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STX : 5 questions pour comprendre le dossier des chantiers de Saint-Nazaire

ÉCLAIRAGE - Le dossier des chantiers de Saint-Nazaire agite Bercy et les relations franco-italiennes. Le point pour y voir plus clair.

Bruno Le Maire, ministre de l'Économie
Bruno Le Maire, ministre de l'Économie
Ceciledeseze75
Cécile De Sèze
Journaliste RTL

La décision est prise. Bruno Le Maire l'a annoncé lors de sa conférence de presse ce jeudi 27 juillet : l'État va nationaliser la société STX de manière "temporaire". Une décision qui coûtera "environ 80 millions d'euros" à la France et qui ne va pas plaire à l'Italie. Depuis plusieurs jours, un bras de fer s'est engagé entre Paris et Rome concernant le rachat de la société de construction navale. 

Un dossier complexe dont les enjeux dépassent l'aspect purement économique de la France. L'Italie accuse le gouvernement Macron de la traiter "moins bien que les Coréens" et place le thème de "l'européisme" et des "valeurs libérales" au cœur du débat. Les tensions sont tenaces et la dernière décision du côté français ne va rien arranger. Le dossier STX est complexe. Il faut remonter au rachat par la Corée du Sud pour comprendre aussi pourquoi l'Italie se sent snobée. 

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1 - Qu'est-ce que STX France ?

STX France est la branche européenne de la société sud coréenne STX. Ce sont les anciens Chantiers de l'Atlantique, ou chantiers de Saint-Nazaire, soit le dernier grand constructeur de navires en France. Un fleuron de l'industrie de l'Hexagone qui a produit des paquebots aussi monumentaux que prestigieux. 

On peut notamment citer le Normandie, le France, le Queen Mary 2 ou encore le Harmony of the Seas. Reconnu pour son savoir-faire dans les produits de luxe, sont carnet de commandes est complet jusqu'en 2026.

2 - Qui possède STX France ?

En 2006, le groupe sud-coréen, STX Offshore & Shipbuilding, rachète la société qui est alors détenue à 33,34% par l'État français et à 66,66% par STX. En faillite, le géant sud-coréen décide alors de mettre en vente sa branche française, en octobre 2016.

STX France cherche donc un repreneur. L'an dernier, un plan a été concocté avec l'Italien Fincantieri. Mais le gouvernement français ne voit plus d'un si bon œil le rachat par son voisin et décide donc d'utiliser son droit de préemption.

3 - Qu'est-ce que Fincantieri ?

Fincantieri est le géant de construction navale italien, branche de la société Fintecna, elle-même contrôlée par le ministère de l'Économie transalpin. Son siège se situe à Trieste. 

Il est l'un des plus grands chantiers d'Europe et donc au départ concurrent des chantiers navals de Saint-Nazaire. Il est le seul repreneur à s'être présenté lors de la mise en vente de la branche européenne de STX. Il a donc été choisi par le tribunal de Séoul.

4 - Pourquoi ça coince ?

Mais Paris n'approuve pas le fait que le concurrent italien puisse prendre la main sur la majorité de la société. Ce qui a été prévu au départ, c'est que 48% du capital soit aux mains de Fincantieri, 7% pour l'investisseur italien Fondazione et le reste à l'État français. 

Seulement, la France s'est méfiée de cet investisseur italien grâce auquel Fincantieri serait de facto majoritaire. Ainsi, elle redoute que les chantier français soient, comme les salariés, négligés, par rapport aux Italiens. Paris a donc remis l'accord sur le tapis le 31 mai dernier en voulant un équilibre à 50-50 entre l'État français et Fincantieri. Une proposition qui n'a pas convaincu l'Italie mais qui reste d'actualité malgré la nationalisation. Bruno Le Maire se rendra d'ailleurs mardi 1er août à Rome pour reprendre les discussions.

5 - Des enjeux pas uniquement économiques

L'Italie est vexée. Quand la Corée du Sud avait le droit d'être majoritaire, nos voisins européens ne comprennent pas cette différence de traitement. "Nous sommes Italiens et Européens et on ne peut pas être traités moins bien que les Coréens", qui détenaient auparavant la majorité dans STX, a lancé le patron de Fincantieri, Giuseppe Bono. Le gouvernement français défend, lui, son droit à la préemption. 

Plus que la question d'avoir la plus grosse part dans l'entreprise, ou celle de l'emploi, c'est la question des enjeux stratégiques d'influence qui entrent ici en jeu. "Il ne s'agit pas d'un problème de nationalité, mais de concurrence", a résumé ainsi Bruno Retailleau sur RTL, ce 27 juillet au matin. Pourtant, d'autres y verraient l'occasion d'imaginer une alliance européenne, "un Airbus de la construction navale".

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2017-07-27 15:27:00
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