui a pu le rencontrer. L'homme est "hanté" par les images du massacre au Bataclan. "Il m'a demandé comment il pouvait exprimer sa peine et ses condoléances aux familles de victimes car les mots ne sont pas assez forts", raconte-t-il. Ses larmes sont pour l'instant pour ces 89 victimes. Ce père n'est pas sûr qu'il sera capable un jour de pleurer celui qui a été son fils.

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