Manuel Valls tacle Martine Aubry après sa tribune : "Il n’y a pas un début de proposition"

Le Premier ministre a aussi choisi de répondre à la maire de Lille et sa tribune qu'il qualifie de "remise en cause générale".

Martine Aubry et Manuel Valls en 2011
Crédit : JOEL SAGET / AFP
Martine Aubry et Manuel Valls en 2011

Le Premier ministre Manuel Valls n'a pas décidé de rester silencieux face à la tribune signée notamment par Martine Aubry et publiée dans le Monde daté du 25 février. "Il est des vérités désagréables à dire, mais il est des moments où il faut savoir les mettre en pleine lumière. Trop, c’est trop !", écrivait-elle avec Daniel Cohn-Bendit ou encore Axel Kahn. Manuel Valls a analysé cette tribune comme "une remise en cause générale, globale" de sa politique

Après un entretien avec plusieurs médias rapporté dans les colonnes du Monde, le Premier ministre s'est dit attentif aux interrogations et aux craintes de cette partie de sa famille politique. "Cette tribune a un avantage : cela oblige tout le monde à clarifier et à assumer. Il faut que tout le monde assume", commence-t-il. "Je ne néglige pas et je ne minimise pas, et il y a sans doute d’autres soutiens. Mais parmi les signataires, on est dans la primaire de 2011". Là se terminent les politesses et si la tribune Sortir de l'impasse de Martine Aubry semble avoir été vécue comme une attaque, Manuel Valls a bien l'intention de riposter.

Je suis chef du gouvernement, je n’écris pas des tribunes de proclamation

Manuel Valls

"Il n’y a pas un début de proposition. Je suis chef du gouvernement, je n’écris pas des tribunes de proclamation", explique Manuel Valls en se plaçant dans l'action, dans le camp de la gauche réaliste qui réforme face à une gauche idéaliste qui se contenterait d'incantations idéologiques. Sur la déchéance de la nationalité et la loi El Khomri sur la réforme du code du travail, les cibles de Martine Aubry, Manuel Valls fait état de la symbiose du couple exécutif. "Je ne suis pas un pousse-au-crime (...). Le Président a décidé de ces arbitrages. Il n’y a aucun choix qui est fait, aucun texte qui est décidé sans le Président." 

Un schisme à fleurets mouchetés

Ainsi s'enclenche une bataille de modernité. Lequel des deux camps va devenir la gauche du futur. Une gauche "réaliste", "social-réformisme" quitte à être soutenue par des centristes, des patrons ou des hommes et femmes de droite ? La gauche de Manuel Valls, une ligne qu'il défend depuis des années. Ou une gauche "moderne", qui certes reste fidèle à un socle idéologique ancien, mais veut proposer une politique "progressiste" sans pour autant se rapprocher du centre ou emprunter des idées de la droite. "La gauche progressiste, la gauche moderne, c’est nous ! a lancé Martine Aubry. Qu’on ne me dise pas que la déchéance de nationalité, qu’on ne me dise pas que la loi El Khomri, qu’on ne me dise pas qu’aller tacler Mme Merkel, c’est de gauche, ce n’est pas vrai".

Pour les uns, la gauche de la gauche reste figée au "XIXème siècle" et n'est pas crédible. Pour les autres, la gauche au gouvernement cède aux sirènes du patronat et devient un ersatz de la droite qui ne dit pas son nom. Pour l'heure, Martine Aubry comme Manuel Valls privilégie le dialogue en interne. Celui-ci semble se durcir et faire passer ses idées par médias interposés semble marquer une fracture nette. La bataille reste néanmoins relativement calme, Martine Aubry ayant, pour l'heure, balayé toute idée de candidature en 2017.  "Ce n'est pas mon projet", disait-elle au micro de RTL. Pour l'heure.

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Le Premier ministre a aussi choisi de répondre à la maire de Lille et sa tribune qu'il qualifie de "remise en cause générale".
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2016-02-25 16:47:08
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