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Marine Le Pen, lancée sur tous les fronts, pour "créer une nouvelle force politique"

ILS PARIENT SUR 2018 (6/6) - Changement de nom du Front national, élections européennes, Assemblée nationale... Marine Le Pen a déjà lancé les principaux chantiers de l'année. De nombreux débats émergent au sein du Front national, sur le fond mais aussi sur la forme.

Marine Le Pen, le 16 décembre 2017
Marine Le Pen, le 16 décembre 2017 Crédit : Vit Simanek/AP/SIPA
MariePierreHaddad75
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Elle est attendue au tournant. Arrivée au second tour de l'élection présidentielle face à Emmanuel Macron, Marine Le Pen avait récolté 33,94% des voix. Se présentant comme la "première force d'opposition", la présidente du Front national avait déjà émis la possibilité "d'engager une transformation profonde" du parti. Objectif : "Créer une nouvelle force politique"

Depuis cet épisode, le Front national présidé par Marine Le Pen a connu de nombreux changements avec le départ de Marion Maréchal-Le Pen et la démission de son vice-président, Florian Philippot. Dans la foulée de son départ, l'ancienne candidate à l'élection présidentielle en a profité pour adresser un message à ceux qui "ont pensé qu'il existait d'autre lignes (au sein du Front national ndlr), Florian Philippot a décidé de me rejoindre sur la base de cette ligne". Et elle annonce d'emblée être "la plus solide et la mieux placée" au Front national pour l'élection de 2022.

Nouveau Front national = nouveau nom ?

En attendant 2022, Marine Le Pen doit réorganiser. Un ancien débat refait surface au sein du Front national : faut-il changer le nom du parti ? La fille de Jean-Marie Le Pen semble avoir fait son choix. Lors d'une conférence de presse à Alençon, elle déclarait que "si nous changeons le Front national, alors il faut aussi changer l'appellation. Si un nom contient une charge qui puisse susciter des craintes ou (a) une charge émotionnelle qui soit trop forte, et il semblerait que ce soit quand même le cas du Front national, alors il ne faut pas hésiter à se donner les moyens de la victoire". 

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Mais cette idée fait déjà mouche dans les rangs du parti frontiste. Son porte-parole, Sébastien Chenu "espère" ce changement de nom. Même s'il rappelle que c'est aux adhérents de décider, il juge nécessaire de "tout revoir" dans "notre organisation, notre mode de fonctionnement". Tandis que Gilbert Collard se définit comme "très paradoxal". "J'ai été le premier à dire qu'il fallait changer de nom. Et puis maintenant, j'en arrive à me dire que ça ne servira strictement à rien", ajoute-t-il. 

Le parti n'est pas le seul concerné par ce changement. Les instances du Front national pourraient aussi être rebaptisées. Ces dernières s'inspiraient de "celles du Parti communiste dans les années 1970", rappelait l'AFP.  Ainsi, le "comité central" qui correspond au "parlement" du parti et qui compte une centaine de membres, pourrait devenir un "conseil national". Le "bureau politique" serait renommé "bureau national". 

Un "emprunt patriotique" pour contrer les banques

Marine Le Pen est aussi engagée dans un bras de fer avec les banques françaises. La présidente du Front national a lancé en décembre dernier un "emprunt patriotique". Quelques semaines auparavant, plusieurs comptes bancaires du parti et son compte personnel ont été fermés par des établissements. "Vous pouvez nous apporter une aide indispensable en participant, vous aussi, à un emprunt patriotique", incite-t-elle sur Twitter. "En prêtant au Front national, vous obtiendrez 3% d'intérêts: une rémunération exceptionnelle pour un placement sans risque, promet-elle, en vantant un témoignage de votre attachement à la France à son identité". 

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L'ancienne candidate à la présidentielle avait annoncé en novembre que la Société Générale avait fermé les comptes du parti, ainsi que ceux de plusieurs fédérations départementales frontistes, tandis que la HSBC avait clôt quelques semaines plus tard son compte personnel. La Société Générale s'était retranchée derrière le "secret bancaire", mais a assuré que cette décision ne répondait qu'à des considérations bancaires et n'avait rien de politique. 

De son côté, la Banque de France avait considéré fin novembre que les clôtures de comptes du Front national par la SG 'ne paraissent pas traduire un dysfonctionnement des banques au regard de leurs obligations réglementaires, et ne laissent pas supposer de discrimination', sans se prononcer sur le litige avec HSBC", rappelle l'AFP. Le Front national et Mme Le Pen ont toutefois annoncé un dépôt de plainte pour "discrimination", en dénonçant une "fatwa bancaire"

Le 19 décembre dernier, Édouard Philippe a reçu Marine Le Pen qui voulait lui exposer ses problèmes bancaires, comme le dévoilait L'Express. "C'est une bonne nouvelle que le Premier ministre l'ait reçue. Nous avons été reçus de manière professionnelle. C'est Mme Le Pen qui avait demandé ce rendez-vous pour exposer des problèmes bancaires pénibles pour le Front national", a déclaré à l'AFP le trésorier du parti, Wallerand de Saint Just, qui a participé à cette rencontre. 

Une place à trouver à l'Assemblée nationale

L'année 2018 devra aussi être celle de la consolidation de Marine Le Pen à l'Assemblée nationale. Avec les dernières élections législatives, l'ancienne candidate à l'élection présidentielle a fait son entrée dans l'hémicycle. Beaucoup d'observateurs s'attendaient à un "match" de l'opposition entre Jean-Luc Mélenchon et elle. Mais la députée semble dépassée. Le 20 décembre dernier, Le Canard Enchaîné rapportait des propos qu'elle aurait confié à ses proches, à propos de son rôle à l'Assemblée. "Je ne sers à rien, mais si je n'y vais pas, on va me le reprocher", aurait-elle lâché

Le Lab a ainsi comptabilisé ses interventions jusqu'à décembre. "En 16 semaines d'activité, Marine Le Pen est intervenue 12 fois en commission, 56 fois en hémicycle. Elle a proposé 42 amendements et deux propositions de loi écrites, sept propositions de loi signées, ce qui, selon Nosdéputés.fr, en fait l'une des 150 députées les plus actives. Mais voilà, la cheffe frontiste est parfois à la peine. Faute de groupe parlementaire, son champ d'action et son temps de parole sont réduits".

Le 11 décembre dernier, la présidente du parti fondé par Jean-Marie Le Pen s'était emmêlée les pinceaux lors d'une intervention au sein de l'hémicycle. La scène est anecdotique mais néanmoins révélatrice. La députée du Pas-de-Calais devait prendre la parole, dans le cadre des débats sur la réforme du droit des contrats, du régime général et de la preuve des obligations. Invitée à réagir sur l'amendement numéro 12, elle finira par concéder : "Attendez, je me suis perdue dans mes articles... Pour le coup, c'est moi".

Le FN sans Marine Le Pen pour les européennes ?

Et les élections européennes de 2019 ? Emmanuel Macron, Christophe Castaner pour La République En Marche, mais aussi Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise se sont déjà lancés dans la bataille. Et le Front national ? Pour l'instant, Marine Le Pen avait exclu la possibilité de conduire la liste. Pas de détail supplémentaire fourni du côté de Sébastien Chenu qui souligne que la tête de liste ne sera "pas forcément", un membre du parti. 

Selon Gilbert Collard, "il y a trois scenarii : ou Marine Le Pen est candidate (...) ou elle n'est pas candidate et nous faisons une équipe avec des partenaires, ça peut être Nicolas Dupont-Aignan ou d'autres, (...) il faut d'abord savoir si on fait équipe ensemble, et à ce moment là, on se posera la question de la tête de liste ensemble. Troisième étape : (si) ce n'est pas le cas, c'est une liste du FN, on ne va pas se priver d'un talent qui viendrait de l'extérieur et qui partagerait notre combat contre l'UE". 


L'élection d'Emmanuel Macron à l'Élysée a provoqué une déflagration électorale et une recomposition du paysage politique. Le gouvernement et La République En Marche, mais aussi les oppositions avec Les Républicains, la France insoumise, le Front national, mais aussi le Parti socialiste cherchent à se rénover et à profiter de cette redistribution des cartes. Plus que des partis politiques, ce sont des femmes et des hommes qui devront incarner et porter ce changement. 6 épisodes pour faire un focus sur ce qui les attend en 2018, à découvrir sur RTL.fr.

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2018-01-11 07:08:00
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