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Loi asile et immigration : ces députés de la majorité qui pourraient ne pas voter le texte

Critiqué à droite comme à gauche sur les bancs de l'hémicycle, le projet de loi peine à faire l'unanimité au sein même des élus REM.

La députée Sonia Krimi fait partie des députés REM déjà qualifiés de "frondeurs"
La députée Sonia Krimi fait partie des députés REM déjà qualifiés de "frondeurs" Crédit : Patrick KOVARIK / AFP
Léa Stassinet
Léa Stassinet

Certains les surnomment déjà "les frondeurs". Ils sont quelques-uns, dans les rangs des députés étiquetés La République En Marche à ne pas vouloir voter le projet de loi asile et immigration porté par le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb. Pour ce dernier, le texte "a trois objectifs majeurs : une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif, une intégration réussie". 

Si la droite dénonce "une petite loi" et que la gauche qualifie cette loi d'"inhumaine" et d'"indigne", les dents grincent aussi du côté de la majorité. Plusieurs élus REM ont déjà fait savoir qu'ils ne voteraient pas le texte en l'état, d'autres ont même laissé entendre qu'ils pourraient voter contre. 

À l'ouverture des débats, la présidente de la commission des Lois Yaël Braun-Pivet (REM) a estimé "normal qu'il y ait en chacun d'entre nous des idées qui s'entrechoquent", mais a défendu un projet qui "permet de faire face à la crise migratoire sans renier nos idéaux". Un avis que ne partagent pas certains de ses collègues. 

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Ceux qui pourraient voter contre

Sonia Krimi a très vite hérité du titre de "première frondeuse" au sein de la majorité. Cette élue de la Manche s'était fait remarquer le 19 décembre dernier, alors qu'elle interpellait déjà le ministre de l'Intérieur à propos de cette loi. Principal point de crispation : le recensement des migrants et l'identification de leur situation administrative directement dans les centres d'hébergement. Pour la députée : "Ce dispositif détourne l’hébergement d’urgence et les lieux d’accueil gérés par les associations de leur finalité" et "les utilisent pour mettre en œuvre la politique de gestion des flux migratoires". 

Celle qui réclame plus de "dignité et d'humanité" pour les migrants a affirmé dans une interview vidéo donnée au Figaro qu'elle pourrait voter contre le projet de loi défendu par le gouvernement. 

Une autre députée pourrait lui emboîter le pas en la personne de Martine Wonner. "Je n'exclus pas" de voter contre, a déclaré la députée du Bas-Rhin sur RTL le 16 avril. "On parle des étrangers mais ce sont des hommes, des femmes, des enfants qui ont eu un parcours parfois très long et traumatique. Ils méritent toute notre attention", estime-t-elle, regrettant elle aussi un manque d'humanité


Jean-Michel Clément, ancien élu socialiste ayant rejoint les rangs de La République En Marche, prévoit lui aussi de voter contre ce texte "à la logique répressive". Pour le député de la Vienne, "il ne permet pas de répondre aux problèmes posés", rapporte Le Scan. L'élu, qui défend sa liberté de parole et d'action avait déjà voté contre la loi de moralisation de la vie publique. 

Ceux qui pourraient s'abstenir

Certains ont encore l'espoir de faire bouger les lignes. C'est le cas de Delphine Bagarry, médecin de carrière et députée des Alpes-de-Hautes-Provence. Elle a déposé pas moins  d'une centaine d'amendements, mais regrette que le gouvernement reste "insensible" à ses propositions, selon Le Scan. Pour l'heure, l'ancienne socialiste ne sait pas si elle votera le texte. 

Très proche de Nicolas Hulot, Matthieu Orphelin compte lui s'abstenir. "Après mûres réflexions, j'ai pris ce jour la décision difficile de ne pas voter pour la loi asile et immigration", a annoncé le député du Maine-et-Loire dans un communiqué le 13 avril dernier. Il juge le texte "trop loin de (s)on parcours, de (s)es convictions" mais assure cependant qu'il ne s'agit en rien d'un "début de fronde". 

Sa collègue du Maine-et-Loire Stella Dupont est sur la même ligne. Malgré les amendements déposés, "de nombreuses dispositions n'ont pas suffisamment évolué" explique-t-elle dans un communiqué commun écrit avec Matthieu Orphelin. À ce jour, l'élue a confié à Ouest France ne "pas être en mesure de voter cette loi". 

Enfin, François-Michel Lambert, député REM des Bouches-du-Rhône pourrait lui aussi s'abstenir. En janvier dernier, il avait déjà fait part de son hostilité au projet de loi, estimant que l'on mettait "la charrue avant les boeufs". "Je ne voterai pas ce texte de loi s'il va au-delà du programme d'Emmanuel Macron", affirmait-il à l'époque. 

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