3 min de lecture Justice

Bayrou, Sarnez, Goulard : que reproche-t-on au MoDem ?

Englués dans une affaire concernant de possibles emplois fictifs d'assistants parlementaires, les trois ministres issus du MoDem ont annoncé leur départ du gouvernement.

François Bayrou et Marielle de Sarnez, le 21 juin 2017
François Bayrou et Marielle de Sarnez, le 21 juin 2017 Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
Léa Stassinet
Léa Stassinet

Ils ont pris les devants. En moins de 24 heures, Sylvie Goulard d'abord puis François Bayrou et Marielle de Sarnez ont quitté leurs postes de ministres au sein du premier gouvernement de la présidence Macron dont le remaniement a eu lieu ce mercredi 21 juin. La raison de ces départs en cascade ? Une affaire de soupçons d'emplois fictifs qui empoisonne le parti centriste depuis le début du mois de juin. Une dizaine d'assistants parlementaires européens sont en effet soupçonnés d'avoir été payés par l'institution européenne alors qu'ils auraient seulement travaillé pour le compte du parti

C'est pour lever tout soupçon sur sa personne que Sylvie Goulard a ainsi choisi de ne pas participer au gouvernement Philippe II. "Dans l'hypothèse où l'enquête préliminaire visant le MoDem conduirait à vérifier les conditions d'emploi de mes assistants au Parlement européen, je souhaite être en mesure de démontrer librement ma bonne foi et tout le travail que j'y ai accompli", a expliqué l'ancienne eurodéputée dans un communiqué. Celle qui ne sera donc plus la ministre des Armées fait référence à l'ouverture, le 9 juin dernier d'une enquête préliminaire pour "abus de confiance et recel"

Tout a commencé le 14 mars dernier, lorsque la députée européenne FN Sophie Montel envoie au procureur de la République de Paris un courrier, mettant en cause 19 eurodéputés français ainsi qu'une trentaine de collaborateurs européens. "Je suis contrainte de porter à votre connaissance des éléments attestant que plusieurs élus français au Parlement européen ont à leur service des assistants ayant par ailleurs des fonctions au sein de leur formation politique respective", écrivait-elle à l'époque. À la révélation de cette missive, à la fin du mois de mai, Marielle de Sarnez, dont le nom figurait dans la liste mentionnée par Sophie Montel a annoncé qu'elle portait plainte "en dénonciation calomnieuse". 

À lire aussi
La faculté de Tolbiac est occupée depuis la fin du mois de mars par des étudiants qui protestent contre la réforme de l'université justice
Tolbiac : le président de l'université Paris-I porte plainte

Mais c'est à la suite du témoignage d'un homme se présentant comme un ancien collaborateur européen de Jean-Luc Bennahmias, ex eurodéputé MoDem, le 7 juin dernier, que l'enquête a pris un nouveau tournant. Celui-ci aurait signalé à la justice avoir été embauché comme assistant parlementaire mais n'avoir que très peu croisé l'eurodéputé. Il aurait par ailleurs ajouté "n'avoir jamais mis les pieds dans la circonscription du député européen ou au Parlement européen à Bruxelles", selon Le Parisien.

De Sarnez et Goulard particulièrement visées

Dans son édition du 14 juin, Le Canard enchaîné donne des précisions quant au cas de Marielle de Sarnez. Selon l'hebdomadaire, elle aurait embauché en 2010 la secrétaire particulière de François Bayrou comme assistante parlementaire au Parlement européen. Mais le journal affirme que la mission de cette dernière n'aurait consisté qu'à tenir "de temps en temps" l'agenda de Marielle de Sarnez, sans "jamais travailler pour l'Europe". 

Concernant Sylvie Goulard, Franceinfo révèle que l'ancienne ministre des Armées se serait vue imposer par le parti présidé par François Bayrou un assistant parlementaire lorsqu'elle était députée européenne. Il s'agissait de Stéphane Thérou, un proche du maire de Pau, censé disposé d'un trois-quarts temps auprès de l'eurodéputée. Seulement, il "était dans le même temps un cadre essentiel du MoDem, en charge de la formation des élus". Un poste difficilement compatible avec les missions déléguées aux assistants parlementaires, selon plusieurs témoins interrogés par Franceinfo. 

Le MoDem se défend

Le parti "n'a jamais usé d'emplois fictifs, j'y ai personnellement veillé", assurait François Bayrou le 1er juin en conférence de presse. De son côté, le MoDem affirme que ses employés ont pu cumuler des contrats à temps partiel pour le parti, et dans le même temps, d'autres activités auprès de parlementaires européens. "Rien n'est plus normal et plus légal", explique le parti centriste, qui ajoute : "Tout salarié qui a travaillé dans ses équipes ces dernières années, souvent à temps partiel, a été rémunéré par le mouvement de manière parfaitement transparente en fonction du service effectivement assumé pour notre formation politique". Si le parti nie donc en bloc les accusations qui pèsent sur lui, il n'aura pas réussi à éviter le départ de ses seuls représentants au sein du premier gouvernement d'Édouard Philippe. Mais le MoDem n'est pas en reste dans la nouvelle équipe gouvernementale

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Justice MoDem François Bayrou
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7789055459
Bayrou, Sarnez, Goulard : que reproche-t-on au MoDem ?
Bayrou, Sarnez, Goulard : que reproche-t-on au MoDem ?
Englués dans une affaire concernant de possibles emplois fictifs d'assistants parlementaires, les trois ministres issus du MoDem ont annoncé leur départ du gouvernement.
http://www.rtl.fr/actu/politique/bayrou-sarnez-goulard-que-reproche-t-on-au-modem-7789055459
2017-06-22 07:08:00
https://cdn-media.rtl.fr/cache/alhedm836o3BdG-PuZSYoA/330v220-2/online/image/2017/0621/7789050577_francois-bayrou-et-marielle-de-sarnez-le-25-juin-2017.jpg