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Pourquoi le FMI critique aujourd'hui la mode néo-libérale

ÉDITO - Le Fonds monétaire international se met à critiquer le libéralisme économique. Une conversion pour le moins inattendue.

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Pourquoi le FMI critique aujourd'hui la mode néo-libérale Crédit Image : Damien Rigondeaud | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet et Loïc Farge

C’est même une sorte de mea culpa, paru dans le dernier numéro de la revue du Fonds monétaire international sous la forme d’un article intitulé Le néolibéralisme a-t-il été surestimé ? Le FMI a été justement le promoteur, dans la plupart des pays de la planète, de la libéralisation de l’économie et du rétrécissement de la sphère de l’État. Il l’a imposé, en contrepartie de prêts financiers, depuis les années 1980.

Et voilà que trente ans plus tard, le Fonds nous explique que deux éléments de la politique libérale ont en réalité des "conséquences négatives" : la libre-circulation des capitaux, qui permet aux investisseurs internationaux d’acheter et de vendre sans contraintes des titres financiers, et la recherche de l’équilibre budgétaire à tout prix.

La libéralisation des capitaux provoque des crises financières, parce qu’elle soumet les pays aux foucades des investisseurs, explique le FMI. Tantôt ils sont prêts à prendre des risques démesurés et créent une bulle financière ; tantôt ils sont paniqués par leurs propres outrances, et ils stoppent tout financement, ce qui provoque de violents à-coups dans la croissance et le chômage du pays en question.

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Une bonne politique pratiquée au mauvais moment, c’est une mauvaise politique

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Quant à la consolidation budgétaire, elle peut avoir des effets négatifs sur la croissance, nous dit le Fonds. On n’avait pas attendu le FMI pour le voir. Il suffisait d’observer la Grèce qui, à force de politiques d’austérité stupides, a littéralement détruit son économie, ce qui a pour effet d’interdire son redémarrage.

Mais si les avis sur les politiques à conduire changent aussi radicalement, ça veut quand même dire que tout cela n’est pas très sérieux. C’est vrai qu’en économie, il y a des modes idéologiques. Elles se suivent et se contredisent. Les grands organismes ont été libéraux ; ils le sont beaucoup moins aujourd'hui, après la crise.*

En bonne logique, il faudrait pouvoir emprunter à telle ou telle école, selon les cas, selon les circonstances, plutôt que de se conformer strictement à une doctrine. Car tout dépend du timing : une bonne politique pratiquée au mauvais moment, c’est une mauvaise politique.

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