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Marché automobile : la part du diesel désormais sous la barre des 40% des ventes

ÉDITO - Les ventes de voitures diesel en France continuent de chuter inexorablement. L'augmentation des taxes sur le gazole et les irrégularités supposées de Volkswagen ont joué un rôle dans cette hystérie.

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Marché automobile : la part du diesel désormais sous la barre des 40% des ventes Crédit Image : AFP / Archives, PHILIPPE HUGUEN | Crédit Média : François Lenglet | Durée : | Date : La page de l'émission
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François Lenglet et Loïc Farge

Sur les quatre premiers mois de l'année 2018, les moteurs diesel ne représentent plus que 40% des ventes, selon les chiffres du Comité des constructeurs français. Alors que c'était encore 47% l'année dernière. Et si l'on remonte à 2012 (ce n'est pas si loin 2012), les voitures diesel étaient à 73% des ventes.

Cela veut dire qu'en cinq ans, les ventes de diesel ont été divisées par deux. Et encore, la moyenne de 40% n'est-elle atteinte que grâce aux flottes d'entreprises, où l'essence est très minoritaire. Pour les ventes aux automobilistes particuliers, le diesel ne compte plus que pour un quart des ventes.

Chez nous l'augmentation des taxes sur le gazole a probablement joué, qui a réduit l'avantage économique du diesel. Mais il est sûr que les malversations supposées des constructeurs - Volkswagen au premier chef - pour dissimuler l'ampleur véritable de la pollution de leurs véhicules diesel ont joué. Cela a donné un coût d'arrêt aux ventes dans toute l'Europe.

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Ajouté à cela, les projets de plusieurs grandes villes pour limiter ou même interdire la circulation des diesels, les annonce de certains constructeurs eux-mêmes (Nissan, Toyota, Volvo) qui vont bannir ces motorisations de leur offre. Nous sommes dans une phase d'hystérie anti-diesel.

Le diesel est devenu le diable absolu

C'est parti comme un feu de brousse, lorsqu'on a découvert les manipulations des constructeurs. Et du coup, le diesel est devenu le diable absolu. On a oublié qu'au plan du CO2, les émissions du diesel sont bien moindres que celles de l'essence, même si les performances ne sont pas aussi flatteuses que le prétendaient les fabricants de véhicule.

Elles sont certes moins bonnes que celles d'un véhicule électrique, pourvu que l'électricité utilisée ne soit pas faite avec des énergies fossiles (pétrole ou charbon) comme en Chine. Sinon, le bilan carbone est tout aussi mauvais que celui d'un véhicule classique.

Et si vous prenez en compte tout le cycle de vie de la voiture, de la construction au recyclage, vous obtenez des résultats bien plus mauvais. Parce que la seule construction d'une voiture électrique nécessite deux fois plus d'énergie qu'un véhicule classique, à cause de la batterie.

Excès dans les louanges de l'électrique

L'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) va même jusqu'à dire, dans son rapport publié en 2016, que "sur l'ensemble de son cycle de vie, la consommation énergétique d'un véhicule électrique est globalement proche de celle d'un véhicule diesel". Un comble ! L'avantage écologique d'une voiture électrique par rapport à un moteur thermique n'est manifeste qu'au-delà de 100.000 kilomètres, selon l'agence. Et c'est sans compter les autres dégradations environnementales.

Pour fabriquer les batteries, il faut ce qu'on appelle des "métaux rares" : le cobalt, par exemple, qui est extrait du sous-sol africain dans des conditions dévastatrices pour l'environnement. Vue sous cet angle, la technologie dite "verte" du moteur électrique ne fait que déplacer la pollution.

Elle la réduit dans nos centres-ville pour la développer dans les mines lointaines où l'on extrait ces métaux rares. Tout comme il y a de l'abus dans la stigmatisation du diesel, il y a de l'excès dans les louanges que nous adressons à l'électrique.

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2018-05-09 09:58:00
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