3 min de lecture Jean-Luc Mélenchon

Mélenchon et Hamon tentent le rapprochement, mais pas pour tout de suite

DÉCRYPTAGE - Benoît Hamon a multiplié les appels en direction de Jean-Luc Mélenchon, tout en confiant son désir d'être "l'architecte" d'un rassemblement à gauche.

Clémentine Autin, députée France insoumise, Benoît Hamon, ancien candidat socialiste à la présidentielle et Jean-Luc Mélenchon, leader de la France insoumise
Clémentine Autin, députée France insoumise, Benoît Hamon, ancien candidat socialiste à la présidentielle et Jean-Luc Mélenchon, leader de la France insoumise Crédit : ISA HARSIN/SIPA
MariePierreHaddad75
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Cette fois-ci est-elle la bonne ? Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon ont repris les négociations politiques, après leur échec à la présidentielle. Ce retour pourrait s'expliquer par un contexte particulier pour les deux protagonistes. En effet, le leader de la France insoumise constate lui-même un ralentissement de la mobilisation contre Emmanuel Macron et l'ancien membre du Parti socialiste lance son mouvement politique.

Invité dimanche 3 décembre du Grand Jury RTL, Le Figaro, LCI, le fondateur du mouvement Génération.s a lancé un appel au leader de la France insoumise. "Oui, on peut travailler avec Jean-Luc MélenchonBien sûr, on peut travailler avec les Insoumis", a assuré Benoît Hamon.

Cependant, l'ancien candidat socialiste à l'élection présidentielle reconnaît une différence de style : "Je ne fais pas pareil que Mélenchon. Lui c'est lui, moi c'est moi. On est à la tête l'un comme l'autre de mouvements politiques qui ont des histoires, des trajectoires distinctes".

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Un rythme "piano piano"

Entre eux, tout a recommencé le 23 septembre dernier, lors de la manifestation organisée par la France insoumise contre les ordonnances du gouvernement sur la loi Travail. Les deux hommes s'étaient affichés côte à côte. "Je suis là résolument et sans état d'âme (...) J'ai décidé de rejoindre la manifestation parce que, d'abord, je suis contre les ordonnances travail. J'aurais trouvé assez curieux au moment où ces ordonnances frappent des millions de Français que je commence à avoir des pudeurs à l'égard de tel ou tel mot d'ordre", revendiquait Benoît Hamon.

Jean-Luc Mélenchon a ensuite fait un pas vers son ancien rival de la présidentielle en déclarant le 24 novembre dernier dans Le Parisien : "Attendons que Benoît Hamon mette sur pied son mouvement. Mais cela avance". Il ajoutait également "échanger des analyses" avec lui, même si "pour le moment, cela reste à un niveau individuel". Le candidat a depuis lancé son mouvement au Mans, le 2 décembre dernier. L'ancien député des Yvelines affirme par ailleurs ne pas raisonner "en disant : 'Oh là là, il a mauvais caractère'. Honnêtement, pardon de le dire, mais des responsables politiques de droite comme de gauche qui ont la tête grosse comme ça, j'en vois beaucoup, indépendamment de ce que je peux penser de Jean-Luc Mélenchon". 

La question centrale de l'Europe

Une heure après la fin du Grand Jury RTL, Le Figaro, LCI, le leader de la France insoumise a adressé un message à Benoît Hamon sur Twitter : "Bienvenue au 'Plan B' si Hamon est prêt à 'sortir du jeu' de l'Europe comme il l'a dit à sa réunion au Mans". 

La question du positionnement sur l'Europe pourrait devenir centrale dans les relations entre Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon. "Est-ce que l'on continue avec Emmanuel Macron, Angela Merkel et tous les dirigeants néo-libéraux sur un agenda qui est toujours le même : austérité, moins de services publics, on limite la capacité d'intervention des États, on encourage la dérégulation du marché du travail ? (...) Ces néolibéraux de tous poils en Europe ne désignent qu'un seul adversaire : le nationalisme, dont ils préparent un jour la victoire dans des pays majeurs !", a argumenté l'ancien socialiste. 

D'ailleurs, l'ancien ministre de l'Éducation en a profité pour adresser un signal positif supplémentaire à l'adresse de Jean-Luc Mélenchon. "Je ne pense pas que Jean-Luc Mélenchon soit un nationaliste au sens où il considère que l'identité de la nation prime sur tout le reste". Mais rien ne semble gagné d'avance. À la question comment gagner en restant divisés ?, il répond : "C'est une question qui se posera effectivement : le rassemblement de la gauche. Je reste un militant et je souhaite être un architecte de ce rassemblement-là".

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2017-12-04 17:22:00
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