3 min de lecture Attentats à Paris

Attentats à Paris : Hasna Aït Boulahcen, qui est la kamikaze présumée de Saint-Denis ?

Les services de renseignement auraient remonté la piste d'Abdelhamid Abaaoud par Hasna Aït Boulahcen, sa "cousine", soupçonnée de s'être fait exploser mercredi à Saint-Denis lors de l'assaut des forces de l'ordre.

L'immeuble de Saint-Denis où la kamikaze présumée s'est fait exploser, mercredi 18 novembre 2015
L'immeuble de Saint-Denis où la kamikaze présumée s'est fait exploser, mercredi 18 novembre 2015
Julien Quelen
Julien Quelen
Journaliste RTL

La présence d'Abdelhamid Abaaoud à Paris était une hypothèse exploitée grâce à plusieurs pistes et notamment celle menant à Hasna Aït Boulahcen. Cette femme, âgée de 26 ans, avait été mise sur écoute par les enquêteurs en raison de ses liens avérés avec le commanditaire des attentats de Paris qui l'appelait "cousine", sans que l'on sache pour le moment si de véritables liens familiaux unissent les deux personnages. 

Quoi qu'il en soit, Hasna Aït Boulahcen pourrait être la première femme kamikaze à sévir sur le sol européen, même si l'identité de celle qui a actionné son gilet explosif face aux forces armées du RAID n'a pour le moment pas été établie avec certitude. Le corps retrouvé après l'explosion permet tout de même d'identifier clairement une femme qui a échangé quelques mots avec les policiers avant de mettre fin à ses jours. 

Entre Creutzwald, en Moselle, et Aulnay-sous-bois, en région parisienne

Née à Clichy-la-Garenne, dans le département des Hauts-de-Seine, Hasna Aït Boulahcen a un parcours encore trouble, même s'il peut d'ores et déjà être rallié à plusieurs points d'attache entre l'Île-de-France et la Moselle. La kamikaze présumée de Saint-Denis, élevée par sa mère, résidait plutôt en région parisienne où elle exerçait une profession dans le BTP, à Epinay-sur-Seine, jusqu'en 2012. La jeune femme de 26 ans se rendait cependant régulièrement en Moselle, dans la commune de Creutzwald, où son père, parti depuis 6 mois au Maroc, possédait un appartement.

Dans cette petite commune de moins de 14.000 habitants, plusieurs personnes, qui disent ne plus l'avoir croisée depuis plusieurs années, se souviennent d'elle avant sa radicalisation. "Elle rigolait, elle aimait la vie, elle parlait à tout le monde, tout le voisinage la connaissait, elle était un peu extravertie", raconte ainsi une jeune femme anonyme dans le reportage de France 2. Alors que les différents témoignages permettent d'estimer à plus ou moins 5 ans sa dernière visite en Moselle, Hasna Aït Boulahcen a bien disparu des radars en 2013, selon Le Républicain lorrain, qui révèle que la jeune femme avait été cette année là nommée gérante de Beko Construction ; une entreprise située à Epinay-sur-Seine, inactive depuis deux ans.

Une perquisition en cours au domicile de sa mère

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Pour le moment, le parquet de Paris n'a pas confirmé que Hasna Aït Boulahcen était bien la kamikaze de Saint-Denis. L'identification, en raison de l'état du corps après l'explosion, pourrait d'ailleurs ne pas aboutir dans de courts délais. Néanmoins, les signes de sa radicalisation sont affirmés avec certitude par plusieurs sources qui citent directement des publications de la jeune femme sur les réseaux sociaux. Selon le média belge La Dernière Heure, Hasna Aït Boulahcen aurait à plusieurs reprises fait l'apologie du jihad et de Hayat Boumeddiene sur ses comptes Facebook et Twitter. Le 11 juin dernier, elle aurait ainsi posté sa photo légendée d'une phrase mal orthographiée mais explicite : "Jver biento aller en syrie inchallah biento depart pour la turkie".

Ce jeudi, alors que plusieurs perquisitions sont en cours en Belgique et en Île-de-France, L'Express a révélé que la domicile de la mère de la présumée kamikaze est actuellement fouillé par les enquêteurs. Une source proche de l'enquête a indiqué qu'une perquisition était en cours rue Edgar-Degas au domicile de la mère à Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis. La jeune femme était revenue vivre sous  son toit il y a six mois. 

"Tout le quartier est bouclé par la police. Ils ne laissent entrer et sortir personne. La rue Edgar-Degas en particulier est complètement bouclée", a affirmé à l'AFP un habitant de la cité des 3000, qui a souhaité garder l'anonymat. Dans l'immeuble d'Aulnay où la mère de la jeune femme vit avec ses autres enfants, la kamikaze présumée avait été encore vue il y a une dizaine de jours.  

"Il y a trois semaines, elle a décidé de partir vivre chez une amie à elle qui vit à Drancy (Seine-Saint-Denis). Mercredi matin, j'allume ma télé et j'apprends qu'elle se donne la mort", a expliqué son frère. Des investigations ont par ailleurs été menées mercredi soir à Creutzwald (Moselle), où le père de la kamikaze présumée habite toujours, a-t-on appris jeudi de source proche du dossier. "Aucune interpellation ni saisie" n'a eu lieu lors de cette intervention, selon cette source.

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