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Le sélectionneur de l'équipe de France Zinédine Zidane face à la Belgique en Ligue des nations, le 6 octobre 2026 au Stade de France.
Crédit : FRANCK FIFE / AFP
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Un premier rendez-vous concluant. Pour son premier rassemblement en tant que sélectionneur de l'équipe de France, Zinédine Zidane a joué la carte de la rupture après 14 années sous la houlette de Didier Deschamps, tout en parvenant à décrocher de bons résultats pour le début de la Ligue des nations avec trois victoires - une en Turquie (1-0) et deux face à la Belgique (1-0 puis 4-1) - et un match nul évitable contre l'Italie (1-1), sans que cela ne remette en cause les chances de qualification pour les quarts de finale.
Avec 10 points, les Bleus sont en tête de leur poule et le vent de fraîcheur apporté par "ZZ" a permis de largement faire oublier la déception de l'été, avec cette demi-finale de Coupe du monde perdue contre l'Espagne (0-2).
"DD, c'est DD, Zizou c'est Zizou. Je vais faire ce que je sais faire", promettait le Ballon d'or 1998 lors de sa conférence de presse de présentation, le 28 juillet dernier. Force est de constater qu'en à peine 15 jours de stage, il a déjà imprimé son propre style, du choix des hommes à la communication, en passant évidemment par sa patte tactique héritée de ses succès avec le Real Madrid, qu'il a mené vers un triplé en Ligue des champions entre 2016 et 2018.
Bien qu'il ait prôné la continuité avec son prédécesseur, Zidane - lequel a certes opté pour des vice-capitaines en fonction de l'expérience (Ousmane Dembélé, Adrien Rabiot et Jules Koundé) - a tout de même renouvelé une partie de son effectif en intégrant de nouvelles têtes. Si certains d'entre eux ont profité de forfaits d'autres joueurs un peu plus capés, ils sont six à avoir honoré leur première sélection durant les deux dernières semaines (Estéban Lepaul, Lucas Da Cunha, Jérémy Jacquet, Andy Diouf, Leny Yoro, Guillaume Restes), tandis qu'Adrien Truffert a connu un simili de nouveau baptême, quatre ans après le premier.
D'ailleurs, tous ont été titulaires au moins une fois, puisque le coach avait fait le choix de s'en tenir à un groupe restreint de 23 hommes, sans remplacer Kylian Mbappé (blessure) et Dayot Upamecano (suspendu), quand bien même se présentait un bloc de quatre rencontres en 11 jours. De quoi témoigner d'une confiance absolue en ses ouailles, d'autant que les adversaires n'étaient pas les premiers venus.
Le style zidanien s'est également exprimé par une certaine rigidité au niveau des postes attribués à chacun. Désireux d'évoluer dans son traditionnel 4-3-3 où la clé repose sur la recherche de l'équilibre, le champion du monde ne s'est que très rarement départi, s'entêtant avec certains profils pour se faire une idée au bout des quatre matchs. Le cas le plus emblématique ? Celui d'Andy Diouf, habituel milieu en club, déplacé comme piston droit avec l'Inter Milan, mais fixé dans un rôle de latéral gauche, où il n'avait quasiment jamais joué par le passé, pour ses débuts internationaux. On peut aussi adjoindre celui de Rayan Cherki, qui a "appris un nouveau poste" de relayeur plus reculé, selon ses dires.
De la même manière, Eduardo Camavinga a évolué dans ces fonctions, alors qu'il préfère être sentinelle car la technique de Da Cunha est jugée primordiale par le staff devant la défense. Autrement dit, à part Dembélé qui a été retesté sur l'aile droite face à la Belgique lundi, après des prestations inabouties dans l'axe de l'attaque, la notion de polyvalence n'a pas été au cœur des préoccupations de Zidane. "C'est un collectif aussi, il ramène des idées, on les suit, on l'a bien fait lors des quatre matches, on va continuer comme ça", a résumé Michael Olise, décisif lors de chacune des quatre sorties, témoignant de l'adhésion totale du groupe aux méthodes introduites.
Pour autant, le forfait de Mbappé après seulement une demi-rencontre, lui qui avait hérité du couloir gauche qu'il n'occupe plus depuis deux saisons, risque de nécessiter quelques ajustements dès novembre.
D'un point de vue tactique, le 4-2-3-1 de Deschamps cru 2025-26 avec quatre attaquants n'est plus. S'il a connu de nombreuses influences italiennes avec Marcello Lippi durant son passage à la Juventus comme joueur, Zidane a décidé d'adopter un style à l'espagnole calqué sur ce que Luis Enrique et Luis de la Fuente ont mis en place avec le PSG et la Roja. Les ressorts ? La possession et la créativité.
"Paris est une équipe qui entreprend, va chercher très haut son adversaire, qui joue quand elle a le ballon et ne veut pas courir après le ballon. J'ai été meneur de jeu donc je n'aimais pas courir derrière le ballon, je voulais courir avec le ballon", a-t-il ainsi expliqué dimanche.
"Il nous inculque des fondamentaux, notamment le fait d'avoir le ballon. Ce matin, j'ai dit à David Bettoni [l'adjoint de Zidane] que j'étais frustré parce que je n'avais pas pris énormément de risques. Je lui ai dit car c'est compliqué pour moi de ne pas en prendre. Il m'a répondu : 'Vas-y, fais-toi plaisir'. Il nous demande d'être nous-mêmes, de respecter les consignes défensives et, ensuite, c'est magique", révélait à ce titre Cherki après son but lundi, illustrant la latitude laissée par le staff à l'expression des talents, tandis que Maghnes Akliouche a pareillement été placé comme 8 offensif durant le stage.
Pour Zidane, qui se présentait comme "animé par le jeu" cet été, l'animation offensive impose une forte pression autour de la surface adverse et ce n'est pas un hasard si Adrien Rabiot a pu toucher 11 ballons dans celle de l'Italie par exemple : un record pour un milieu central en 20 ans chez les Bleus. De même, les défenseurs sont invités à prêter main forte dans l'autre moitié de terrain. "On a essayé de mettre des choses en place sur le pressing à la perte sur les dix premières secondes pour essayer de récupérer des ballons hauts et se créer des occasions", révélait ainsi Jules Koundé en Turquie.
Des demandes qui ont parfois un effet pervers : celui de laisser des espaces dans le dos, ce dont a su profiter le Belge Dodi Lukébakio notamment. "C'est une consigne du coach. Il me demande d'aller presser très haut et de ne pas regarder derrière moi, donc j'applique les consignes", expliquait encore le néophyte Jérémy Jacquet, très rarement pris à défaut en charnière, même lorsqu'il venait titiller la Squadra Azzurra à 70 mètres de son but. Au pragmatisme défensif historique de Deschamps, Zidane préfère visiblement le contrôle par la confiscation du ballon.
Enfin, la méthode Zizou a fait valoir quelques innovations sur le plan de la communication. Peut-être est-ce l'énergie du début, mais on a senti un sélectionneur heureux d'être là, multipliant les sourires et allant même jusqu'à se lâcher sur sa célébration géniale du non moins fantastique but d'Olise à Bruxelles, avec une course jusqu'à un plot où un ballon l'attendait pour un drop en tribunes.
Rien de neuf sous le soleil : Zidane reste un grand timide et manie la langue de bois, notamment lorsqu'il est question de relativiser les écueils de certains - pêle-mêle : le rendement de Dembélé ou la bévue de Da Cunha qui a permis à Alessandro Bastoni d'égaliser contre l'Italie. Mais il a tout de même su transmettre du plaisir aux suiveurs de l'équipe de France par d'autres canaux que le jeu.
À ce titre, le rôle du nouveau chef de presse Xavier Giraudon, chargé de casser avec le rythme morose des conférences de presse, introduisant et intervenant lui-même lorsqu'il le faut, a permis de changer de tonalité.
Si l'on peut regretter le contrôle des images de la FFF, que ce soit pour l'arrivée des joueurs à Clairefontaine ou bien les contenus "inside" autour de la sélection postés sur les réseaux sociaux un peu plus froids qu'à l'accoutumée, les scènes post-victoire contre la Belgique au Stade de France, avec Aimé Jacquet et les autres collègues de 1998 autour de l'idole nationale ont largement séduit. Avec l'aura d'un ZZ encore en état de grâce, le capital sympathie de cette équipe de France est assuré pour quelques mois minimum.
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