4 min de lecture Présidentielle 2017

Présidentielle 2017 : pourquoi l'UDI reste fidèle à François Fillon

INTERVIEWS - Malgré la défaite d'Alain Juppé et l'affaire François Fillon, le parti centriste assume son engagement et reste proche des Républicains dans cette année politique capitale.

Jean-Christophe Lagarde, président de l'UDI
Jean-Christophe Lagarde, président de l'UDI Crédit : FRANCOIS NASCIMBENI / AFP
ClaireGaveau
Claire Gaveau
Journaliste RTL

L'UDI va-t-elle continuer à s'afficher au côté de François Fillon ? Depuis la fin de la primaire de la droite et du centre, la place du parti centriste dans cette présidentielle interroge. Soutien d'Alain Juppé tout au long de la campagne, l'UDI affiche des divergences notables avec le programme de François Fillon, vainqueur du scrutin de novembre dernier. Des différences telles qu'elles ont poussé une centaine de jeunes militants du parti à rejoindre "En Marche !" en soutenant officiellement la candidature d'Emmanuel Macron au lendemain de la large victoire de François Fillon.

Une situation qui posait dès lors la question du rassemblement entre l'UDI et Les Républicains. Aurélien Sebton, le président de UDI Jeunes, n'était toutefois pas inquiet. "Il y a des différences très marquées, notamment sur les questions sociétales mais il faut maintenant entrer dans une discussion. François Fillon est dans une logique de rassemblement (…) Il va donc falloir des convergences", tempérait-il auprès de RTL.fr le 28 novembre.

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À deux mois de l'élection présidentielle, l'UDI est toujours liée à François Fillon. Par conviction ? Par intérêt ? La question se pose alors que le candidat de la droite et du centre est embourbé dans le Penelope Gate depuis les révélations du Canard enchaîné.  "Quand il y a une règle du jeu, on doit la respecter", assure Philippe Vigier à RTL.fr.

Des discussions de fond engagées

Pour le président du groupe UDI à l'Assemblée nationale, l'heure est désormais aux discussions et la recherche de convergences avec le programme de François Fillon. Le patron des députés centristes vante un véritable travail de fond : "Le projet santé a été déployé, a été disséqué. L'Europe, l'environnement, l'éducation... On pèse sur le projet. La méthode est la bonne", assure-t-il. Un sujet également abordé par Jean-Christophe Lagarde. Sur Europe 1, le président de parti rappelle l'intérêt d'aborder la question du programme à l'heure où l'affaire Fillon gangrène la campagne électorale. "On ne choisit pas un sauveur quand on élit un président de la République, on choisit un projet. Or ce programme, que ce soit celui de Fillon, Hamon, Mélenchon ou Le Pen, on n'en parle plus. Et je ne crois pas au sauveur", explique-t-il.

Il y a un accord programmatique, législatif et gouvernemental

Philippe Vigier
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Malgré certaines divergences notables, Jean-Christophe Lagarde assure que l'UDI adhère à "80% du programme" du vainqueur de la primaire de la droite et du centre. "On est en train de discuter d'une alliance législative, pour la mise en œuvre de ce projet. Et dans cette négociation, le projet de la Sécu est totalement différent de celui de la primaire. Il a écouté les professionnels et les partenaires politiques. De la même façon, sur les 500.000 fonctionnaires (le nombre de postes que François Fillon veut supprimer de la fonction publique, ndlr), on doit atteindre cet objectif mais on ne peut pas le faire en cinq ans mais en sept ou huit ans", glisse-t-il. Des avancées résumées par Philippe Vigier : "Il y a un vrai travail de construction qui se fait avec des voix de passage trouvées vers Les Républicains".

Un accord en vue des législatives

Le parti centriste entend donc respecter son engagement auprès des Républicains. "François Fillon est en campagne et il est candidat", clame Philippe Vigier. Un choix respecté par l'ensemble du parti bien que l'entourage du président du groupe à l'Assemblée nationale assure ne "guère avoir le choix". "On est conscient qu'il n'y a pas de plan B et on ne sait pas d'où le plan B peut venir", glisse-t-on à RTL.fr.

Le parti centriste mise donc sur la fidélité et espère bien voir son engagement récompensé alors que se profilent les élections législatives au mois de juin prochain. Si Patrick Stefafini, le directeur de campagne de François Fillon, avait annoncé sur Public Sénat que l'accord était trouvé, Philippe Vigier se montre plus prudent mais affiche ses ambitions. "Nous travaillons sur un accord législatif qui n'est pas encore bouclé. Si on gagne la présidentielle, il nous faut 75 députés, soit 120 candidats uniques. Il faut une majorité future équilibrée entre la droite et le centre", annonce-t-il. Avant d'assurer que cet accord n'était pas le seul passé entre l'UDI et Les Républicains : "Il y a un accord programmatique, législatif et gouvernemental".

L'affaire Fillon, un "suicide collectif" ?

L'affaire Penelope Fillon ne semble donc pas remettre en cause le soutien centriste malgré une fronde de plus en plus importante dans les rangs des Républicains. En première ligne : Georges Fenech, qui a, une nouvelle fois, contesté la position de l'ancien premier ministre, largement fragilisé par les révélations. Invité de C dans l'air, le député Les Républicains a une nouvelle fois "tiré les sonnettes d'alarme" : "Quand va-t-on se décider à reconnaître que notre candidat a perdu un crédit énorme ? Ma famille politique est en train de se suicider". Des propos qui font écho à ceux d'Amor Louhichi, désormais ex-secrétaire national de l'UDI. Après avoir envoyé un "bras d'honneur" à l'ancien premier ministre pour lui "rendre sa politesse", il a ainsi annoncé sa démission de son parti refusant de défendre "l'indéfendable Fillon"

On va droit dans le mur

Amor Louhichi, à propos de François Fillon
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Interrogé par RTL.fr, l'ancien membre des Républicains, qui avait rejoint le parti centriste il y a deux ans, rejette cette vision de la politique. "Je ne pratique pas la langue de bois et je veux un discours de vérité", lançait-il déplorant notamment un "bras d'honneur à tous les Français". Avant de poursuivre : "J'espère qu'ils vont ouvrir les yeux, c'est un suicide collectif de la droite et du centre (...) On va droit dans le mur".

François Fillon a-t-il toujours sa place en tant que candidat à la présidentielle ? Malgré les sondages en forte baisse, Philippe Vigier refuse d'aborder ce scandale, assurant que "la justice fait son travail". Mais dans les rangs de l'UDI, la question se pose tout de même. "Pour avoir vu nos députés, tout le monde est circonspect, glisse-t-on dans l'entourage du patron des députés centristes. Mais, on reste derrière Les Républicains".

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2017-02-17 11:38:23
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