2 min de lecture Portrait

Qui est Madame de Staël, qui fait son entrée à La Pléiade ?

Deux siècles après sa mort, Germaine de Staël fait une entrée remarquée dans la prestigieuse collection de La Pléiade. Portrait d'une fille des Lumières et de la Révolution qui a marqué son époque.

Madame de Staël (1766-1817)
Madame de Staël (1766-1817) Crédit : NAMUR-LALANCE/SIPA
Christophe Guirard et AFP

Si la collection de Gallimard n'a admis qu'une douzaine de femmes dans son histoire, l'arrivée dans La Pléiade de Germaine de Staël semble cependant une évidence, tant son influence fut importante sur son époque. Elle y rejoint ainsi Marguerite Yourcenar, Virginia Woolf, Madame de Sévigné, Nathalie Sarraute, George Sand, Madame de Lafayette, Marguerite Duras, Colette, les trois soeurs Brontë, Thérèse d'Avila et Jane Austen.

Madame de Staël fut, de son vivant, la femme la plus célèbre d'Europe et a littéralement révolutionné la pensée de son temps avec ses écrits. Née à Paris en 1766, fille du Genevois Jacques Necker, ministre des Finances de Louis XVI, Mme de Staël (le nom de son mari Erik Magnus de Staël-Holstein, ambassadeur de Suède à Paris) côtoie dès son enfance, dans le salon de sa mère, Suzanne Curchod, tout ce que le siècle compte de gens de lettres et du monde. Diderot, D'Alembert, Buffon font partie des invités du salon. "Chacun de s'extasier sur l'enfant de la maison", rapporte l'universitaire britannique Catriona Seth, spécialiste du siècle des Lumières.

À lire aussi
Dusty Rose, mannequin transgenre parti à la conquête de New York genre
Dusty Rose, le mannequin transgenre qui se rêve en Victoria's Secret

En 1788, son premier livre est consacré à Rousseau. Durant les premiers mois de la Révolution, "elle côtoie le pouvoir, influence des décisions et prend part, dans l'ombre, aux intrigues, à défaut de siéger dans les assemblées officielles ou de détenir un portefeuille régalien". La jeune femme croit "en un avenir plus juste"... avant de déchanter. En exil à Londres et en Suisse, elle revient à Paris en mai 1795.

Fidèle aux idées libérales, opposée à Napoléon

Son roman "Delphine" est marqué par le deuil de la société idéale qu'elle a entrevue au début de la Révolution. Mais, femme libre, comme en témoigne notamment sa vie amoureuse, elle restera toujours fidèle aux idées libérales. Benjamin Constant, qui fut l'un de ses amants, a été publié pour la première fois dans La Pléiade en 1957. Le volume qui lui est consacré sera réédité à l'occasion de la parution de celui dédié à Madame de Staël.

Elle sera logiquement l'ennemie de Napoléon même si, rappelle Catriona Seth, "les premières conquêtes de Bonaparte l'ont enthousiasmée". Mise au ban de l'Empire, elle est reçue dans toutes les capitales européennes comme une souveraine de la littérature et de la liberté. "De son vivant et bien au-delà, Staël s'attire des réactions passionnelles de tout ordre", écrit Catriona Seth. Jusqu'à sa mort à 51 ans, il y aura 200 ans le 14 juillet prochain, elle ne cessera pourtant d'écrire.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Portrait Littérature Napoléon
Pour ne rien manquer
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7788175627
Qui est Madame de Staël, qui fait son entrée à La Pléiade ?
Qui est Madame de Staël, qui fait son entrée à La Pléiade ?
Deux siècles après sa mort, Germaine de Staël fait une entrée remarquée dans la prestigieuse collection de La Pléiade. Portrait d'une fille des Lumières et de la Révolution qui a marqué son époque.
http://www.rtl.fr/girls/identites/qui-est-madame-de-stael-qui-fait-son-entree-a-la-pleiade-7788175627
2017-04-17 16:45:00
http://media.rtl.fr/cache/oUQiHrFt6j9spMJVC9iXBA/330v220-2/online/image/2017/0417/7788175750_madame-de-stael-1766-1817.jpg