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Interview d'Emmanuel Macron : "C'était un combat de coqs", déplore Alba Ventura

ÉDITO - Pour la seconde fois en quatre jours, Emmanuel Macron a accordé une interview télévisée dimanche 15 avril. Ce rendez-vous, qui a plus tourné au débat musclé, était-il vraiment utile ?

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Interview d'Emmanuel Macron : "C'était un combat de coqs", déplore Alba Ventura Crédit Image : FRANCOIS GUILLOT / POOL / AFP | Crédit Média : RTLnet | Date :
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Alba Ventura et Loïc Farge

Cette interview aurait pu être plus utile. Parce que pardon, je vais être une peu grossière : l'interview qui consiste à jouer "à celui qui pisse le plus loin", ce n'est pas très intéressant. C'était une interview inquisitoire.

Alors, bien sûr,  les journalistes doivent poser toutes les questions et pousser le chef de l'État dans ses retranchements. Mais ils ne sont pas là pour le mettre en examen, au sens judiciaire du terme. On n'est pas dans un procès.

Ce n'était pas une interview d'ailleurs, c'était un combat de coqs. C'était un "débat" en réalité. Il y avait eu le débat Macron/Le Pen au moment de la présidentielle. Il y a eu, dimanche 15 avril au soir, un débat Macron/Bourdin/Plenel.

Et encore une fois, être pugnace c'est une qualité. Mais qu'on ne s'y trompe : ce n'était pas, comme on l'espère souvent en France, un entretien à l'anglo-saxonne, où l'on cherche à aller au fond des dossiers, sans laisser de questions sur le côté.

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Là, on était dans le registre du règlement de comptes, du militantisme. En oubliant qu'il y avait des gens derrière leur poste, des Français qui attendaient peut être autre chose qu'un match d'ego.

Un coup pour rien ?

Cela montre qu'Emmanuel Macron tient debout, qu'il sait encaisser. Il avait construit sa communication en deux temps.

D'abord sur TF1 avec Jean-Pierre Pernault, dans une école de l'Orne : c'était le côté bucolique, où "je me montre empathique mais déterminé" ; puis ensuite c'était donc l'interview plus "musclée", "la confrontation", pour montrer que que "je ne me laisse pas faire", que "l'adversité ne ne me fait pas peur".

En-dehors des assauts des deux journalistes, il y a eu plusieurs dégagements sur la politique internationale - et notamment la Syrie après les frappes de ce week-end -, sur la dépendance avec l'option d'un deuxième jour férié travaillé, sur la SNCF, sur l'Europe et sur le droit d'asile.

Mais lorsque la forme l'emporte sur le fond, c'est un coup pour rien. Alors cette confrontation il la voulait, Emmanuel Macron. Sans doute pour casser avec l'habituelle communication bien léchée de l'Élysée.

Le sentiment d'un entre-soi

On sait qu'il aime ferrailler, le Président. Mais voyez-vous, même s'il a tenu tête à ses deux interlocuteurs, je ne suis pas sûre que celui lui permette de mettre en valeur sa détermination, sa responsabilité. Cela ne change pas grand chose aux critiques, à l'accusation de "président des riches".

Cela donne le sentiment d'un entre-soi. Le sentiment d'une discussion animée de fin de soirée, avec des gens qui ne sont pas vos amis (bien au contraire), mais qui aiment bien se trouver là, aux premières loges, pour vous prendre à partie.

L'impression surtout que chacun des protagonistes devient le faire-valoir de l'autre. Le dernier qui a parlé aux journalistes, sans vraiment prêter attention aux Français, c'était François Hollande. Et ça ne lui a pas tellement réussi !

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2018-04-16 07:41:00
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