Taxis contre UberPOP : les dirigeants d'Uber ont une "attitude cynique et arrogante", déclare Bernard Cazeneuve

REPLAY / INVITÉ RTL - Le ministre de l'Intérieur explique que l'entreprise Uber "se croit au-dessus des lois".

Bernard Cazeneuve, invité de RTL, le 26 juin 2015 >
Bernard Cazeneuve dénonce "le cynisme et l'arrogance" des dirigeants d'Uber Crédit Image : Alice Beckel / RTL.fr | Crédits Média : RTL | Durée : | Date :
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Le conflit entre les taxis et UberPOP est monté d'un cran, jeudi 25 juin. 3.000 chauffeurs de taxis en colère ont bloqué plusieurs villes en France afin de dénoncer la "concurrence sauvage" de l'application Uber et de son service UberPOP. Sept policiers ont été blessés et 70 véhicules dégradés.

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve déclare qu'"aucune violence ne peut être acceptée. Ce qui s'est passé hier n'est pas acceptable. Nous sommes dans un état de droit et nul ne peut accepter la violence. Et nul ne peut être en infraction avec toutes les règles et poursuivre une activité sans se faire attraper par la République et la justice. Et là aussi, nous serons intraitables".

Une critique du modèle économique d'Uber

Le ministre prévient les dirigeants d'Uber que "le phénomène de poursuites de ceux qui sont à l'origine de ces infractions" va être "amplifié". Il dénonce "une attitude cynique et arrogante". Il s'agit d'une entreprise qui a "40 milliards de chiffre d'affaires qui est en pleine mondialisation et notamment celle du numérique. Elle considère parce qu'elle se croit au-dessus des lois en raison de cette puissance en situation de développer des activités complètement archaïques". 

C'est ce qui existait avant que le droit social ne protège les salariés

Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur

Le ministre de l'Intérieur critique la société qui met "des chauffeurs dans des voitures qui leurs appartiennent en prélevant 24% sur les commissions qu'ils perçoivent, en les mettant dans la situation d'être en contravention avec toutes les règles de droit y compris celle de droit pénal, sans que les chauffeurs et la société ne s'acquittent de la moindre cotisation sociale et ne paye le moindre impôt, le tout relevant de l'économique sous-terraine et clandestine, dans sa formule chimiquement la plus pure. Si ça c'est la modernité, ça c'est l'état de la jungle. C'est ce qui existait avant que le droit social ne protège les salariés".

Une mise en garde envers les propos tenus par les dirigeants

À tous les acteurs qui défendent Uber et UberPOP et qui sont "parfois les mêmes à s'être opposé à la loi Macron", soutenir une activité qui encourage l'économie souterraine, la clandestinité, l'évasion fiscale et la fraude aux cotisations sociales, c'est une manière de modernité qui ne relève pas de la conception que j'ai que doit être l'économie moderne, régulée et respectueuse du droit. Nous avons une stratégie de communication de la part des dirigeants d'Uber (…) Nous sommes dans un état de droit et le droit passera. Ceux qui utilisent ses provocations doivent savoir qu'en appelant à la poursuite d'une activité illégale, ils se mettent eux-mêmes en situation d'infraction pénale".

Ces déclarations incitent les acteurs économiques ou des individus à poursuivre une infraction pénale

Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur

Le ministre de l'Intérieur explique que la plainte déposée est "suffisamment générale pour pouvoir couvrir ce type de déclarations. Ces dernières sont des déclarations qui incitent les acteurs économiques ou des individus à poursuivre une infraction pénale".

Vers une dissolution d'UberPOP ?

François Hollande a demandé "la dissolution" d'UberPop, "déclaré illégal". "Les moyens existent en droit. Si le ministre de l'Intérieur décidait de la dissolution de tout ce qui est illégale, il y aurait de nombreux acteurs pour rappeler la nécessité du juge judiciaire. C'est à lui de procéder à la dissolution d'une activité illégale. Il y a des procédures en cours, elles sont entre les mains des procureurs et juges. Je n'ai pas à dire où elles en sont, mais la police judiciaire enquête rapidement.", rappelle Bernard Cazeneuve.

Un conseiller du secrétaire d'État aux Transports, Grégoire Kopp, a été recruté par Uber, le 12 juin dernier. "Je n'aurais pas fait le choix d'aller dans cette entreprise. Dans la vie, il faut avoir quelques principes solides et une cohérence. Je considère que l'économie va avec le droit, le respect des principes, la protection sociale et la concurrence loyale. La République doit rattraper ces acteurs (...) Je ferai tout pour que ce soit le cas avec la plus grande détermination, fermeté et le sens du dialogue", estime Bernard Cazeneuve.

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2015-06-26 08:08:00
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