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Bébés morts à Chambéry : "On a gâché nos vies", accusent les parents qui portent plainte

"On a saisi la justice pour qu'ils trouvent ce qu'il s'est passé. Il y a une faille dans le système", explique l'un des parents d'un des trois bébés morts à Chambéry, Laurent, qui a porté plainte.

La maternité de Chambéry, le 4 janvier 2014.
La maternité de Chambéry, le 4 janvier 2014. Crédit : AFP
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et AFP

Les parents des nourrissons morts contaminés par des poches alimentaires ont porté plainte contre l'hôpital de Chambéry pour que "ça n'arrive plus jamais", tandis que le gouvernement a annoncé samedi 4 janvier le retrait des lots de poches mises en cause dans cet "accident gravissime". Les trois nourrissons, dont deux prématurés, étaient hospitalisés dans le service de réanimation néonatale de l'hôpital. Ils sont morts les 6, 7 et 12 décembre à la suite d'une dégradation brutale de leur état général. Un quatrième, qui présentait des symptômes identiques, a pu être sauvé in extremis. Les trois familles des nourrissons morts ont déposé plainte pour homicide involontaire contre l'établissement.

"On ne veut pas qu'on nous plaigne", explique Laurent, père de Chloé, première victime de cette bactérie meurtrière. "On a saisi la justice pour qu'ils trouvent ce qu'il s'est passé. Il y a une faille dans le système, il faut absolument qu'ils trouvent cette faille pour que ça n'arrive plus jamais", explique-t-il. "C'est quand même étrange qu'il ait fallu attendre quatre cas avant qu'ils comprennent qu'il y avait quelque chose de grave", pointe pour sa part Antoine, père de Milie. "Ce qui m'étonne, c'est que suite au décès de Chloé, ils n'aient pas pensé à tout analyser", ajoute-t-il.

D'autres décès ?


Jonathan, père de Théo, affirme lui ne pas en vouloir à l'hôpital dont le personnel a fait "tout ce qu'il a pu". Mais les parents aimeraient savoir s'il existe d'autres décès liés à ces poches contaminées, dont ils ne connaissent pas le fabricant. Selon eux, elles venaient d'un lot de 137 poches, dont 102 ont été détruites ou utilisées. Lorsque l'origine de l'infection a été découverte, les analyses ont montré que "les six poches qui restaient à l'hôpital de Chambéry étaient toutes contaminées", affirme Antoine.

"On a gâché nos vies"


La petite Chloé est née le 28 octobre 2013 après six mois de grossesse. "On l'avait dans les bras tous les jours. Elle ouvrait les yeux, souriait, nous reconnaissait", se souvient Laurent, son père, âgé de 37 ans. "Elle évoluait bien, avait bien pris niveau poids", ajoute la mère, Maud, 37 ans également, les larmes aux yeux. Née à 750 grammes, Chloé pesait 1,85 kg un peu plus d'un mois plus tard. Le 6 décembre vers 20h30, son état se dégrade pourtant brutalement. Elle meurt trois heures plus tard.

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Même scénario pour Théo, fils de Jonathan et Sophie, tous deux âgés de 27 ans. "Tout allait bien, il respirait seul pendant les soins", raconte Jonathan. Né le 1er décembre, il mourra le 7, après "avoir lutté pendant deux jours", raconte Sophie. "On a gâché nos vies", lâche-t-elle.

"Elle respirait de mieux en mieux"


Milie, le troisième nourrisson décédé le 12 décembre, avait elle été hospitalisée à Chambéry en raison d'insuffisances respiratoires. "Elle n'était pas prématurée mais elle devait être intubée car elle avait du mal à respirer toute seule", raconte son père, Antoine, 41 ans. Peu avant sa mort brutale, son état s'était amélioré: "elle respirait de mieux en mieux", souligne-t-il. "Ils ont installé cette poche en début de soirée, elle est morte à minuit", ajoute-t-il.

"Aucun autre élément grave"


La ministre de la Santé Marisol Touraine a assuré que "tous les lots" de poches de nutriments mises en cause avaient été "retirés". Le parquet de Chambéry a ouvert une enquête, indiquant samedi qu'il ne communiquerait plus sur ce dossier avant la semaine prochaine au plus tôt. Ce n'est que quelques jours avant Noël, après qu'un quatrième nourrisson eut réchappé in extremis à la mort, que les parents apprendront la cause du décès de leurs enfants. Des poches de nutriments, servant à les alimenter par perfusion, étaient contaminées par une bactérie, leur a expliqué l'hôpital.

"Il n'y a plus dans les hôpitaux de produits semblables à ceux qui ont été utilisés à Chambéry", a affirmé Mme Touraine samedi. "Je n'ai connaissance d'aucun autre élément grave, accident grave qui aurait pu être provoqué par l'utilisation de produits similaires", a ajouté la ministre.

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