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Ligue 1 : le FC Nantes relégué en Ligue 2 après treize saisons consécutives dans l’élite

Le FC Nantes devait l'emporter face au RC Lens, ce vendredi 8 mai, en 33e journée de Ligue 1 pour espérer rester dans l'élite. Après un match nul, ils seront relégués la saison prochaine.

Le milieu de terrain de Lens, Amadou Haidara, , et le milieu de terrain de Nantes, Mohamed Kaba, lors du match de Ligue 1, le 8 mai 2026.

Crédit : Francois LO PRESTI / AFP

AFP & Juliette Vignaud

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C'était un match capital, ce vendredi 8 mai à Bollaert, pour la 33e journée de Ligue 1. Nantes devait l'emporter pour rester dans l'élite face à Lens. Mais les Canaries ont perdu face aux Sang et Or (1-0), et sont condamnés à la descente en Ligue 2. 

De son côté, Lens assure sa place en Ligue des champions la saison prochaine. Après ce succès obtenu grâce à un but tardif (82e) de Mezian Mesloub, 16 ans, les Sang et Or réduisent leur retard à trois points sur le PSG qui jouera dimanche contre Brest.

Lensois et Parisiens s'affronteront mercredi 13 mai dans un match en retard de la 29e journée qui s'annonce décisif.  

Un naufrage presque inéluctable

Nantes est donc rétrogradé en Ligue 2, couperet auquel il avait échappé de justesse ces dernières années mais résultat d'une gestion sportive hasardeuse. La victoire (3-0) contre Marseille, dimanche dernier, n'aura donc offert qu'un répit fugace concrétisant le léger mieux depuis l'arrivée début mars de Vahid Halilhodzic sur le banc. 

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Mais la présence continue du club dans la zone rouge depuis la 14e journée et en position de relégable direct depuis la 21e rendait ce naufrage presque inéluctable. Dès le départ, la saison s'est mal engagée, le choix audacieux et prometteur d'engager comme entraîneur Luis Castro, après ses prouesses à la tête de Dunkerque en L2 la saison précédente, tournant au fiasco. 

Chargé de redonner à l'équipe un style proche du "jeu à la nantaise" en s'appuyant sur les jeunes du cru, il a été plombé par un mercato estival catastrophique, sur fond de cure d'austérité radicale. L'absence légendaire de patience des propriétaires à l'égard de leurs coachs a fait le reste et l'expérience a pris fin début décembre, après 15 journées seulement. 

Le choix de Waldemar Kita s'est alors porté sur Ahmed Kantari, dépourvu d'expérience en L1 et de référence solide en L2, mais adjoint d'Antoine Kombouaré la saison précédente et qui connaissait une partie du groupe.

Erreurs de casting

Malgré un mercato d'hiver consistant, il a fait encore pire avec huit défaites en dix journées, avant que Halilhodzic, attaquant mythique des années 1980, qui avait déjà fait un passage sur le banc en 2018/2019, ne sorte de sa retraite à 73 ans pour un coup de poker raté. Club historique du football français avec huit titres de champion, le dernier en 2001, Nantes descend pour la troisième fois au XXIe siècle à l'étage inférieur, où il venait de chuter quand Waldemar Kita l'a racheté en 2007. 

Promu en 2008, le FCN était redescendu l'année d'après et avait ensuite dû attendre 2013 pour renouer avec l'élite. Depuis lors, Nantes n'a fini que trois fois plus haut que la 12e place et a souvent joué avec le feu: barrage remporté contre Toulouse en 2021, maintien assuré à la dernière journée en 2023 et en 2025. Il a surtout usé 23 entraîneurs en 18 ans de présidence Kita, sans aucune cohérence sportive. 

Pour quelques réussites éphémères, comme Sergio Conceiçao (7e en 2016-2017), Claudio Ranieri (9e en 2017-2018), ou la Coupe de France remportée avec Antoine Kombouaré en 2022, que de choix hasardeux et d'erreurs de casting ! René Girard, Miguel Cardoso ou Raymond Domenech, pour ne citer que les pires. Loin d'esquisser la moindre autocritique, le président-propriétaire s'est posé en victime dans une interview à Eurosport fin avril. 

Kita, l'incompris

"J'ai certaines connaissances dans le foot. Mais les gens ne veulent pas le reconnaître parce que je suis président (...) C'est ça mon grand problème. J'ai l'œil (pour le foot) mais on ne veut pas me donner raison", s'est-il lamenté. "Si j'étais intervenu un peu plus cette saison, je pense qu'on n'en serait pas là", a-t-il même ajouté. 

De l'absence de directeur sportif ou d'une vraie cellule de recrutement au club, ou de la contestation grandissante contre son fils Franck, directeur général du club - à qui il a laissé la bride sur le cou depuis 2023, mais qui passe bien plus de temps à Paris ou Londres qu'à la Jonelière -, il n'est en revanche guère question. 

La grogne a très largement dépassé la Brigade Loire, principal groupe de supporters, mutique en tribunes depuis fin janvier, après avoir déploré dans un communiqué que "le FC Nantes (soit) devenu un running gag du football français, le symbole d'un club mal géré". Si Waldemar Kita tient le club à bout de bras financièrement depuis des années  - il a encore dû injecter 45 millions d'euros cette saison -, il va devoir poser rapidement un regard plus lucide sur son action ou l'avenir des Jaune et Vert sera bien gris. 

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