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Bébés morts à Chambéry : Marette conteste les accusations de Marisol Touraine

Pour l'avocat du laboratoire normand mis en cause dans l'affaire des bébés décédés à l'hôpital de Chambéry (Savoie), les propos de la ministre de la Santé relevaient "de la fantaisie".

Matthieu Lemaire, avocat du laboratoire Marette mis en cause dans l'affaire des bébés de Chambéry. Ici le 24 janvier 2014 à Caen.
Matthieu Lemaire, avocat du laboratoire Marette mis en cause dans l'affaire des bébés de Chambéry. Ici le 24 janvier 2014 à Caen. Crédit : AFP / CHARLY TRIBALLEAU
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"Imputer une quelconque responsabilité au laboratoire Marette relève de la fantaisie alors qu'une instruction est en cours", a expliqué, ce mercredi 5 février, Me Matthieu Lemaire, s'appuyant sur le rapport de l'Agence régionale de santé (ARS), diligenté à la suite de ces décès suspects.

"A l'examen du rapport de l'ARS établi le 22 janvier 2014, ces affirmations [de la ministre] apparaissent infondées, confinent à la désinformation du public et des familles endeuillées et à la diffamation du laboratoire Marette", a poursuivi l'avocat. Dans une déclaration à la presse le 24 janvier, Marisol Touraine avait estimé que "l'hypothèse la plus probable était aujourd'hui celle d'un accident de production isolé sur le site de Marette".

Des questions soulevées dans le rapport restent en suspens

Lors de la conférence de presse de Marisol Touraine, le directeur général de la santé, Benoit Vallet, avait estimé que l'hypothèse d'un "accident de production isolé" était renforcé par le fait que les poches incriminées dans les décès de Chloé, Théo et Milie survenus les 6, 7 et 12 décembre à l'hôpital de Chambéry, avaient toutes été produites le 28 novembre "dans une période de temps limitée, en fin de journée".

Or, dans le rapport de l'ARS, l'avocat a relevé plusieurs points qui, estime-t-il, posent question. Ainsi, le service de néonatologie de l'hôpital a été "totalement désinfecté" le 13 décembre "alors qu'aucun prélèvement n'a été réalisé préalablement" et que, de ce fait, "toute preuve éventuelle d'origine environnementale permettant d'expliquer l'émergence du gêne incriminé" dans les décès "a donc été détruite".

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Par ailleurs, les poches étaient stockées dans un réfrigérateur non conforme, à "usage ménager", "interdisant la traçabilité de la température". Or, poursuit l'avocat, dès le 20 décembre, le réfrigérateur a été remplacé par un neuf "sans qu'aucun prélèvement n'ait été réalisé préalablement".

Enfin, le centre hospitalier de Chambéry n'a été inspecté par l'ARS "qu'à compter du 7 janvier 2014, soit un mois après les premiers décès et alors que le service avait été entièrement aseptisé", a déploré Me Lemaire. Pour "tirer toutes les leçons" du drame, la ministre avait annoncé le lancement d'une double mission confiée à l'Inspection générale des affaires sociales (Igas), qui devrait rendre son rapport fin mai.

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