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Terrorisme : des militaires et policiers dans les groupuscules de l'ultra-droite

Selon une enquête de "Mediapart", l'ultra-droite s'organise de plus en plus sur le territoire national. Parmi ces militants, une cinquantaine de policiers, gendarmes et militaires.

Des militaires (illustration).
Des militaires (illustration). Crédit : M.ASTAR/SIPA
Ceciledeseze75
Cécile De Sèze
Journaliste RTL

L'islam radical n'a pas le monopole du terrorisme. Les menaces d'attentats contre des personnalités politiques en juillet dernier avaient remis au-devant de la scène la violence de groupuscules d'extrême droite, et leur intention de passer à l'action. Derrière la menace terroriste au nom d'un jihad armé se dessine une autre menace, moins visible par le grand public mais qui n'inquiète pas moins les services de renseignement. 

"L’ultra-droite se structure de façon assez inquiétante. Et c’est vrai que l’on retrouve beaucoup de militaires ou d’anciens militaires." Ce sont les paroles peu rassurantes d'un haut gradé des forces de l'ordre. Il se confie à Mediapart dans une enquête préoccupante sur la renaissance d'un terrorisme d'ultra-droite qui s'organise en France.

"La DGSI s'inquiète", titre le site d'investigation qui révèle que des groupuscules d'ultra-droite s'organisent, comme le montrent certaines actions récentes dans les facultés de France (Montpellier par exemple). Mais ce qui préoccupe particulièrement les services interrogés par Mediapart, c'est l'augmentation des personnalités appartenant ou ayant appartenu aux forces de sécurité, donc militaires et forces de l'ordre, dans ces groupes d'autodéfense. 

Quinze "cellules" de quatre à sept personnes

C'est en réaction aux attentats et la vague de 2015 que ces groupuscules se sont constitués, pour, selon le site d'information "lutter contre le péril islamique". "Ces milices qui ne disent pas leur nom draguent les membres de services de sécurité, construisent leurs discours à leur attention, veillent à valoriser chaque nouvelle recrue issue des rangs de la police, de la gendarmerie ou de l’armée", écrivent les journalistes Matthieu Suc et Marine Turchi.

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L'un des chefs de groupes, Luc Sommeyre (ancien membre des renseignements généraux) réclame la constitution de quinze cellules de quatre à sept patriotes, précise le site, qui permettraient d'"apporter leur connaissance parfaite du terrain et leur soutien aux unités de l’armée, de la gendarmerie et de la police qui pourraient être amenées à intervenir hors de leurs bases naturelles". Une connaissance fournie par le recensement des "centres de réunion des individus qui se déclarent ouvertement ennemis de notre Patrie, comme les mosquées salafistes".

Des groupes armés légalement

Un ancien des services de renseignement explique à Mediapart qu'il s'agit souvent de "militaires de retour de mission d'Afghanistant ou d'Irak. Ils rentrent traumatisés, il faut les surveiller pour ne pas qu'ils continuent leur combat individuel". 

Et le danger ne concernerait pas tellement les grandes villes. "Dans les grandes villes comme Lyon par exemple, c’est facile, nos clients sont sous nos yeux. Mais on ignore tout du facho des champs…", explique encore un analyste. 

Et les interlocuteurs de Mediapart d'insister sur l'armement légal de ces groupuscules. Les membres sont poussés à s'inscrire à des activités de tir sportif, par exemple. Et cet arsenal accumulé laisse paraître des possibles "passages à l'acte".

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Selon une enquête de "Mediapart", l'ultra-droite s'organise de plus en plus sur le territoire national. Parmi ces militants, une cinquantaine de policiers, gendarmes et militaires.
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2018-04-11 17:29:00
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