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Impôts, taxe d'habitation et prix du diesel... Ce qui change pour les ménages

ÉCLAIRAGE - Bruno Le Maire l'assure : le projet de loi de finances "bénéficiera à tous les Français sans exception" et protégera les contribuables "les plus modestes".

Gérald Darmanin et Bruno Le Maire, le 27 septembre 2017
Gérald Darmanin et Bruno Le Maire, le 27 septembre 2017 Crédit : Martin BUREAU / AFP
MariePierreHaddad75
Marie-Pierre Haddad
et AFP

Moment clé du début du mandat d'Emmanuel Macron : la présentation du projet de loi de finances pour 2018 a lieu ce mercredi 27 septembre. Bruno Le Maire et Gérald Darmanin, respectivement ministre de l'Économie et ministre de l'Action et des Comptes publics, se plient à l'exercice. 

"Pour le premier budget du quinquennat Macron, l'exécutif avait promis de 'faire des choix'. Et, forcément, des déçus. 'Je ne suis pas là pour faire plaisir', avait prévenu durant l'été le Édouard Philippe. Ainsi, alors que le ministre de l'Économie assurait encore à la mi-septembre que la pression fiscale diminuerait "d'environ 10 milliards d'euros à fin 2018 ", le budget sera finalement moins ambitieux, avec sept milliards de baisses d'impôts", explique l'AFP.

Bruno Le Maire a assuré que les réformes prévues dans le cadre du projet de budget 2018 bénéficieraient à "tous les Français" et non pas "aux plus riches". Le projet de loi de finances (PLF) préparé par le gouvernement "bénéficiera à tous les Français sans exception" et protégera les contribuables "les plus modestes", a-t-il ajouté.

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Impôts

Sept milliards d'euros au lieu des dix promis. La veille de la présentation en Conseil des ministres du projet de loi de finances, l'AFP a consulté un avis du Haut conseil des finances publiques (HCFP). "Dans le PLF pour 2018, les mesures nouvelles représentent environ sept milliards d'euros de baisses nettes des prélèvements obligatoires", indique dans cet avis le HCFP, organe indépendant chargé d'évaluer la crédibilité des prévisions budgétaires. 

Un montant nettement moins élevé que ce que promettait le gouvernement jusque-là. "Nous baisserons les impôts à fin 2018 d'environ 10 milliards d'euros", assurait encore mi-septembre Bruno Le Maire dans un entretien au Monde. À l'origine de cette différence ? La décision annoncée fin août de décaler à l'automne une partie de la baisse des cotisations chômage et maladie prévue pour les salariés du secteur privé, a précisé à l'AFP une source proche du dossier. 

Cette baisse se fera ainsi en deux étapes, avec une réduction de 2,2 points au 1er janvier et une seconde de 0,95 point au 1er octobre... alors que la hausse de 1,7 point de la CSG - destinée à compenser le coût de cette mesure pour les finances publiques - se fera intégralement début janvier. "En année pleine, la baisse" des prélèvements obligatoires liée aux réformes fiscales du projet de loi de finances "sera bien de 10 milliards", a expliqué la source proche du dossier, assurant que les objectifs seraient tenus.

L'impôt sur la fortune (ISF) sera quant à lui transformé en "impôt sur la fortune immobilière" afin d'en exempter les valeurs mobilières et les placements. Une réforme qui devrait entraîner un manque à gagner de près de 3,2 milliards d'euros.

Taxe d'habitation

Comme l'explique L'Express, "la taxe d'habitation ne sera pas supprimée, mais baissée de 30% pour 80% des 17 millions de foyers qui la paient. Mesure emblématique du programme présidentiel, Bercy a dévoilé à la mi-septembre le barème retenu, en fonction du revenu fiscal de référence. Moins de 27.000 euros pour un célibataire, 43.000 euros pour un couple sans enfant, puis 6.000 euros supplémentaires par enfant et même 12.000 euros à partir du troisième".


Des maires de l'Eure, celui d'Evreux en tête, vont fermer leurs services publics la semaine prochaine pour manifester leur opposition à la suppression de la taxe d'habitation. Le mercredi 4 octobre, les élus municipaux eurois, de diverses tendances politiques, veulent souligner qu'en perdant des recettes fiscales, ils ne pourront plus assurer certains services publics - qu'ils devront confier au secteur privé - ou qu'ils seront contraints d'augmenter drastiquement les tarifs.

Emmanuel Macron a promis une compensation de l'État "à l'euro près", mais il "n'a pas expliqué comment il allait procéder, a déclaré à l'AFP Guy Lefrand (LR), premier magistrat d'Evreux. On ne sait pas comment on va remplacer les recettes de la taxe d'habitation qui sert à faire vivre les services publics locaux".

Diesel

Christophe Castaner a confirmé, lundi 25 septembre, une hausse de 10% des taxes sur le diesel en 2018, soit un montant de 7,6 centimes, à deux jours de la présentation du budget. "Je vous le confirme. C'est la volonté d'avoir une convergence entre l'essence et le diesel", a-t-il répondu sur BFMTV.  Quant à une hausse de 3,9 centimes sur l'essence également évoquée par le journal, "on est dans ces eaux-là, je ne vais pas vous dire que vous vous trompez", a ajouté le porte-parole du gouvernement. 


Les Échos avait précisé que sur un prix à la pompe "d'environ 1,18 euro, les taxes s'élèvent déjà à plus de 70 centimes, c'est donc une augmentation de 10% qui s'annonce". Cette hausse "devrait entièrement absorber la baisse du prix du pétrole constatée ces derniers mois", de l'ordre de 8 centimes entre le 1er janvier et le 1er septembre, selon le journal.  
Par ailleurs, l'écart entre les taxes sur le diesel et l'essence s'explique "par la volonté de rapprocher le traitement fiscal des deux carburants". 

Les prix des carburants varient notamment en fonction des cours du pétrole, du taux de change euro-dollar, du niveau des stocks de produits pétroliers, de l'évolution des taxes et de celle de la demande. Le gazole est de loin le premier carburant vendu en France, où il a bénéficié pendant longtemps de nombreux avantages fiscaux, mais un rééquilibrage a été entamé depuis 2015. 

Logement

Les mesures d'économie du gouvernement impacteront particulièrement le domaine du logement. Les aides publiques seront diminuées de 1,7 milliard d'euros. L'aide personnalisée au logement (APL) sera, comme prévu, baissée de 5 euros par mois. Les aides pour les locataires de logements sociaux subiront le même sort et seront réduites de 50 à 60 euros par mois. 

L'État promet toutefois que cette mesure sera rendue "indolore" pour les Français grâce à une baisse des loyers à hauteur de 1,5 milliard d'euros imposée aux bailleurs sociaux. Ces derniers ne sont pas tous satisfaits de cette décision. Leur mécontentement donnera lieu à une journée de mobilisation, le 14 octobre prochain, à l'initiative du collectif Vive l'APL, qui comprend notamment la Fondation Abbé Pierre et Emmaüs.

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2017-09-27 13:13:00
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