Primaire, frondeurs, Hollande... Pourquoi la candidature d'Arnaud Montebourg ne décolle pas

ÉCLAIRAGE - Le candidat à la présidentielle peine à clarifier sa position vis-à-vis des frondeurs, du Parti socialiste et de la primaire de la gauche.

Arnaud Montebourg, lors de la Fête populaire à Frangy-en-Bresse, le 21 août 2016
Crédit : JC Tardivon/SIPA
Arnaud Montebourg, lors de la Fête populaire à Frangy-en-Bresse, le 21 août 2016

Après Nicolas Sarkozy, c'est au tour d'Arnaud Montebourg de répondre aux questions de David Pujadas et Léa Salamé lors de L'Émission Politique, diffusée ce jeudi 22 septembre sur France 2. Un de ses proches, Patrice Prat, assure que l'ancien ministre du Redressement productif "va être dans l'approfondissement des thématiques abordées jusqu'à présent, sur les sujets économiques et sociaux". L'objectif affiché par le candidat à l'élection présidentielle est de "faire en sorte que les thèmes qui lui sont chers reviennent au cœur du débat politique".

Son équipe de campagne place ainsi la barre haut. François Kalfon, le directeur de campagne d'Arnaud Montebourg, annonce : "Il va faire des propositions décoiffantes sur la laïcité et l'éducation". L'ancien ministre a ainsi trouvé son QG de campagne qui serait un "plateau" d'une soixantaine de mètres carrés, rue Docteur-Roux dans le XVème arrondissement de Paris. L'intervention d'Arnaud Montebourg est d'autant plus attendu que ce dernier a annulé sa participation à la nouvelle émission de Laurence Ferrari Punchline, au profit de l'émission de France 2.

Selon un sondage Harris Interactive pour France Télévisions, si François Hollande est candidat, il récolterait les votes de 20% des électeurs de gauches, contre 18% pour Emmanuel Macron, 16% pour Arnaud Montebourg et 11% pour Benoît Hamon. Chez les sympathisants socialistes, François Hollande remporte aussi la mise avec 31% des intentions de votes, devant Emmanuel Macron (23%) et Arnaud Montebourg (18%).

Défendre l'organisation d'une primaire, sans y participer

Arnaud Montebourg va tenter de relancer sa campagne. Le candidat à la présidentielle s'est mis dans une situation délicate en annonçant sa candidature mais en laissant planer le doute à propos de sa participation à la primaire de gauche de gouvernement. Pourtant, en 2011, il avait défendu la tenue du scrutin. Craignant un manque de transparence, il souhaite que la primaire soit la plus large possible, afin qu'elle puisse être la plus efficace, comme il l'expliquait à La Rochelle lors de l'université d'été des frondeurs. Il soutient "un processus (...) positif, qui permet de créer et d'améliorer le débat en associant les Français (...) Donc pour ma part, j'ai toujours dit que j'étais favorable à cette primaire, que je m'y inscrirai", mais il ajoute avoir "besoin de garantie sur la loyauté".

"J'ai besoin qu'elles ne soient pas des primaires à la portion congrue, j'ai besoin qu'elles ne soient pas une sorte de petit galop d'essai pour servir de faire-valoir". Le 23 août dernier, l'ancien membre du gouvernement de François Hollande demandait une primaire comportant "les mêmes conditions qu'en 2011 avec 10.000 bureaux de vote, une neutralité du Parti socialiste qui n'a pas à se prononcer pour tel candidat ou tel autre mais qui organise le débat". Par ailleurs, Arnaud Montebourg avait précisé qu'il annoncerait sa candidature à la primaire socialiste le 15 décembre prochain.

Pourquoi ne s'engage-t-il pas dans la primaire ? Selon Vincent Derosier, journaliste politique de RTL, Arnaud Montebourg évite le sujet pour des raisons "techniques". "Les règles de cette primaire ne sont pas encore connues. Et quand bien même, Arnaud Montebourg est persuadé que Jean-Christophe Cambadélis n'est pas loyal parce qu'il soutient François Hollande". Patrice Prat, proche d'Arnaud Montebourg a posté un message sur Twitter dans lequel il estime que le premier secrétaire du Parti socialiste "persiste dans ses attaques contre l'ex-ministre" et "doit démissionner".

Il a aussi un aspect plus politique : "La primaire, ce n'est pas son problème pour l'instant. Il veut convaincre les Français qu'il est crédible, qu'il a un programme et qu'il peut diriger la France", ajoute-t-il. Un dernier élément vient mettre le doute à Arnaud Montebourg : François Hollande va-t-il être candidat ? Pas question pour lui de se retrouver face au président sortant.

Un positionnement flou pour les frondeurs

En déplacement à Gonesse, dans le Val-d'Oise, le candidat à la présidentielle expliquait : "Vous avez en face de vous un homme qui y a cru, comme vous, et qui a quitté le gouvernement sur un désaccord majeur. Il faut tourner la page de ce quinquennat et prévoir (...) La concurrence déloyale des travailleurs détachés, j'ai ouvert ce débat dans le salon Murat de l'Élysée. Mais ce n'est pas parce que vous siégez au Conseil des ministres que vous êtes entendus". Au micro de RTL, il explique que "François Hollande ne devrait pas se représenter. Le gouvernement a le bilan que les Français lui attribuent. Le bilan est indéfendable. On ne peut pas gagner avec un bilan pareil et surtout dès lors que l'on est soi-même l'auteur de renoncements et de reniements. Le choix qu'il devrait faire en conscience, c'est de ne pas se représenter. Il ne peut mener qu'à une élimination programmée dès le premier tour de l'élection présidentielle". 

Difficile aussi pour Arnaud Montebourg de se placer vis-à-vis des frondeurs, qui ont le choix entre Jean-Luc Mélenchon, mais aussi Benoît Hamon, Marie-Noëlle Lienemann et Gérard Filoche. Dans une enquête BVA réalisée début septembre, l'ancien ministre est crédité de 9% des voix au premier tour de la présidentielle, arrivant derrière Jean-Luc Mélenchon. "Arnaud Montebourg ne parvient pas à capter l'électorat socialiste de 2012", observe l'institut. Mais son directeur de campagne préfère rappeler à l'AFP le sondage de l'Ifop qui accorde 30% des suffrages au candidat au premier tour de la primaire (32% pour François Hollande, 18 et 13% pour Benoît Hamon et Marie-Noëlle Lienemann). "Il y a un effet de bulle sur Macron", veut-il croire. 

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2016-09-22 19:04:00
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